‹ Traité de chimie organique appliquéeChapitre 25 sur 205 · Acide margarique C^^H^^O^. — Le nom · texte numérisé non relu

Acide margarique C^^H^^O^. — Le nom

d'acide margarique a été donné, par Chevreul, en 1820, à une matière acide qu'il avait obtenue dans la saponification des graisses; c'était une matière fondant à 60**. En même temps, il avait obtenu l'acide sléarique (qu'il appelait acide margareux), qui fond à 75\ Il avait indiqué que l'acide margarique pouvait bien n'être qu'un mélange d'acide stéarique et d'un acide plus fusible. C'est l'opinion qu'a soutenue ensuite Heintz qui, partant de ce principe, d'ailleurs contestable, que toutes les graisses animales contiennent un nombre pair d'atomes de carbone, a conclu que l'acide margarique de Chevreul n'était qu'un mélange d'acide stéarique et d'acide palmitique (90 0/0 de ce dernier). Heintz a préparé par la saponification du cyanure de cétyle, en suivant la méthode générale dont nous avons vu plusieurs applications à propos de divers acides gras (V. Acide butyrique^ p. 133), l'acide gras de formule C^^H^^O- auquel il réserve le nom d'acide margarique. il a trouvé pour point de fusion de l'acide purifié 59%9. C'est le point même indiqué par Chevreul. Depuis les expériences de Heintz, Kraflft a pu, en partant de l'acide stéarique, qui contient 18 atomes de carbone, obtenir un acide C^^H^^O^, qui fond comme celui de Heintz (59%8 au lieu de 59%9).

321. Acide stéarique C^^H^eQ^ — Cet acide a été découvert en 1811 par Chevreul. Il se rencontre en abon-

§ 2. — ACIDES MONOATOMIQUES A FONCTIOxN SIMPLE 143

dance à Télat d'éther glycérique dans la plupart des matières grasses animales et végétales.

Pour préparer Tacide stéarîque, on prend pour point de départ l'acide stéarique du commerce, dont nous verrons plus loin la fabrication (V. t. II, p. 214). C'est un mélange formé surtout d'acide stéarique et d'acide margarique. Pour en retirer l'acide stéarique à peu près pur, on le fait cristalliser un grand nombre de fois dans l'alcool jusqu'à ce que son point de fusion se soit fixé à 70"*. Pour l'obtenir tout à fait pur, on prépare un stéarate de potassium acide (C^sH^^O^^) K + C^sK^^O^ à l'aide de l'acide stéarique du commerce, et on fait cristalliser ce sel une douzaine de fois dans l'alcool, en rejetant chaque fois les eaux-mères. On dessèche ensuite les cristaux pour enlever tout l'alcool, et on les décompose par l'acide sulfurique étendu. On vérifie que le point de fusion de l'acide obtenu est bien 70*.

L'acide stéarique est cristallisé en lamelles nacrées, très minces; il et insoluble dans l'eau, mais soluble dans lalcool (25 grammes par litre à froid) et dans l'éther (125 grammes par litre à froid). Il fond à 70° et émet des vapeurs vers 360% mais en se décomposant partiellement. Toutefois, on peut le distiller dans le vide ou l'entraîner par un courant de vapeur d'eau surchauffée.

Les stéarates sont insolubles dans l'eau à l'exception des stéarates alcalins. On connaît des stéarates neutres, tels que celui de potassium C^^H'^^O^K, et des bistéarates, tels que C^sH^^O^K + C^^H^W. Pour obtenir les stéarates neutres alcalins, on traite l'acide stéarique par une quantité sensiblement équivalente d'alcali, et on fait cristalliser à plusieurs reprises dans l'alcool bouillant le stéarate formé ; il cristallise par refroidissement. Si on dissout ce stéarate neutre dans 100 fois son poids d'eau distillée,

il donne le stéarate acide sous forme de petites paillettes nacrées.

322. Acide cérotique C^^H^^O^. — Ce composé s'obtient en traitant la cire d'abeilles et diverses espèces de cires par Talcool bouillant. L'acide se dépose par refroidissement; on le purifie en le faisant cristalliser à plusieurs reprises dans l'éther.

Il se forme dans l'oxydation de la paraffine par l'acide azotique.

C'est un corps solide cristallisé qui fond à 78°.

323. Acîde mélissique C^^H^^^O". — Ce composé a été obtenu par Brodie dans l'action de la chaux potassée sur l'alcool correspondant, l'alcool mélissique. C'est un corps solide cristallisé qui fond entre 88° et 89°.

B. — ACIDES xMOXOBASIQliES INCOMPLETS

324. Acîde acrylique CH^ : CH.COOH. — Ce composé a été obtenu par Redtenbacher, en oxydant Tacroléine à l'aide de l'oxyde d'argent. Pour le préparer, on traite l'acroléine étendue de 3 fois son poids d'eau par de l'oxyde d'argent récemment précipité.

On abandonne le tout à l'abri de la lumière pendant deux ou trois jours; puis, on porte la liqueur àl'ébuUition et on neutralise par le carbonate de sodium. Après filtralion, la liqueur est évaporée à sec, puis reprise par l'acide sulfurique étendu qui décompose l'acrylate de sodium ainsi qu'un autre sel formé simultanément, l'hexacrylate. La liqueur, filtrée et distillée, donne l'acide acrylique.

Cest un liquide incolore qui se solidifie à + 8** et bout à 140°. L'hydrogène naissant fourni par l'amalgame de sodium le transforme en acide propionique :

CH^iCH.COOH + H^= CH3.CH2.COOH.

L'hydrate de potassium le transforme en un mélange de formiate et d'acétate de potassium avec mise en liberté d'hydrogène :

CH^iCH.COOH + 2K0H = H.COOK + CH^.COOK + H^.

L'acide acrylique est monobasique ; il donne des acrylatestrès solubles, à l'exception des composés d'argent et de plomb qui sont peu solubles.

Ces sels ne sont pas très stables. Abandonnés à euxmêmes, ils se transforment peu à peu en acétate.

325. Acide crotonique C^H^O^. — On connaît trois acides ayant cette formule, ce sont: 1° l'acide isocrotonique CH^: CH.CH2.C00H;2^ l'acide méthacrylique Cff: C: (CH3,C00H); 3° l'acide crotonique proprement dit a pour formule développée CH^.CH: CH.COOH.

Le composé que l'on extrait de l'huile de croton, obtenue en pressant les graines de pignons d'Inde [croton tiglium)^ parait se rapprocher de l'acide méthacrylique; il est beaucoup plus volatil que les acides crotonique et isocrotonique.

On obtient l'acide crotonique en transformant l'iodure d'allyle en cyanure d'allyle à l'aide du cyanure de potassium et en Irai tant ensuite ce cyanure d'allyle par la potasse alcoolique. On cesse de chautîer quand il ne se dégage plus d'ammoniaque, on sature par l'acide carbonique, et Ton obtient le crotonate de potassium assez pur par

quelques cristallisations; puis on le traite par l'acide. sulfurique étendu et on distille.

L'acide crotonique est un corps solide qui fond à 72* et bout à i82^

La potasse en fusion donne une réaction analogue à celle qu'elle fournit avec l'acide acrylique, mais on obtient ici, au lieu de formiate, une seconde molécule d'acétate :

Page 1