Acide pyrotartrîque
CH^(COOH).CH(COOH).CH"' ou O\¥0'\
L'acide bibasique C'H'^O'* peut exister d'après la tétratomicilé du carbone sous quatre étals isomériques différents. On peut, en effet, le faire dériver de Thydrure de propyle CFF.CH-.CU^ par la substitution de deux groupes C.OOII à deux atomes d'hydrogène; cette double substitution peut se faire : 1** dans le même groupe soit dans un des groupes CII\ soit dans le groupe GIF, ce qui donne deux isomères ; 2** dans des groupes différents soit un dans GIF et l'autre dans GH', ou les deux dans les groupes GIF, ce qui donne encore deux isomères, soit quatre en tout. Ges divers composés ont été obtenus; mais nous n'étudierons que le plus important et le mieux connu : l'acide pyrotartrique.
Get acide a été d'abord obtenu par Guiton de Morveau en calcinant de l'acide tartrique. Sa synthèse a été réalisée par Simpson à l'aide de l'action de la potasse sur le propylglycol dicyanhydrique :
GH'(GAz). GH(GAz).GH'' + 2K0H + 2H^0
= 2AzH^ + GH^ (GOOK).GH (GOOKj.GFP.
On peut aussi l'obtenir par l'action de l'hydrogène naissant sur l'acide itaconique.
Préparation. — Pour préparer l'acide pyrotartrîque on commence par fondre de l'acide tartrique et on projette un poids égal de pierre ponce pulvérisée. On laisse la masse se solidifier, puis on l'introduit dans une cornue
en verre que Ton chauffe au bain de sable pendant huit heures. Il distille un liquide un peu coloré, qui cristallise après avoir été abandonné à lui-même pendant quelques heures. En ajoutant au liquide distillé un volume d'eau égal au sien, il se sépare une matière huileuse; la solution aqueuse est alors concentrée au bain-marie et cristallisée. On la purifie par quelques cristallisations dans Falcool.
PropyHéiès, — L'acide pyrotartrique cristallise dans le système clinorhombique. 11 est très soluble dans l'eau (660 grammes par litre à 20°) dans l'alcool et dans Télher. Il fond à 112*", et se volatilise vers 200** en se décomposant partiellement en eau et anhydride pyrotartrique
L'acide pyrotartrique est bibasique ; il donne avec les méUiux des sels neutres et des sels acides assez solubles, en général; les pyrotartrates acides cristallisent mieux que les sels neutres; ceux-ci se présentent assez souvent sous forme de petits mamelons cristallins.
364. Acide adifiique C^H^oQ'*. — Il s'obtient dans l'action des acides gras sur l'acide azotique. Il est assez soluble dans l'eau, l'alcool et l'éther; il fond vers 150° et peut être sublimé sans décomposition.
365. Acide pimélique C^H^~0'*. — Il se prépare par l'action delà potasse en fusion sur l'acide camphorique ou par l'action de l'acide azotique sur l'acide oléique. Il cristallise dans le système tridinique et fond à 114°.
366. Acide subérique C^H^^O^. — Cet acide était obtenu autrefois en traitant 1 partie de liège par 6 parties d'acide azotique (D = 1,26), On le prépare par l'action de l'acide azotique sur l'acide stéarique, et on le
278 CHAPITRE X. — ACIDES POLYBASIQUES
sépare des acides sébacique et azélaïque produits simultanément en utilisant la solubilité de ces deux acides dans réther.
Propriétés. — L'acide subérique cristallise en fines aiguilles qui appartiennent au système du prisme orthorombique. Il est peu soluble dansTeau froide (10 grammes par litre à 9**; 54 grammes par litre à 100**).
La dissolution d'acide subérique ne précipite que les sels de plomb. Les subérates alcalins et alcalino-terreux sont, les premiers très solubles, et les seconds un peu solubles dans l'eau; les autres sont insolubles dans l'eau pure, mais solubles dans les liqueurs acides.
367. Acide sébacique C^oHisQ*. — Il a été découvert par Thénard parmi les produits assez complexes que fournit la distillation de l'acide oléique. Le produit distillé est traité par l'eau bouillante ; celle-ci abandonne par refroidissement de l'acide sébacique impur, que l'on transforme en sel de sodium ; on purifie ce sel à l'aide de l'alcool. Les rendements sont très faibles, et il vaut mieux attaquer l'huile de ricin qui contient un éther ricinolique de la glycérine par la potasse; on obtient ainsi un sébacate de potassium.
Propriétés, — L'acide sébacique cristallise en aiguilles blanches nacrées et très légères, qui fondent à 127** et peuvent être sublimées. Il est peu soluble à froid et beaucoup plus soluble à chaud.
Les sébates alcalins et alcalino-terreux sont seuls solubles dans l'eau.
B. - ACIDES mCOBIPLETS
368. Acide fumarique C^H^O^. — L'acide fumarique, obtenu d'abord par Pfaffà l'aide du lichen d'Islande,
s'extrait encore aujourd'hui de ce corps ou de la fumeterif^e. Pour cela, on extrait le suc de cette plante et on le traite par l'acétate de plomb. Le précipité est lavé, épuisé à l'alcool bouillant, et le résidu est dissous dans l'ammoniaque. Cette solution est traitée par l'acide sulfhydrique et mise à cristalliser. Le fumarate d'ammonium est ensuite traité par l'acide azotique qui met l'acide fumarique en liberté; celui-ci, peu soluble, se dépose.
Propriétés, — L'acide fumarique cristallise en prismes hexagonaux, peu solubles dans l'eau (5 grammes par litre à la température ordinaire) ; il est très soluble dans l'alcool et dans l'éther. Il fond vers 200** et se volatilise à une température un peu plus élevée.
Il résiste assez bien aux agents oxydants ; l'hydrogène naissant le transforme en acide succinique. Il est isomère de l'acide maléique.
Les fumarates alcalins et alcalino-terreux sont très solubles; les autres sont très peu solubles ou insolubles.
369. Acide maléique C^H^O*. — Ce composé, découvert par Lassaigne, s'obtient en distillant à 200** de l'acide malique dans une grande cornue en verre. L'acide malique se décompose, en perdant 1 molécule d'eau, en acide maléique qui distille et en acide fumarique, composé isomère qui reste dans la cornue. Le liquide distillé est mis à évaporer ; il donne des prismes clinorhombiques d'acide maléique.
Propriétés. — Il fond vers 130^ et bout vers 160\ Il est très soluble dans l'eau (environ 1 kilogramme par litre), très soluble aussi dans l'alcool et dans Téther. On peut le transformer en acide fumarique en le chauffant en tubes scellés.
280 CHAPITRE X. — ACIDES POLYBASIQUES
Les maléates neutres et acides sont, en général, solubles dans l'eau ; ceux de plomb, de cuivre et d'argent sont insolubles.