‹ Traité de l'hélice propulsiveChapitre 106 sur 144 · AVANTAGES UES MACHINES ÉTROITES · texte numérisé non relu

AVANTAGES UES MACHINES ÉTROITES

Sur les bâtiments de guerre il vaut mieux que l’appareil moteur occupe plus de place en suivant la direction de la quille qu'en travers, parce que c’est dans ce dernier sens que la déformation de la charpente est plus sensible, surtout dans les fonds plats où repose la machine. Les bâtis ne résisteraient pas longtemps à de tels efforts, et s’ils étaient assez solides pour le faire, leurs points de jonction joueraient. On l’a tellement prévu que, pour des appareils très-larges, on a proposé de ne les unir aux carlingues que sur un peu plus du tiers de leur largeur ; mais alors les cylindres, en produisant leur effort sur l’arbre, agissent sur un plus grand bras du levier libre et tendent à ébranler les jonctions de la machine au navire. Au contraire, un appareil étroit n’étant lié qu’à une petite longueur des varangues, ne souffre pas autant de leur déformation. On peut objecter qu’il sera exposé à celle duc à la courbure de la quille, mais celle-ci n'est pas changée à chaque coup de roulis et elle n’est pas

assez forte pour influer snr une aussi petite longueur. Que la machine soit large ou longue, l’arc du navire n’influera pas moins sur elle à cause de l'arbre qui s’étend jusqu'à l'arrière et qui, s’il n’est plus dans l’alignement des paliers, les fatigue beaucoup, ainsi que les soyes de manivelles. L’effort du grand mât tend à courber la quille, et si la machine est sur l’avant, il la déprime dans le même sens que l’arbre ; mais ils n’en sont pas plus en ligne droite pour cela. Cependant l’eiîet est moins sensible que si elle est placée sur l’arrière du grand mât, parce que, tandis que l’arc laisse tomber l'arbre de l’arrière, la courbure de la quille l’entraîne vers l’avant. C’est une des principales chances d’échauffement du dernier palier et de fatigue de la dernière soye de manivelle. Si l’angle devenait trop marqué, il y aurait même à redouter des ruptures. Il y a une de nos machines qu'il a fallu relever déjà deux fois, et, quand le vaisseau sera vieux, un démontage général deviendra peut-être nécessaire. L'usage d un joint universel sur l’arbre de l’hélice obvie à toutes les variations; l'arbre et les paliers ne seraient plus dans le même axe qu’il n'en résulterait aucun inconvénient. Les appareils étroits se placent de l'arrière et dans les façons du navire où l’espace est moins utilisé pour l’armement, leurs arbres sont plus courts et ils abandonnent aux chaudières leB parties où les varangues plates permettent de les placer plus au-dessous de la flottaison et mieux à l’abri du boulet. Cette dernière condition devient très-importante à bord des navires de dimension moyenne, où le manque de creux ne permet pas toujours d’abriter réellement les chaudières actuelles.

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