POMPES A AIR A DOUBLE EFFET
Les pompes à air à simple effet et leurs clapets métalliques sont peu assortis aux vitesses actuelles ; elles nécessitent des renvois de mouvement particuliers pour n’avoir que la demi-course des pistons : elles entraînent ainsi à plus de complications que tout le reBte de la machine, et surtout elles occupent inutilement un espace précieux. Comme elles opèrent en une course ce que celles à double effet font en deux , et n’ont généralement qu’une demi-course du piston, elles opposent une résis-
tance quadruple et, par conséquent, elles exigent des mouvements beaucoup plus solides. En outre, comine elles ne rejettent l’eau qu’une fois par révolution, il leur faut des tuyaux de décharge d’une section double. Le poids de leurs clapets produit des chocs plus forts que ceux usités •généralement pour les pompes à double effet. L’eau n'est rejetée que pendant J au plus de la course; aussi la voit-on jaillir par soubresauts : c’est ce qui lui nécessite une issue plus large; et en comparant le .tuyau de décharge à celui d’injection dont une partie seulement est ouverte, on remarque une différence de diamètre qui n’est due qu’à ce que l’action est continue dans un cas et alternative dans l’autre. Maintenant qu’il est prouvé que la double action ne nuit pas au vide et qu’il importe peu que le volume engendré soit en longueur ou en largeur, il est préférable d'employer les pompes à air à double effet et à course égale à celles à piston ; de la sorte un bras ou même une seule tige forme tout le renvoi de mouvement, et il n’y a plus une seule articulation , au lieu des vilebrequins, du balancier, des bielles et des guides nécessaires dans l’autre cas. L’eau, déversée deux fois par révolution au lieu d’une, n’exige que des conduits d’une aire moitié de celle des autres. Les régulateurs à air agissent plus efficacement et avec de bonnes dispositions parviennent à rendre le jet presque continu et à permettre de très-petits tuyaux de décharge.
Pour diviser encore plus l’effet des pompes à air, on en met deux pour chaque cylindre ( page 460) ; tout cela est d’autant plus important que, sur les vaisseaux, la colonne d'eau à refouler est considérable et que le tuyau de décharge est une des pièces les plus exposées à des ruptures par le travail de la muraille du navire ou par le choc des boulets. Un seul coup réduirait l’appareil à l’inaction, en ce que, si on continuait à injecter, toute l’eau tiède de la condensation serait rejetée dans le navire, et que si on ne le faisait pas, la vapeur envahirait la chambre de la machine. C’est pour éviter ces chances désastreuses qu’on a fait déborder le tuyau de décharge à un ou deux mètres au-dessous de l'eau , comme on l’a vu (page 445). Les Anglais ont adopte ce système, et au moyen de régulateurs à air ils ont d'assez petits diamètres : M. Penn ne donne que six pouces à chaque tuyau de décharge d’un de ses appareils de 400 chevaux nominaux, et le fait déboucher à trois pieds sous l'eau. Il met deux boîtes à étoupes sur chaque tuyau pour céder aux déformations. A celte profondeur il y a plus de difficulté à refouler l’eau, en ce que la veine du courant sortant est coupée par la vitesse de la mer
le long du bord avec un sillage rapide; en outre, il y aura toujours du danger à mettre des tuyaux de 30 à 40 centimètres de diamètre audessous de l’eau. Plus un tuyau est gros, plus il est roide et cède moins aux déformations ; il est plus exposé à rompre Bes collets , et il lui faut des presse-étoupes peu profonds mais très-épais.