‹ Traité de l'hélice propulsiveChapitre 121 sur 144 · CHAUDIÈRES CONSTRUITES AVEC DES MEMBRURES COMME LES NAVIRES EN EER · texte numérisé non relu

CHAUDIÈRES CONSTRUITES AVEC DES MEMBRURES COMME LES NAVIRES EN EER

J’ai toujours été surpris qu’on u’ait pas cherché à construire des chaudières comme les navires en fer, c’est-à-dire en les garnissant d'une sorte de membrure en cornières. Pour l’enveloppe, il vaudrait mieux l’établir en dehors; mais, comme il en résulterait une perte de place, elle pourrait être placée en dedans. Quant aux foyers, ils seraient pour ainsi dire cerclés par les cornières, et celles-ci, se trouvant dans un plan vertical, ne produiraient aucun obstacle à l’ascension des bulles de vapeur et au nettoyage du sel. 11 n’y aurait que dans le fond, où la position ho-

rizontale et en travers relativement aux trous de sel, exigerait soit plus de hauteur de la lame d'eau, soit la position extérieure des cornières. Je crois que ce serait le meilleur moyen d’avoir de la sécurité pour les pressions élevées; d'autant plus que, si les grandes longueurs de cornières nécessitaient quelques tirants, on leur en mettrait, sans pour cela percer la chaudière, et, quoique ce soit en sens inverse, ils agiraient comme les épontilles de nos baus. Il est probable qu’on aurait plus de durée, en évitant ainsi les suintements des trous de tirants. Il n'y a pas lieu d’objecter que les doubles épaisseurs de ces cornières gêneraient le passage de la chaleur, puisque les tôles en ont à leurs coutures et que les locomotives, dont la combustion est si active, ont les ciels plats de leurs foyers consolidés par des armatures de cette sorte. L’eau de mer et l’air corrosif des cales rongent tellement les tôles qu’on ne saurait prendre trop de précautions pour assurer leur durée. M. Mazeline a eu l’idée de faire des chaudières de cette sorte, et il est à regretter qu'il ne l ait pas exécutée.

DANCERS ll’tJN TIRAGE VIOLENT.

Sur mer, il y a des dangers à employer un tirage trop actif, surtout à , bord des vaisseaux où la cheminée traverse quatre ponts et expose à des incendies lorsqu'elle rougit. Les tirages forcés conviennent aux bateaux de rivière et aux locomotives; ils Bont une économie dans la fabrication des chaudières, car, si on fait brûlerie charbon avec une activité exagérée, on n’a pas besoin d'autant de grilles et de tubes, et on peut établir que la dépense de fabrication des chaudières est à peu près en raison du nombre de leurs foyers. Par conséquent, si, sur dix de ces derniers, on en épargne deux, l’appareil coûte ^ de moins. Il est vrai qu’il est alors moins encombrant et plus léger; mais cet avantage, important sur des navires n'ayant qu’un ou deux jours de chauffe, disparaît des qu’on en a cinq ou six, en ce que la combustion trop active fait consommer beaucoup plus. Il serait donc à désirer que la quantité de charbon brûlé par heure et par cheval fût rigoureusement débattue et fixée dans les marchés et qu’elle fût ensuite vérifiée par une expérience assez longue pour vider des soutes bien pesées et jaugées. Lorsqu'une économie de combustible serait obtenue, elle permettrait de mieux payer les appareils et de leur donner un peu plus de poids et de volume. Jusqu’à présent, fort peu de commissions se sont occupées de la quantité de charbon brûlé, et «Iles n'ont été portées à le faire que par l’intérêt présenté par celte ques-

tion et nullement parce qu'elles devaient l'exécuter pour vérifier les clauses d'un marché. Si on ne croit pas pouvoir établir les quantités de charbon avec la précision nécessaire & de tels actes, il serait utile d’établir un maximum et de payer une prime suivant l’économie reconnue. L’État serait amplement remboursé par le chauffage journalier de ses nombreux navires à vapeur (voy. page 499).

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