CORROSION
L’oxydation est une des principales objections contre l’emploi des navires en fer, et on peut citer beaucoup d'exemples de bâtiments de cette sorte très-rapidement rongés par la rouille. La corrosion de la tôle agit en dehors et en dedans; biais la première n’acquiert une activité inquiétante que fi lo navire n’est jamais passé au bassin, et si en négligeant de peindre les tôles on laisse les berniques s'accumuler sur ta carène. Celle de l’intérieur n’a lieu que si on laisse l'eau s'accumuler dans la cale et qu’on néglige dépeindre le dedans. Quand le Grappler revint de la côte d’Afrique, les feuilles de tôle du fond des deux côtés, mais surtout à tribord, furent trouvées én si mauvais état, que le navire fut déclaré incapable de continuer son service; mais on n’en sérail pas venu à ce point s’il avait été soigné avec l’attention reconnue nécessaire à la conservation des navires en fer dans les climats tropicaux. Il ne serait pas convenable, avec nos ressources si limitées encore , pour empêcher les incrustations , d’envoyer un navire en fer à des stations lointaines dans les températures chaudes, où il serait exposé à rester des années dans l’eau de mer sans avoir les moyens de nettoyer et de repeindre sa carène. Il n'en faut pa9 davantage pour assuref sa destruction ; car il est reconnu queda plupart des coquilles tl’altache, et surtout les huttres, uxydent rapidement le fer, et le fond du navire serait bientôt rongé, si le mal n’est pas arrêté. Quand te Grappler revint en Angleterre, on trouva que sa carène n’était qu'une masse compacte de berniques et d 'huîtres, et toutes les fois que des navires sont destinés à rester longtemps à la mer ou à séjourner dans les ports d'eau salée des tropiques, sans pouvoir passer au bassin pour se nettoyer et se poindre, le fer est, dans l’état actuel de nos connaissances, une matière qu’il ne convient pas d’employer à la construction des navires, d’autant plus que sa détérioration. est accompagnée <l'une perte do marche très-notable. Il est. également évident que la construction en fer des navires marchands destinés à des voyages dans les tropiques , où il n’y a pas de moyens de passer au bassin, ne doit pas être adoptée dans le présent état de la question. Il parait certain qu'avec la composition* de M. PeacoCk les navires sont préservés des incrustations et de la corrosion extérieure pendant une période de quatre à six mois; et quand leurs voyages n’excèdent pas cette limite , ou lorsqu'ils sont dirigés 'veft des pays où il est possible de passer au bassin, il n’y a pas à craindre les inconvénients qui nous occupent. Mais quand il est im-
possible de remplir ces condilioo», il est certain que dans l étal présent de nus connaissance*, le fer ne saurait être employé. Les incrustations, et la corrosion qui les accompagne, sont réellement le pins grand obstacle à un usage plus répandu du fer pour la navigation commerciale; et quoiqu'on soit parvenu déjà à diminuer beaucoup des défauts et qu’un arrivera sans doute tôt ou tard à les faire disparaître , néanmoins leur existence indique qu'il est convenable d'employer dos navires de bois convenablement doublés en cuivre , toutes les fois que les précautions nécessaires au fer ne peuvent être employées assce fréquemment. Tous les bâtiment» en fer ont intérêt à entrer dans une rivière ou dans un courant d’eau douce à la fin de leur voyage, pour faire périr et tomber les incrustations marines et n'élre pas forcés de passer aussi souvent au bassin. Les navires de guerre, en fer doivent aussi chercher à entrer dans dee eaux douces, dans le luit de se nettoyer. L’eau qui s'échappe des égouts agit d’une manière très-corrosive sur le fer, et dans quelques rivières on a découvert une action galvanique résultant d'une couche d’eau douce sur une couche, d'eau salée, et formant avec le fer une pile voltaïque, qui occasionnait l'oxydation; mais on n'a généralement pu découvrir l'étendus du mal occasionné par cette cause, tant elle est peu énergique. L’eau de la cale et le frotte-* ment produit par les cendres et les morceaux de mâchefer ou de charbon qui s’y trouvent , ont quelquefois usé les tètes des rivets. A bord des navires destinés au transport du bétail, la corrosion intérieure est occasionnée par la vapeur condensée de la respiration des animaux, sous les écoutilles; elle est aussi produite parla pluie qui tombe quelquefois lorsqu’on charge ou décharge. Toutefois la corrosion intérieure n’est pas très à redouter, en ce qu’elle est facile à empêcher en tenant le navire sec , propre et bien garni de peinture au minium ; aussi on peut dire, qu’en règle générale, l’oxydation intérieure n'est pas à craindre en pratique. ' il y- a toutefois des fortes de cargaisons très-nuisibles aux navires en fer : telle est surtout celle du guano.