‹ Traité de l'hélice propulsiveChapitre 67 sur 144 · CONDITIONS GÉNÉRALES POCR LA NAVIGATION · texte numérisé non relu

CONDITIONS GÉNÉRALES POCR LA NAVIGATION

Le nombre des ailes est loin d’avoir l'influence que la différence d’aspect des hélices semblerait faire oroire , suivant qu’il y en a deui , trois , quatre, cinq et même six. Dès que la surface est suffisante, il importe peu qu’elle soit plus ou moins divisée, et dès lors, les convenances d’installation commandent le choix de deux ailes, quand il y a nécessité de démonter, et d’un plus grand nombre quand l’hélice restant toujours en bas, permet de diminuer ainsi l’étendue de la cage découpée dans le massif d’étambot. S’il ne fallait pas une épaisseur notable pour donner la force nécessaire aux ailes, leur division en lames étroites serait avantageuse: mais dès que les arêtes coupantes ne sont pas très-aiguës, leur nombre

devient une cause d’obslacle. Cet effet nuisible est d’autant plus sensible que le pas est plus court, et que par conséquent la rotation est plus rapide, pour développer le même-chemin. Aussi on se sert, par cette raison, des hélices à deux ailes, quoiqu'elles ne se démontent pas, et c'est dans le cas où leur pas a moins d'une fois et un tiers le diamètre; tandis que si l'hélice a plus de deux fois ce même diamètre, il faut au moins quatre •ailes, et six est le nombre le plus convenable. Les premières conviennent à la grande navigation , surtout lorsque l'appareil moteur ne joue que le rôle d’auxiliaire : elles sont aussi assorties au cabotage, en ce qu’elles permettent des appareils légers à mouvement prompt; au lieu que les six ailes sont appropriées aux sillages rapides, qui forcent à l’emploi de grands pas.

A part les utilisations qui , d’après les expériences de M. Iîourgois , varient jmîu, suivant que les pas sont grands ou petits, ces rapports des cléments de l’hélice ont des avantages ou des inconvénients pratiques. Les petits pas entraînant à une rotation plus rapide, éprouvent plus de perte par les arêtes. coupantes et par le frottçment des ailes. Mais ils ébranlent beaucoup moins l’arrière du navire, et permettent de donner plus de légèreté aux ailes, et surtout aux arbres. En effet, plus le plan des ailes se rapproche de la perpendiculaire à L’axe ; moins la rotation est difficile à obtenir, et moins est grand l’effort éprouvé par l’arbre. On aurait beaucoup plus de peine avec un tournevis à enfoncer une vis à grand pas qu’à petit pas. 11 en résulte donc que les hélices à filet raccourci chargent beaucoup moins l’arrière des navires , et c’cst une considération très-importante. Elles les tourmentent moins aussi , en ce que leurs ailes rejettent davantage l’eau vers l’arrière, et ne la projettent |>ns autant sur l’étambot. Si elles éprouvent des différences d’action suivant lefif immersion, ce n’est guère que dans le sens de l’axe, et si comme d’usage, les manivelles sont calées à angle droit, et les bielles sont très-courtes; elles ne font pas autant ressentir ccs changements d’effort dans le sens perpendiculaire au navire. 11 en résulte donc des avantages notables et qui mériteraient probablement quelques sacrifices mécaniques, tels que l’accélération encore plus grande du piston, ou parfois l’emploi des engrenages : le poids de ces derniers étant aussi- bien placé dans le navire, que celui de l’hélice et de son arbre, l’est d’une façon fatigante pour la charpente. Les grands pas permettent de faire tourner l'arbre moins vite, et par conséquent, d’adopter des machines directes et d’une légèreté très-remarquable, ils ont la même utilisation

que les petits, mais conviennent moins pour lutter contre des obstacles. Sous le rapport purement mécanique, ils sont préférables, mais sous le point de vue marin , ils ont des défauts sérieux , en ce qu’ils exigent des hélices et surtout des arbres plus solides et plus lourds, parce que l'effort, pour faire tourner, est à peu près comme le sinus de l’angle des ailes avec l’axe. Elles chargent donc l'arrière atl'aibli par le puits, et d’autant plus privé de soutien que Les façons sont plus fines, et que la nécessité d'éloigner l'étambot a lait ajouter à la longueur de Minière, qui surplombe le navire. Si donc les grands pas conviennent anx mécaniciens , et leur facilitent la solution du problème en le rendant plus simple, on pourrait presque dire que les petits vont mieux aux navires; et peutêtre le peu de durée des arrières des vaisseaux montrera-il un jour qu’il faut faire plus de sacrifices mécaniques, et ménager davantage. la charpente déjà surchargée d’artillerie.

Quoiqu’il y ait peu d’années que l’hélice ait été réellement 'appliquée à la navigation, elle a été le sujet de nombreuses inventions, et la nomenclature de l’ouvrage de M. Bournc en est la preuve. La réussite de l’hélice à ailes étroites perpendiculaires à l’axe, et quelquefois evidées vers le centre, pour reporter la plus grande surface vers l'extrémité des ailes, n’a pas encore arrêté l’esprit d’invention et de nouvelles formes sont proposées , soit pour obtenir de meilleurs résultats de vitesse, soit pour remplir des conditions particulières, telles que les variations du pas et la faciliuî de soustraire les ailes à l’action de l’eau , en marchant à la voile.

Aucune de ces inventions récentes n’a donné des résultats assez satisfaisants pour entraîner à son adoption, quoique, dans le principe, quelques-unes ai élit été prônées, l’armi ces dernières, il y en a deux qui ont quelque temps attiré l’attention en Angleterre, mais que l’expérience a depuis fait abandonner, ce sont l’hélice Griffith, et Celle nommée Boomerang propeller.

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