HÉLICE GRIFFITH
M. Robert Griffith, du Havre, prif une patente pour cette nouvelle hélice le 13 septembre 1849. Ce fut lui qui émit l’idée de déterminer la force de 1’ impulsion aux différents points des ailes, en y suspendant de petites boules attachées à des ressorts pour indiquer les pressions exercées (voir pages 18 et 19). Sa principale invention consistait à mettre autour de l’arbre une boule destinée à renfermer un mécanisme propre à faire chan-
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ger l’angle des ailes, et même à les mettre dans le plan du navire (üg. 28 et 29, pl. IX). Voici ce mécanisme : a est l’arbre du propulseur, sur lequel est fixé un renflement ou moyeu b, percé par des douilles pour reçevoir les extrémités des tiges qui portent les ailes c et e, et qui ont sur le côté des saillies d d ou leviers destinés à tourner les tiges, et par suite les ailes, de manière à changer leurs angles avec l'arbre ; e est une demi-sphère unie à la douille /i, qui glisse le long de l’arbre et agit sur les leviers dd pour tourne^ les ailes. Tout ee mécanisme est renfermé dans un globe g , d’une forme sphérique, ou de tohtc autre appropriée à son but. Le leviér f, a Bon point fixe i1 sur le navire , et au moyen d’une tige j, il est uni à un ressort plat en lames d’aoier k. D’après cette disposition, on comprend qu’en faisant glisser la douille h le long de l’arbre, les ailes propulsives cc tournent de manière à faire un angle plus ou moins grand avec l’axe. Lorsque, par une cause quelconque, l’hélice tournera avec plus de rapidité , l'accroissement de résistanco du côté de l’arê'te coupante poussera le ressort k, au moyen de la tige j et du levier t fixé au point i dans le navire; il laissera ainsi augmenter le pas et par conséquent la résistance du propulseur, et modérera la vitesse de la machine. Comme il n’est pas avantageux d’avoir un pas qui se règle de lui-même , on a voulu le changer à volonté, et on a remplacé le ressort par un mécanisme de leviers. Le but principal était de marcher facilement à la voile en mettant les ailes dans le plan de la quille , et des paquebots de la compagnie générale Screw-steam Shipping, destinés à de longs trajets ,. ont d’abord adopte ce système pour jprofiter des bons vents ; mais ils ont éprouvé de fréquentes avaries, et ont fini par abandonner cette hélice. On comprend facilement combien les mécanismes compliqués sont exposés dans des parties entraînées par un mouvement rapide, exposés à des efforts considérables ainsi qu’à des chocs fréquents, et surtout placés de manière à ne pouvoir être ni visités ni réparés.
On a été jusqu’à prétendre que la grosse boule placée autour de l’arbre et dont le diamètre était un tiers de'ceiui de l'hélice, exerçait une influence utile, qu’elle empêchait les secousses et remplaçait avec avantage la base des bras des hélices , à laquelle on attribuait une perte d’un tiers de la puissance. A bord de la Fairy, on a l'ait des expériences avec l'hélice ordinaire entourée d’uno boule en bois du diamètre de celle de Griffith ; les résultats ont été un peu défavorables, et leur différence est si petite, qu’elle> prouve que les parties centrales n’ont pas d'influence sensible. On a dit aussi que l’hélice ordinaire faisait plon-
ger le» navires par l’avant, et que celle-ci ne produisait pas le même effet. Aucune de ces assertions n’a été confirmée par l'expérience. Des hélices de cette sorte ont été confectionnées de manière à ne point changer les angles do leurs ailes, parce qu’on prétendait que leur forme était plus avantageuse, et que les angles des bouts de l’aile devaient être coupés (fig. 38), pour diminuer la surface flottante (mais on rétrécissait d’autant la surface agissante la plus utile). Des expériences ont été faites en rognant successivement les coins, comme on le voit on ponctué Btir la figure 36, et elles n’ont donné aucun résultat, non plus que les changements do pas, qui, en accélérant trop la rotation., ont augmenté la consommation du combustible jusque dans le rapport, do 29 à 43. C'est surtout à bord du yacht la Fairy qu’on a essayé cette hélice, et en voici les principaux résultats :
Hélice Griffith. Hélice ordinaire.
Pas en mètres 2,287 S, HO 2,59t 2,745 ï,897 3,050 3,660 Î,t07
Nombre de tours.... U ! H { 39 1 37 1 35 } 36 1 29 3» *
Vitesses en noeuds.. . 42,8 12,7 12,5 *2,5 12,4 12,3 *1,6 *2,4
D'après ces chiffres, le meilleur résultat de l'hélice Griffith donne
0,4 noeuds de plus, mais c'est au prix d une rotation plus rapide do 10 pour 100 et d’une consommation proportionnelle dé combustible. On fait pour la Fairy une nouvelle hélice ordinaire qui donnera peut-être les mêmes résultats que celle de Griffith.
On a essayé l’hélice de Griffith à bord du vaisseau l'Agammuon , dans le but de connaître son effet avec toute espèce de pas, et surtout de vérifier si elle cause moins de trémitation à l’arrière. Son' arbre s’est brisé, et ses ailes, projetées avec violence, ont arraché ce qui les contenait et brisé une partie des pièces do charpente avec un craquement terrible, qui a retenti dans tout le navire. La machine a été arrêtée, et lo vaisseau est rentré à la remorque..