‹ Traite de la resolution des equations numeriques de tous les degres, avec des notes sur plusieurs points de la theorie des equations algebriques. Par J.L. LagrangeChapitre 16 sur 71 · ARTICLE PREMIER · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER

Sur la manière de reconnaître si une équation a des racines imaginaires.

38. J’ai donné, dans le n° 8, des formules générales pour déduire d’une équation quelconque une autre équation dont les racines soient les carrés des différences entre les racines de l’équation proposée. Or, si toutes les racines d’une équation sont réelles, il est évident que les carrés de leurs différences seront tous positifs; par conséquent, l’équation dont ces carrés seront les racines , et que nous appellerons dorénavant, pour abréger, équation des différences; cette équation, dis- je, n’ayant que des racines positives, aura nécessairement les signes de ses termes alternativement positifs et négatifs ; de sorte que, si cette condition n’a pas lieu, ce sera une marque sûre que l’équation primitive a nécessairement des racines imaginaires.

39. De plus, comme les racines imaginaires vont toujours deux à deux, et qu’elles peuvent se mettre sous la forme a-f- fii/-— a — ${/ — 1, a. et /3 étant des quantités réelles (voyez la Note IX); il s’ensuit que la différence de deux racines imaginaires correspondantes sera nécessairement de la forme ajS\/ — 1; de sorte que le carré de oette différence. sera — 4/®*» «’eat-à-dirc xinc quantité réelle et négative. Donc, si l’équation pro|>osée a des racines imaginaires, il faudra nécessairement que l’cquation des différences ait au moins autant de racines réelles négatives qu’il y aura de couples de racines imaginaires dans la proposée.

30. Mais il est démontré (voyez la Note VIII) qu’une équation quelconque ne saurait avoir plus de racines positives qu’elle n’a de cliangemens de signes, ni plus de racines négatives qu’elle n’a de successions du même signe. Donc, le nombre des racines imaginaires dans une équation quelconque ne pourra jamais être plus grand que le double de celui des successions du meme signe dans l’équation des différences.

31. De là, et de ce que nous avons dit ci-dessus, il suit que si l’équation des différences a tous ses termes alternativement positifs et négatifs , l’équation primitive aura nécessairement toutes scs racines réelles, sinon elle aura nécessairement des racines imaginaires. Ainsi on pourra toujours juger, par ce moyen , s’il y a ou non des racines imaginaires dans une équation quelconque donnée.

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