DES OBLIGATIONS DE L'ACHETEUR
543. — L'article 1650, le premier des articles du chapitre Y. Des obligations de l'acheteur, s'exprime ainsi : « La « principale obligation de l'acheteur est de payer le prix « au jour et au lieu réglés par la vente. »
Il résulte de ce texte que la plus importante des obligations de l'acheteur est de payer le prix fixé dans le contrat : le paiement de ce prix est en effet le but final de la vente, pour le vendeur, la contre-partie de la translation de propriété à laquelle il a consenti. C'est déjà ce que l'article 1582 avait annoncé, au début même du titre de la Vente, en déclarant que « la vente est une convention par laquelle l'un « s'oblige à livrer une chose, et Vautre à la payer. »
Mais il ressort en même temps de cet article que cette obligation n'est pas la seule dont l'acheteur soit tenu, puisqu'elle n'est que « la principale. »
Il en a une que nous avons examinée dans la première partie de ce Traité,* et qui lui est imposée par l'article 1593, l'obligation de payer les frais d'acte et autres frais accessoires à la vente : nous n'avons pas à y revenir.
Mais le vendeur est tenu d'une autre obligation que nous avons à étudier, et qu'un texte du Chapitre V, l'article 1657,
1 Suprà, Tome I, noï 197 1-197 IV.
IX TRAITÉ DE la w:\i
réglemente sous l'une de ses faces : c'est l'obligation de prendre livraison de la chose vendue. Sans doute, la délivrance de la chose vendue constitue principalement une obligation pou fie vendeur,et nous l'avons étudiée sous cet aspect dans la seconde partie de ce Traité ;' mais, lorsque le vendeur est prêt <i remplir cette obligation et à livrer la chose qu'il a vendue, il a intérêt et, par suite, qualité pour contraindre l'acheteur à recevoir celle livraison. S'il s'agit de denrées et effets mobiliers, il y a un intérêt considérable, pour rendre libre ses greniers ou ses magasins, et remplacer par d'autres marchandises celles qu'il a vendues ; puis, qu'il s'agisse de meubles ou d'immeubles, il a un autre intérêt, celui de se décharger d'une surveillance gênante et qui peut engendrer contre lui des responsabilités.
De là la division de cette troisième partie en deux chapitres :