‹ Traité de mécanique céleste (volume 2)Chapitre 72 sur 132 · INÉGALITÉS A LONGUES PÉRIODES. 20I · texte numérisé non relu

INÉGALITÉS A LONGUES PÉRIODES. 20I

d'où, en remplaçant §,«0 par sa valeur (b),

ce qui montre que celles des inégalités de la longitude moyenne qui proviennent de p contiennent le petit diviseur in^ -f- i'n'^^ au carré, tandis que ce diviseur ne figure dans les autres éléments qu'à H première puissance.

Quand on connaîtra les valeurs numériques de /lo et /i'^, il sera fticile de trouver les nombres entiers / et i', tels que in^ -f- i'n\ soit très petit par rapport à /^o

et n'^ : il suffira, en effet, de convertir en fraction continue le rapport-"-; les

nombres i' devront être pris dans la série des numérateurs des réduites, changés de signe, et les nombres i dans la série des dénominateurs. Avec ces nombres, on formera la suite des valeurs de in^ + i'n'^, et l'on verra si, parmi elles, il s'en trouve une très petite. Si, pour arriver à ce résultat, on est obligé d'employer de grandes valeurs de i et i', les inégalités à longue période correspondantes seront généralement peu sensibles, à cause de la petitesse du coefficient Cq; il s'agira du reste de s'assurer de l'ordre de grandeur de l'expression

(mo + f'O^*

Pour la planète P', dont le mouvement dépend de la force perturbatrice R', il y aura des inégalités à longue période correspondantes.

On a, par exemple, pour Jupiter et Saturne, en prenant le jour solaire moyen pour unité de temps,

on trouve aisément

les réduites successives sont - 5 - » ■■ -, et l'on a

5/t'y — 2«o = 4">oi67= —/ — Q^ (environ).

On voit que les termes de 11 et IV qui sont de la forme

Ccos{2l — 51' -\~krs -h k'uj' -h JO -h j'O') T. - I. î,G

peuvent donner naissance à des inégalités périodiques très sensibles, bien que les coefficients C et G' soient assez petits; leur période sera égale à environ 74 fois celle de Jupiter, soit tout près de 900 ans.

Ces inégalités sont, en effet, très considérables dans les longitudes moyennes, et la longitude béliocentriquc de Saturne se trouve altérée, par ce fait, d'en-

75. Perturbations du second ordre. — La considération des inégalités du premier ordre ne suffit pas généralement pour établir les théories des planètes; on est obligé d'avoir égard aux perturbations du second ordre, ou du moins aux plus importantes de ces dernières. Nous allons donner, dès à présent, quelques indications à ce sujet.

Considérons l'une quelconque des formules (2), celle par exemple qui donne

-j-^ et écrivons-la comme il suit at

nous allons y substituer

et égaler de part et d'autre les termes du second ordre. On développera, par la formule de Taylor, l'expression

en négligeant les carrés et les produits des quantités S,. On trouvera ainsi, en désignant par F„ ce que devient F quand on y remplace p, £, ... par p^, £<,, . . . ,

On mettra dans le second membre, pour les perturbations du premier ordre, les expressions obtenues précédemment. On aura déduit du développement (20) de Ro un développement analogue pour la fonction Fj,; c'est de là qu'on

tirera les expressions de \ % ••• qui figurent au second membre de la for-

mule (26); il faudra effectuer les produits tels que -j-"ûipo. et les mettre sous

une forme commode pour l'intégration. Finalement, on obtiendra OsO^ par une quadrature; on n'ajoutera pas de constante d'intégration; on calculera de même les perturbations des cinq autres éléments.

PERTURBATIONS DU SECOND ORDRE. 2o3

Pour ce qui concerne §2?o» on tire des formules (17) et (18)

(27) a,p„ = ---» fà.aodt + ^'^l f{à,a,fdL

On peut aussi diriger le calcul autrement, en partant de la formule

qui se déduit aisément des relations

dp ,■,<./ N ^ da 2 dR

-f- r=: n, /i-a^=: t(i + m) et -77= t~ j

dt dt na oz

mais c'est un sujet sur lequel nous aurons l'occasion de revenir.

S'il était nécessaire de calculer les inégalités du troisième ordre, on égale-

ri r\ f)

rait, par exemple, la valeur de — ~ au produit par m' de l'ensemble des

termes de second ordre dans le développement par la formule de Taylorde l'expression

F(po+£o+^iPo+^i£o + <52po+<52£o? ■ • •)•

La méthode est, on le voit, des plus simples; il n'en est pas de même des calculs, qui se compliquent singulièrement avec l'ordre des perturbations. Fort heureusement, dans les théories des anciennes planètes, on n'a le plus souvent à calculer que quelques inégalités du second ordre; il y a lieu de faire toutefois une exception pour Jupiter et Saturne où le nombre des inégalités du second ordre dont il faut tenir compte est considérable; on est même obligé d'avoir égard à quelques inégalités du troisième ordre. On doit convenir que, dans ce cas, la substitution des six éléments variables aux trois coordonnées d'une planète paraît être une source de complications; car cela augmente beaucoup le nombre des termes à considérer dans les développements où intervient la formule de Taylor.

Nous ferons remarquer que la méthode suivie, qui revient en somme à développer les perturbations des éléments suivant les puissances des petites quantités m, m' , . . . , ne peut pas être employée pour un intervalle de temps indéfini. Elle convient pour un certain nombre de siècles, ce qui tient à la petitesse des inégalités séculaires quand il s'agit d'un pareil intervalle; cela suffit aux besoins actuels de l'Astronomie. L'emploi de la formule de Taylor suppose, en effet, que les quantités Sjô^, §,€?(,, ... ^aO^, ... restent toujours assez petites pour que la convergence des séries soit assurée ; or, "5,0o, ^,0^0, . . . contiennent des termes de la forme km' t\ ces termes, qui sont petits pour des intervalles

2o4 CHAPITRE XI.

modérés, à cause du facteur m! , finiraient par grandir au delà de toute limite, et, à supposer que les séries restent convergentes, elles ne seraient plus d'aucune utilité pratique.

76. Poisson, dans la théorie du mouvement de la Lune, pour laquelle les inégalités séculaires sont considérables, a apporté une modification utile au procédé donné plus haut pour le calcul des perturbations des divers ordres; bien que nous nous proposions d'étudier ce point complètement dans le tome III de cet Ouvrage, nous croyons utile d'en parler dès à présent, et d'une manière générale.

Nous considérons toujours, pour fixer les idées, deux planètes P et P', et nous écrivons les équations différentielles sous la forme

dm

dt

da dJ

En ayant spécialement en vue les inégalités séculaires des éléments 0, nr, £, désignons par X, [j. et v trois constantes indéterminées, par 0,, trr, et £, trois nouvelles variables, et posons

(3o) B ■=:Bi-\-lni' t, rn :=imi-h ixm' t, £=:£i + vm'^;

les formules (29) pourront s'écrire comme il suit :

-p- = i}i'[V {p ->r ei~\-vm' t, Bi-i-lf}i' t, Wi-h fj-m' t, ...) — X],

de

-j^ = m'[W{p-+- ei-\- vm' f, Bi-hlm'l, m,~\-iJ.m't, ...)— v],

da

dt ^

Cela posé, on peut appliquer la méthode primitive aux équations (3i) et faire

PERTURBATIONS DU SECOND ORDRE. 2o5

en désignant de nouveau par O^, xs^, . . . des constantes arbitraires ; seulement, quand on développera les fonctions F, $, ''F, . . . suivant les puissances et les produits des o,, S^^ • • -i on aura soin de ne pas faire sortir les termes 'km' t, ]^m' t, vm't des signes F, $, Ainsi, par exemple, on écrira

F(p + 2+y/«'^ . . .) "F(po+ £0 + '^"^'^> 9Q-^l/n't, m^-^ [im' t, ...)

as

dF

+ aT ('5iPo+<5i£o)

On déterminera ensuite les inconnues A, [j. et v de manière que les expressions de 0< , cy, et £, , fournies par les approximations successives, ne contiennent pas de parties proportionnelles à t.

On applique généralement le premier terme de la transformation précédente, même dans le cas des planètes. On calcule en effet le plus souvent, dans la première approximation, les inégalités périodiques en substituant dans leurs expressions les éléments £, cr, 0, s', tir', 0' augmentés de leurs inégalités séculaires. Si, par exemple, on considère dans le développement de la fonction perturbatrice le terme dont l'argument est

D =i{nt->r£) + i'(n' t-i-s') -h A-57 + k' rn' -i- j Q -+- f 0' , .^,

on prendra dans les formules (22)

Do= i{n(^t + £^,-\-vm' t) -+- i' {n' t-\- e'^ -\-''j' tnt)

sinDo<^^

cosDo

i[ Hq -\-vm') -\- i' ( /i'„ H- V m ) h- k[i.m' h- A' y,' m +y v m' -\-j' v' m

Il convient de remarquer qu'en opérant ainsi on tient compte, dès la première approximation, de termes qui sont du second ordre par rapport aux masses.

Après avoir donné ces indications générales sur le calcul des perturbations, nous devrions nous occuper du développement de la fonction perturbatrice R sous la forme (4) mentionnée au commencement de ce CÎiapitrc.

Nous traiterons cette question avec toute l'étendue désirable; mais nous commencerons par un certain nombre de rechercbes et d'études préliminaires, qui nous serviront à établir le développement cbcrché.

Nous aurons besoin fréquemment, dans la suite de cet Ouvrage, de certains développements en séries des coordonnées d'une planète dans son mouvement elliptique autour du Soleil.

Les.^£onctwns ou transcendantes de ^Pc^^e/ constituant la base de ces développements, nous croyons utile de présenter ici une théorie concise de ces fonctions.

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