‹ Traité de mécanique (volume 4)Chapitre 206 sur 364 · DES BALANCES · texte numérisé non relu

DES BALANCES

la différence des poids est accusée par Tinclinaison plus ou moins grande que prend le fléau. Aussi, pour faire varier à volonté la sensibilité d'une balance, on place souvent sur le fléau, au-dessus de l'axe de suspension, une tige filetée le long de laquelle on peut faire mouvoir un écrou pesant, E , dont le —- îbP-— ^^^ poids s'ajoute au poids q. En faisant monter cet écrou, on rapproche de l'axe le centre de gravité G du système. On l'en éloigne au contraire en faisant descend^-e Técrou.

242. Mais, si Ton augmente la sensibilité de la balance en diminuant la distance GII, il ne faut pas oublier qu'il y aurait un grave inconvénient à rendre cette distance tout à fait nulle; si, en effet, elle était égale à zéro, Téquation (2) rendrait tanga infinie pour la position d'équilibre; le fléau EF devrait donc prendre une position verticale, c'est-à-dire qu'il chavirerait sous l'influence d'une erreur de pesée p, si petite qu'elle fût. La sensibilité de l'appareil serait infinie, mais l'appareil ne pourrait plus servir à rien, car c'est la variation de Tinclinaison du fléau, à mesure que l'excès de poids p varie lui-môme, qui guide dans l'opération de la pesée ; le fléau suspendu par son centre de gravité G formerait un système en équilibre indifférent sous l'action de poids égaux placés dans les deux bassins (g 179), le centre de gravité G restant immobile dans toutes les positions successives de l'appareil. Il faut donc, pour que la balance soit utile, que le centre de gravité G soit plus bas que le centre d'oscillation du fléau, d'une certaine quantité, réglée d'après le degré d'exactitude qu'on veut apporter aux pesées.

Si l'axe de suspension était au-dessous du point G, le fléau serait dans un état. d'équilibre instable; car son poids (/contribuerait à accroître, et non à limiter, l'inclinaison qu'il tend à prendre sous l'action de l'excès de poids p. Quand il en est ainsi, on dit que la balance est folle.

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Nous avons supposé les trois points E, H, F en ligne droite, et le point H au milieu de la dislance EF. C'est sur ces deux suppositions qu*est fondée la réduction de Téquation (1). On pourrait faire des pesées avec une balance où les trois points E, H, F ne seraient pas en ligne droite; maïs cette disposition serait nuisible à la sensibilité de Tappareil. D'un autre côté, si les bras HE, HF étaient inégaux, les poids placés dans les deux plateaux, au lieu d'être égaux pour Téquilibre, devraient être dans le rapport inverse des bras auxquels ils sont appliqués. Nous décrirons tout à l'heure des appareils fondés sur ce principe, et destinés à peser de lourds fardeaux avec des poids beaucoup plus petits.

Mâtuère de faire les pesées avec la balance ordinaire, boite a poids.

243. On met dans un des bassins de la balance la matière dont on veut évaluer le poids. Le fléau s'incline aussitôt et vient reposer sur l'un des deux arrêts destinés à limiter sa course. Une aiguille, attachée au centre du fléau, abandonne la verticale et prend une position inclinée; son extrémité s'arrête en un certain point d'un arc gradué fixé sur le pied de l'instrument.

On charge alors graduellement de poids le second bassin, jusqu'à ce qu'il enlève le premier, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'il détache le fléau de l'arrêt sur lequel il a trouvé un appui. Le fléau se met à osciller autour de chacune des positions d'équilibre qu'il tend successivement à prendre, et que modifie l'addition d'un nouveau poids. Ces oscillations sont assez lentes en général, et elles s'éteignent vite ; d'ailleurs, on a à peu près la position d'équilibre, à un instant quelconque, en attribuant à J'aiguille la position moyenne entre les extrémités de sa course, observée^ le long de l'arc gradué. La pesée est terminée, par conséquent, quand la position moyenne de l'aiguille coïncide avec la verticale ou avec le

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