‹ Traité de microbiologieChapitre 14 sur 72 · Influence de l'éducation de la semence. — Ou · texte numérisé non relu

Influence de l'éducation de la semence. — Ou

l'i ciiAi'rriîK IV

peut dès lors se (Icmaruler ce qui adviendrait, avec un bacille aussi sensible, si on le dépaysait, c'est-à-dire si on le faisait passer par des milieux très différents. Conserverait-il une certaine stabilité, ou prendrait-il des propriétés nouvelles ? Nous verrons tout à l'heure que, avec l'inuline, ce bacille ne donne plus ou quasi plus d'alcool. Ou'arrive-t-il quand, après l'avoir habitué à ce milieu, on le rapporte dans une solution de glucose ?

L'expérience a été faite avec un bacille qui avait passé par 6 cultures successives sur une solution d'inuline à 2 0/0, additionnée de carbonate de chaux, et avait été rapporté alors sur une solution de 3 0/0 de glucose, additionnée de craie. C'est à cette fermentation que se rapporte un des exemples cités plus haut. i\.près 20 jours, la fermentation était complète, et on avait :

Il y a donc une notable exaltation dans la fonction productrice de l'alcool, car il est rare que la moitié des molécules de sucre donne de l'alcool butylique. Il est curieux de voir que cette exaltation se produise chez une semence sortant d'un milieu où cet alcool n'apparaît que peu ou pas.

Faisons repasser par une série de cultures sur glucose ce bacille fraîchement sorti de cultures sur inuline, il v reprend ses propriétés ordinaires dans ce liquide, mais il y acquiert une propriété qu'il n'avait pas, c'est cle donner des quantités d'alcool butylique relativement considérables quand on le rapporte sur inuline. Une culture ayant subi six passages sur inuline et six passages sur glucose, rapportée sur glucose avec craie et inuline avec craie donne :

Glucose ... 11 = 0,2 «/ô = 0,33 Inuline. . . . R = 0,43 alb = \

Ces phénomènes de variations introduites par la culture ne sont pas rares dans le monde des microbes. Nous en

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avons déjà constaté dans un de ceux qui semblent le plus fixés, la levure de bière. Mais ils semblent se faire ici avec une facilité et une rapidité plus grandes qu'ailleurs,

44. Fermentation des matières amylacées. — Le hacillus oj'thohutijlicus vit très bien, comme nous l'avons vu, sur des tranches de pomme de terre. Il se multiplie aussi dans l'empois d'amidon additionné du liquide nutritif mentionné au commencement de ce chapitre, ou dans de la bouillie de pomme de terre, qui suffit à lui donner tout ce qu'il lui faut. La liquéfaction de l'empois, sa dextrinisation et sa transformation en maltose semblent se faire sous l'action dune diastase analogue à l'amylase du malt. Comme c'est toujours au maltose qu'on aboutit, il semble que les diverses matières amylacées devraient fermenter de la même façon. Les exemples ci-dessous montrent qu'il n'en est rien. Il est vrai que les liquides étudiés Font été à divers moments de la fermentation, et que ceux qui étaient additionnés de craie étaient, au même âge, plus avancés que ceux qui n'en contenaient pas ; mais la variabilité que montre le tableau suivant reste encore très grande, alors même qu'on la réduit pour tenir compte de l'inégal avancement des fermentations soumises à l'étude. Voici les valeurs de R et de ajb :

R alb

Purée de pommes de terre, sans craie 0,7 t,33

» avec craie 0,1 0,t6

Empois d'amidon sans craie 0,66 0,33

» avec craie 0,io 0,2o

Dextrine sans craie 0,45 0,25

» avec craie 0,5 0,4

Ces inégalités sont d'autant plus singulières que tous ces amidons passent par le même terme dextrine et aboutissent tous au maltose. L'inuline présente même des phénomènes plus curieux dont nous devons dire un mot.

Elle est consommée par le Bacillus orthobiUylicus sans subir de transformation préalaljle, et on ne trouve jamais de sucre réducteur dans les liquides où elle fermente. Nous avons déjà vu qu'elle donnait peu d'alcool. Dans un cas où la semence était empruntée à une solution d'inuline, on a trouvé :

Inuline sans craie.

ï avec craie.

La semence qui a donné les chiffres précédents était empruntée à une fermentation d'inuline âgée de 24 heures. Avec une semence prise 20 jours après le début de la fermentation sur pomme de terre, et portée sur inuline, on n'a pu constater que des traces indosables d'alcool.

45. Fermentation des sucres en C'"3. — Ces sucres ne semblent pas être dédoublés par le bacille que nous étudions. Nous venons de voir que le maltose ne se transforme pas en glucose. 11 en est de même pour le lactose et aussi pour le saccharose. Une solution de sucre de cannes qui fermente ne donne aucune réduction sensible de la liqueur de Fehling, et une purée de bacilles, broyée au mortier, mise en macération pendant plusieurs jours dans de l'eau distillée additionnée d'essence de moutarde, n'abandonne à ce liquide aucune substance inversive. Gomme comparaison des résultats, voici les nombres fournis par deux fermentations avec 3,5 0/0 environ de saccharose et de lactose, avec craie. La première était vieille de 4 mois, et tout le sucre y avait disparu. La seconde était âgée de 3 mois, et il n'y avait que 57 0/0 de lactose consommé :

Saccharose 0,66 0,5

Lactose 0,33 0,25

Les chiffres sont le double dans un cas de ce (ju'ils sont dans l'autre,

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46. Fermentation des sucres en C^. — Nous avons vu plus haut ce qui est relatif à la fermentation du glucose. Le lévulose fermente plus péniblement que le dextrose, et une solution de sucre interverti, examinée lorsqu'elle ne contenait plus qu'environ les 2/5 du sucre initial, ne contenait plus que du lévulose. Il y a donc sélection avec le B. orthobutylicKS. La fermentation du galactose ressemble à celle du glucose.

47. Fermentation des sucres en C^. — M. Grimbert a opéré sur une arabinose préparée par lui, et bien caractérisée comme telle. Avec le Bacillus orthobutyhcus, elle ne donne que très peu d'alcool butylique et, en négligeant cette production d'alcool, la formule correspond à une dislocation du sucre en acide butyrique et acide acétique, de même forme que celle que nous avons étudiée plus haut.

6eH"'0^ + 4H 0 = 4C IFO^ + C^tPO^' -^ 1 2C0= - 22H

Quand on tient compte de la production d alcool butylique on a :

48. Fermentation des alcools polyatomiques. — La mannite fermente difficilement en donnant, à l'origine, environ 2 volumes d'hydrogène contre 1 d'acide carbonique. Plus tard le rapport H/CO^ diminue. Dans une fermentation de mannite avec craie, le rapport R était de 0,5 : le rapport ajb de 0,5 aussi.

x\vec la glycérine, on a la formule suivante, pour une fermentation en présence de la craie :

50C3HH)3 -f 39H20 = 5C/Hi"0 + ISC^H'O^ + âC^H^O^ + 7800'^ + .32-411,

à laquelle on pourrait faire subir une décomposition analogue à celles que nous avons imposée aux équations de fermentation du sucre. Gela n'est pas nécessaire pour qu'on voie combien la dislocation est profonde, et la combustion

intérieure puissante. Plus de la moitié du carbone passe à l'état d'acide carbonique.

Il y a, en outre, formation d'un corps auquel on n'a pas fait place dans la formule, parce qu'il est en tro[) faible quantité, c'est de l'acide lactique gauche C'II'O'. Nous le rencontrerons fréquemment avec les microbes qui vont suivre.

BIBLIOGRAPHIE

L GniMBEiiT. Formontation anaorobie produito par lo Barillux or/hn/niti/licus. Ami. (h> r/nst. Pasleiir, 18'J3, p. 3:i3.

AUTRES BACILLES ANAÉROBIES

Les deux bacilles étudiés dans les chapitres précédents peuvent être considérés con)me les mieux connus, malgré les lacunes que nous avons fait remarquer dans leur histoire physiologique, et nous n'avons plus maintenant devant nous qu'une série qui s'allonge tous les jours, d'êtres de moins en moins anaérobies^ et dont les derniers confinent aux aérobies. Pour des raisons qui tiennent en grande partie à ce que beaucoup de laboratoires ne sont pas outillés en vue des cultures anaérobies, les êtres qui vivent à l'abri de l'air sont en effet moins connus que les êtres aérobies, et il en est même qui le sont si superficiellement que nous ne pourrons leur donner place dans ce livre. Nous nous bornerons à ceux qui ont été suffisamment décrits pour être reconnaissables, et nous commencerons naturellement par ceux qui remplissent le mieux cette condition. Il est naturel que ce soient ceux dont l'histoire a été écrite au moment où la science avait les moyens d'assurer la pureté de la semence. C'est là en effet la condition primordiale d'une étude précise. En acceptant cet ordre et cette condition, nous trouvons deux espèces dignes d'être mises à la suite des espèces précédentes, c'est le bacille décrit par Botkin sous le nom de BacUIus butyricKs et celui décrit par Klecki sous le nom de Bacillus saccharobutylicus.

49. Bacille de Botkin. — Le B . biiti/ricus de Botkin a été rencontré régulièrement dans le lait de Berlin et de Breslau. Botkin l'a obtenu en faisant bouillir ce lait une

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