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demi-heure dans les flacons où il est contenu et portant ensuite à l'étuve à 38'\ Au bout de 18 heures, une fermentation commence, la caséine se coagule et fait gâteau à la surface. De ce lait, il a isolé son microbe par sa méthode de cultures sur plaques dans une cloche d'où on expulse l'air par un courant d'hydrogène. Ce bacille est un anaérobie absolu, ne croit qu'à 2 cent, au-dessous de la surface de la gélose sucrée, qu'il disloque par son dégagement gazeux. La fermentation du bouillon sucré est extrêmement rapide. Celle du lait un peu moins.
Ce sont de petits bâtonnets de 1 à 3 ;ji. de longueur, de 0,5 [j. de largeur, devenant plus longs et plus grêles dans les milieux liquides, où ils n'ont que de faibles mouvements. Ils ne donnent pas de spores dans les milieux sucrés. Dans les milieux amylacés, au contraire, la sporulation est très rapide, et précédée de la formation, dans le protoplasma, de granulations qui se colorent en bleu par l'iode. Les spores ont 1 [ji de large, sont allongées et k extrémités arrondies.
La meilleure température de développement est celle de 37-38". A 18°, la fermentation est plus lente^ et le dégagement du gaz à peine apparent.
Dans du lait additionné de carbonate de chaux, il se forme un peu d'alcool éthylique et beaucoup d'alcool butylique. Comme acides gras, on trouve de l'acide butyrique prédominant, et, en plus, des quantités assez faibles d'acides propionique, acétique et formique. Enfin, il se forme aussi de l'acide lactique inactif. Le bouillon, avec du sucre de lait, donne les mêmes produits. C'est donc le sucre de lait qui est atteint dans le lait. La caséine joue un rôle passif. Les gaz qui se dégagent sont un mélange en proportions variables, d'hydrogène qui diminue et d'acide carbonique qui augmente k mesure que la fermentation s'avance^ comme c'est en général le cas.
Un empois fait avec 3 0/0 d'amidon dans une solution saline nutritive avait complètement fermenté après 40 jours.
AUTRES BACILLES ANAEROBIES "0
Il restait un sucre réducteur et de l'acide butyrique. Le lactate de chaux ni le lactate de soude ne sont pas détruits par le bacille. Le sucre de lait fermente donc directement, sans transformation préalable en acide lactique.
50. Bacille de Klecki. — Le Bacilhis sacchai^ohiifyricus^ de Klecki, a été rencontré dans un fromage ayant une odeur marquée d'acide butyrique, et isolé, par le même procédé que celui de Botkin, d'une fermentation mise en train avec un fraement de ce fromage. Il est aussi très anaérobie, ne pousse pas, même dans des milieux bien appropriés, quand ils sont exposés à l'air, et dans les plaques de' gélatine exposées en présence de l'hydrogène, dans la méthode d'isolement de Botkin, il cherche les parties les plus profondes, celles où il est le mieux protégé.
C'est un bâtonnet de 7 à o a de long, de 0,7 ;jl de large, droit ou légèrement tlexueux, à extrémités arrondies. Il est d'ordinaire isolé, rarement par files, qui alors sont courtes. En milieux liquides, il peut s'allonger beaucoup, et atteindre parfois 20 [x. Ses mouvements sont lents. L'iode y colore en bleu quelques régions. Les spores se forment tantôt à lune, tantùt aux deux extrémités du bâtonnet. Elles sont ovales.
Par piqûre sur de la gélatine au sucre de lait, la culture ne commence que 1,5 cent, au dessous de la surface, et le long de la piqûre s'étagent des colonies rondes ou ovales. Le dégagement de gaz commence de bonne heure, et disloque bientôt toute la gélatine.
Cultivé dans du lait, le microbe se développe bien à la condition qu'on l'ensemence à l'abri de l'air. La fermentation devient rapidement tumultueuse. Une coagulation se fait, et quand tout est terminé, on trouve un liquide, jaune d'urine, surmontant un gâteau de caséine tout persillé de trous et de cavités.
On trouve que le sucre de lait est attaqué, et fournit surtout de l'acide butyrique. Il y a en outre de l'acide
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formique, et peut-être im peu d'acide valérianique. S'il se forme de Talcool, c'est en quantités très minimes et non mesurables. Cependant, les premières parties du liquide distillé donnent la réaction de l'iodoforme. Par contre, Klecki a vainement cherché les produits ordinaires de la fermentation de la caséine. Il n'y a dans le produit de la distillation ni phénol, ni indol, ni scatol, ni ammoniaque. Le résidu ne contient ni combinaisons oxy-aromatiques, ni leucinC;, ni tyrosine. La proportion de caséine en solution vraie n'y dépasse guère les proportions normales, et il demeure démontré que si ce bacille peut agir sur la caséine dans les conditions mises en œuvre, ce n'est que d'une façon très superficielle et très douteuse.
La fermentation observée est donc bien due à la décomposition du lactose. Ce qui le démontre encore mieux, c'est que, tandis que des solutions de lactose dans du bouillon peptoné fermentent très rapidement, en donnant les mêmes produits que le lait, des liqueurs toutes pareilles, où le lactate de chaux a remplacé le lactose, restent inertes, ou bien quand elles donnent une faible fermentation, on voit qu'une liqueur toute pareille et sans lactate de chaux en donne une toute semblable. Il y a dans le bouillon, ou de préférence dans la peptone, des substances attaquables par ce bacille. Go qui nous intéresse, c'est que le lactate de chaux n'est pas attaqué, et que, par conséquent, c'est, comme tout à l'heure et dans les cas précédents, le lactose qui fermente et qui subit une fermentation butyrique ordinaire.
L'étude des gaz montre pourtant que le phénomène est un peu plus compliqué. Une fermentation butyrique ordinaire ne doit et ne peut dégager que de l'acide carbonique et de l'hydrogène. Or on trouve ici, surtout au commencement de la fermentation, du méthane qui peut atteindre 10 0/0 du gaz total. Ce gaz doit correspondre à une gazéification complète d'une partie du sucre, et comme en tirant du méthane du sucre, il ne peut rester
AUTRES BACILLES ANAÉRoBlES 81
comme résidu que de l'acide carbonique, à cause de la formule
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il en résulte qu'à l'origine au moins, 20 0/0 du sucre prennent d'un seul coup la forme gazeuse. Le ferment pourrait donc passer pour un ferment méthanique, voisin du ferment découvert et étudié par Hoppe-Seyler, dont il sera question plus loin.
En résumé, parmi ces divers ferments butyriques des substances hydrocarbonées, et surtout parmi les derniers étudiés, dont la pureté, comme espèce, est la moins douteuse, nous ne retrouvons pas le ferment butyrique du lactate de chaux découvert, sinon isolé par Pasteur.
51. Différences entre les ferments butyriques anaérobies les mieux connus. — Une dernière question se présente ici. Les quatre microbes que nous avons décrits jusqu'ici sont-ils distincts, ou la variation de propriétés que nous avons constatée chez eux laisse -t-ellc place à l'hypothèse qu'ils seraient identiques ? Cette question a été agitée par celui qui a décrit le dernier, et voici comment il résume leurs différences :
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