I. — Caractères et composition
1. Salive mixte. — La salive mixte est un liquide inodore, un peu opalescent, spumeux et filant.
Par le repos, elle se sépare en trois couches : la mousse surnage et il se fait dans le fond un dépôt composé de cellules épithéliales et
GlSm
de corpuscules microscopiques particuliers à la salive (cellules de répithélium de la bouche, globules muqueux, cristaux de carbonate
de chaux, détritus d'aliments, microbes). Le reste est un liquide limpide.
Le liquide filtré est (luide, un peu visqueux.
La réaction normale de la salive mixte est légèrement alcaline (Cl. Bernard). Toutefois, on a constate qu'elle était parfois acide au tournesol. Le phénomène peut être dû à une fermentation acide (lactique) des parcelles alimentaires adhérentes aux gencives et aux dents (Cl.
Bernard, Magittot).
La rf^;i52/^'de la salive mixte oscille de 1 004 à 1 008.
Matières organiques, — La salive mixte contient une ou plusieurs substances albuminoïdes proprement dites, analogues à lalbumine et à la caséine. Parmi ces substances se trouve, chez certaines espèces animales et chez l'homme, un ferment soluble, analogue à ladiastase, lapti/aline, La salive contient aussi de la mucine, des cellules épithéliales de la bouche, et des globules muqueux et un peu de graisse. Elle s'altère rapidement.
Substances inorganiques, — Les substances inorganiques contenues dans la salive sont les sels ordinaires des liquides organiques : chlorures, carbonates, phosphates, sels de potasse, de soude, de chaux et de magnésie, enfin une petite quantité de sulfocyanate de potassium CAzSK (en moyenne environ 0,01 p. 100).
Fig. 76. — Glandes salioaires.
P, parotide; Gl.Sm, sous-maxillaire ; Gl.sl^ sublinguale ; Gl.B^ glande de Blandin ou de Nûhn ; Gl,W, glande de Weber; iti.i, maxillaire inférieur; M.m.h, muscle mylo-hyoïdien.
La présence des sulfocyanates est relevée par les réactions suivantes : a. On acidifie le liquide à Taide de quelques gouttes d'acide chlorhydiique, puis on y ajoute goutte à goutte du perchlorure de fer. La salive prend ne teinte rouge-sang caractéristique due à la formation du>uIfocyanure de fer. Les acétates d'alcalis donnent également avec le chlorure^ fer ri que une coloration rouge foncé; mais la coloration disparaît en présence d'un excès d'acide chlorhydrique.
6. Placée sur des bandes de papier de Suède imprégnées de teinture degaïac,
puis desséchées et trempées dans une solution de sulfate de cuivre à 1/2000, la salive les colore fortement en bleu (Bôttger).
r. Traitée par une goutte d'acide iodique étendu, puis par Tempois d'amidon, la salive bleuit (Solera). La réaction est assez sensible pour permettre de reconnaître 0»^0000 004 de sulfocyanale.
d. Lorsqu'on ajoute quelques gouttes de sulfate de cuivre à une solution étendue de sulfocyanate de potassium, le liquide prend une belle coloration vert-émeraude (Colasanti).
Ces réactions indiquent la présence d'un complexe comprenant un sulfocyanate, mais n'impliquent pas nécessairement l'existence de ce composé à l'état libre.
L'acide sulfocyanique paraît être un produit d'hydrolyse des substances albuminoïdes, comme l'indique la présence de l'azote et du soufre. Cl. Bernard a soutenu que la présence du sulfocyanate de potassium n'est pas constante, mais liée en général à l'existence de dents cariées.
Gaz, — La salive mixte contient des gaz consistant en traces d'oxygène et d'azote et une proportion notable d'acide carbonique.
Suivant P. Carnot, les salives contiennent un ferment oxydant qui, en quelques minutes, colore en violet la paraphénylènediamine; d'après Schonbein, la salive contiendrait un azolite; d'après Wurster, de l'eau oxygénée, qui produirait de l'acide nitreux aux dépens de l'ammoniaque (Wurster, Ber, âer deut, chem, GesclL, XXII, 1901).
2. Salive parotidienne. — La salive parotidionnc est fluide et limpide au moment de sa sécrétion. Par le refroidissement, elle
Fig. 77. — Glandes parotide et soini-ma.rillaire c/a*z le chien. c.Sl.j canal de Stéuon; 1, 2, 3, branches du facial.
devient ordinairement un peu opaline, par suite de la précipitation d'un sous-sel. Il se produit en même temps une pellicule blanchûlre à la surface du liquide, comme sur de Teau de chaux. Ce dépôt est dû
sans (loule à ce que les bicarbonates de la salive perdent une partie de leur acide carbonique au contact de Tair, ce qui donne naissance à un carbonate qui se précipite au moins en partie. La salive parotidienne obtenue à Tétat pur, est toujours alcaline^ parfois môme plus alcaline que la salive mixte. Chez Fhomme, Talcali est constitué par de la potasse; chez la brebis, le chien, par la soude.
La densité ^^i en moyenne 1 OOo.
Substances organiques, — La salive parotidienne contient une substance albuminoïde oITranl des caractères communs à la caséine et à l'albumine (coagulation par la chaleur et Tacide nitrique, coagulation par le sulfate de magnésie, l)récipitation par les acides forts et le tannin). On l'appelle ptyaline en raison de son origine salivaire ; mais elle est distincte du ferment diastasique de la salive, qui justement est peu abondant dans la salive parotidienne, si même il y existe (Voy. p. 250).
Substances inorga?iiques, — Les matières solides sont : le bicarbonate de potasse, le chlorure de potassium, le carbonate et le phosphate de chaux, le sulfocyanate de potassium.
Les carbonates alcalins sont plus abondants que dans la salive mixte, ce qui peut expliquer comment la première est plus alcaline.
Au moment où la salive sort du conduit, et avant son exposition h Tair, elle renferme beaucoup d'acide carbonique. Si, en elTet, on ajoute un peu d'un acide énergique, on constate une très vive effervescence.
La formation du dépôt de carbonate de chaux distingue la salive parotidienne des salives sous-maxillaire et sublinguale qui en diffèrent, en outre, par leur degré de viscosité plus ou moins grand.
3. Salive sous-maxillalre. — La salive sous-maxillaire est un liquide transparent, alcalin, visqueux^ filant, qui par le refroidissement devient gélatineux, mais sans présenter de dépôt comme la
rig. 78. '- Tuheseriuffue destine à recueiliir chez l' homme les salires pures (d'après Cl.
Krrxard).
a, conduit de Sténon s'ouvrant à la face interne de la joue.
Fig. 79. — Glande parotide du chien.
On a figuré une petite glandule génienne qui yïeïii par exception s'ouvrir sur le trajet du canal de Sténon et fournit une salive très visqueuse. La salive parotidienne pure est très fiuide.
salive parotidicnne. Elle ne coagule pas par la chaleur. Elle ne laisse pas déposer de cristaux de carbonate de chaux, quoiqu'elle contienne ce sel et fasse effervescence avec lacidc nitrique.
4. Salive sublinguale. — La salive sublinguale est excessivement visqueuse et gluante^ à tel point qu'elle s'écoule diflicilcment, et s'attache comme la glu aux parties avec lesquelles elle se met en contact. Sa réaction est alcaline. La salive sublinguale ne laisse jamais déposer de sel par le refroidissement. Les acides ou la chaleur ne provoquent ni coagulation ni effervescence (ou très peu). Elle ne précipite ni par le tannin, ni par aucun sel métallique.