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II. — Rôle de la salive

L'action de la salive est à la fois mécanique et chimique.

i. Action mécanique. — En humectant et dissolvant les aliments, la salive rend possible la gustation de ces aliments et permet de les reconnaître et de les distinguer d'après leur saveur. Elle est nécessaire également à l'acte de \ïi mastication^ ce que l'observation de tous les jours suffit à démontrer. Elle ne sert pas moins à la déglutition, surtout par le mucus qu'elle contient et qui, par sa viscosité, facilite les déplacements du bol alimentaire à travers le conduit pharyngo-œsophagien.

La sécrétion sous-maxillaire paraît plus particulièrement associée à l'acte de la gustation. En effet, lorsqu'on a établi simultanément trois fistules de manière à détourner au dehors le produit de sécrétion des trois glandes du môme côté et qu'on dépose une substance sapide sur la langue, c'est de la sous-maxillaire que la salive s'écoule avec le plus d'abondance.

La sécrétion parotidienne paraît plus particulièrement associée k l'acte de la mastication, La parotide n'existe que chez les animaux qui ont des dents pour broyer leurs aliments. De plus, la sécrétion est d'autant plus abondante et la glande d'autant plus développée que l'alimentation exige une mastication plus complète. Les animaux qui vivent dans l'eau et qui prennent des aliments constamment imbibés de liquide, ont une parotide extrêmement petite, et quelquefois môme n'en ont plus du tout (les phoques). Chez le chien, animal carnassier qui avale ses aliments presque sans les mâcher, la parotiile est un peu moins grosse que la sous-maxillaire. Chez le cheval, qui se nourrit d'aliments secs exigeant une mastication prolongée, la parotide a quatre fois le poids de la sousmaxillaire, et le liquide sécrété est dans le môme rapport. On observe encore que chez ce dernier animal la mastication est alterne, c'est-

à-dire se fait tantôt entre les dents de droite, tantôt entre les dents de gauche. Or, la sécrétion parotidienne présente les mômes alternances (Colln). La suppression de la salive parotidienne entrave, chez les chevaux, la mastication; par suite, la nutrition se fait moins bien, et les animaux maigrissent. Chez le chien, la résection du conduit parotidien n'entraîne pas cet effet sur la nutrition , parce que la mastication a peu d'importance chez les animaux carnassiers comparés aux animaux herbivores.

La séa^étion sublinguale serait plutôt en rapport avec l'acte de la déglutition. Cette troisième salive est mêlée à un mucus abondant qui sert à engluer et à agglutiner les parcelles alimentaires, et à les rassembler sous la forme du bol en vue de la déglutition. Il y a, du reste, moins de différence entre la sécrétion sous-maxillaire qu'entre cette dernière et la sécrétion parotidienne.

Il faut, en somme, distinguer surtout deux sortes de salive correspondant à deux sortes de glandes : d'une part la salive fluide et limpide de la parotide, et d'autre part la salive filante et riche en mucus de la sous-maxillaire, de la sublinguale et des autres petites glandes disséminées dans la muqueuse des lèvres et des joues.

2. Action chimique. — L'action chimique de la salive ne s'exerce que sur une seule classe d'aliments, \q^ féculents. Son ou ses ferments sont incomparablement moins actifs que ceux du suc pancréatique. La salive n'a d'effet hydrolysant que sur l'amidon préalablement cuit, et en solution; elle laisse intact l'amidon insoluble.

Nous avons vu déjà, en étudiant les conditions d'activité du ferment salivaire, comment celui-ci peut transformer l'amidon dans le milieu acide de l'estomac, à la condition que des substances albuminoïdes soient présentes dans le mélange, ce qui est le cas de la digestion gastrique.

Toutes les salives ne contiennent pas de ferment amyloiytique. La salive mixte deThomme est active. Sur le chien, le cheval, etc., les salives particulières, recueillies pures et avec précautions, sont in actives. Seule la salive mixte contenant également le produit des glandes buccales est active. Les salives qui ont séjourné à Tair et subi un commencement d'altération agissent toutes sur Tamidon. Il résulte de ces faits qu'on n'est pas absolument fixé sur le point de saA'oir si les glandes salivaires sécrètent réellement la diastasc, ou si celle-ci ne serait pas le produit de sécrétion des microorganismes contenus dans la bouche.

Tartre dentaire. — Calculs salivaires. — Le tartre constitue un enduit jaune brun et granuleux autour du collet des dents. Il renferme 20 à 25 p. 100 de matières organiques, cellules épitliéliales, globules de mucus, vésicules graisseuses, microbes, et des matières minérales ; celles-ci sont constituées par un peu de silice, des carbonates, et surtout par du phosphate de chaux (60 à 80 p. 100). Les éléments du tartre proviennent de la salive; toutefois la présence du phosphate de chaux s'expliquerait par une irritation du périoste al véolo-den taire

consécutive au déchaussement des dents provoqué par des fragments alimentaires pendant la mastication. Les phosphates terreux seraient donc ainsi en quelque sorte le produit de la sécrétion anormale du périoste alvéolo-dcntaire, comme cela a lieu dans les périostites. A Tappui do cette hypothèse, Cl. Biiunard a fait remarquer que la salive contient fort peu de phosphate de chaux.

Uuand les dépôts, dont il vient d'être question, se produisent dans un canal excréteur, ils engendrent les calculs salivaires.

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