RÉACTION
au contact de
l'acide lactique
à 2 ou 3 p. 1000.
Vert malachite.
HO ~ r-^C-HB
"" ^[C6H*.Az(CH3)*]2
Sel de tétraméthyl-diamido-lriphénylméthane-carbinol.
Vert-mousse.
Pas modifié.
Rouqe Congo, Préparé en associant le dérivé bidiazoïque de la benzidine à Tacide naphtionique.
C6H* - Az = Az - GioH<^^Jj^* CôH* - Az = Az - CiOH<|^HÏ*
Bleu franc.
Bleu violacé.
VeH brillant (0,50 p. 100).
"" ^[GfiH*Az(C2H»)2]2
Sel de têtréthyl-diamido-triphénylméthnne-carbiaol.
Teinte jaune verdàtre.
Pas ou moins modifié.
Violet de métlujle (0,50 p, 100).
HO r^[C«H*.Az(CH3;2]2 HU-G>^C«H*.AzH.CH3
Sel de pentaméthyl-triamido-lriphénj'lméthane-carbinol (chlorhydrate).
Coloration bleue intense.
Pas ou moins modifié.
Tropéoline 00 (sel 0,25 p. 100).
C«H«.AzH.C6H»- Az = Az - CSH^SOSNa
Diphénylamine-azo-benzènesulfonate de sodium.
Vire au rouge.
Passe à l'orangé en présence d'un grand excès.
Réactif ^/'Ueffelmann.
10 cent, cubes d'une solution de phénol à 4 p. 100.
20 cent, cubes d'eau distillée.
1 à 2 gouttes de perchlorure de fer officinal.
Se décolore complètement.
Donne une teinte jaune-vermout.
Réactif de Boas.
Résorcine 5 grammes.
Sucre de canne... 3 —
Alcool faible 100 cent, cubes.
On évapore quelques gouttes du réactif avec quelques gouttes du sue; chauffer lentement jusqu'à siccité.
Résidu rouge.
Ne se produit pas.
Réactif de GuNSBuno.
Phloroglucine 2 grammes.
Vanilline 1 gramme.
Alcool absolu 30 grammes.
On évapore un peu de ce réactif avec le suc : chauffer lentement jusqu'à siccité.
Résidu rouge-cinabre.
Ne se produit pas.
HAiN. Dans ces conditions, le suc gastrique soumis à la dialyse se comporte comme une solution d'HCl ; le liquide saccharifie la même quantité d'amidon et intervertit la même quantité de sucre qu'une solution d'HCl de même titre; enfin, Tacide du suc gastrique est volatilisable dans le vide à la température ordinaire.
d. Substances acides du suc gastrique autres que l'acide chlorhydrique et les combinaisons chlorées. — On trouve dans le suc gastrique des acides organiques libres, parmi lesquels le principal est l'acide lactique, et des sels acides, surtout des phosphates acides,
L*acide lactique provient soit de la fermentation lactique microbienne des substances hydro-carbonées, soit directement de la chair musculaire ingérée qui en contient toujours. Chez les herbivores, l'estomac n'est jamais vide. On y trouve par suite toujours de l'acide lactique. Chez le chien, Contejean a toujours trouvé des traces d'acide lactique dans le suc gastrique. Cette quantité augmente, si le chien est en pleine digestion d'un repas composé de pain et de lait. Si l'animal est à jeun, il faut bien admettre que l'acide lactique est un produit de sécrétion ou d'excrétion de l'estomac. Du reste, Gaglio a démontré la présence constante de l'acide lactique libre dans le sang du chien.
Les phosphates acides ont été signalés par Blondlot. Lorsqu'une liqueur présente une réaction acide et contient des phosphates, une partie de l'acide phosphorique est à l'état de phosphates acides. Les phosphates proviennent soit des adiments (os,... ) soit de la muqueuse elle-même.
Dosage de l^acidité totale. — L'acidité totale est calculée en HCl, c'està-dire qu'elle représente la quantité pour 1000 d'HCi qui se trouverait dans le suc gastrique si elle était due uniquement à cet acide.
Technique, — Le suc gastrique est filtré. On prend 10 centimètres cubes de liquide. On les verse dans un verre à pied avec deux ou trois gouttes de phtaléine du phénol. Ce réactif sert d'indicateur; il est incolore, mais il vire au rose dès qu'il y a une trace d'alcali à l'état libre. On dispose au-dessus du mélange une burette graduée de Mohr, contenant une solution décinormale de soude. On note le niveau du liquide dans la burette. On laisse tomber la soude goutte à goutte dans le mélange qu'on agite constamment. Dès que celui-ci prend une teinte rose qui ne disparaît plus par agitation, on arrête l'expérience et on note le niveau du liquide dans la burette.
Supposons qu'il ait fallu 8 centimètres cubes de solution décinormale de soude pour saturer l'acide. On peut en conclure que l'acidité totale calculée en HCl est de 8 centimètres cubes de solution décinormale d'HCl. Or, dans 8 centimètres cubes il y a 8 fois 08%00365 HCl, soit 0k%0202. Donc 10 centimètres cubes de suc gastrique renferment 08'',0292 d'HCl ; i 000 centimètres cubes renferment 100 fois plus, soit 28>-,92. L'acidité totale est de 2,92 p. 1 000. En pratique, il suffit de multiplier le chiffre de soude employé pour la neutralisation d'abord par 2, puis par 0,365. Si on emploie 10 centimètres cubes du suc gastrique pour le dosage, on multiplie directement le chiffre de la soude par 0,365.
Préparation des réactifs, — Une solution normale d*un corps contient pour un litre d'eau distillée son équivalent de ce corps. L'équivalent de la soude NaOH est : 23 (Na) +-16(0)+1 (H). La solution normale de soude renferme 40 grammes par litre ; la solution normale d'acide chlorhydrique 36(^^5. La solution normale au dixième (solution décinormale) est respectivement de 4 p. 1 000 et de 3,65 p. 1 000. Ces solutions se neutralisent exactement. Un centimètre cube de solution normale ou décinormale de soude neutralise 1 centimètre cube de solution normale ou décinormale d'HCl.
Dosage du chlore et des combinaisons chlorées. — On dose assez facilement la lotalilé d'UCl ou le chlore total du suc gastrique; toutefois, on sait que cette totalité résulte du groupement de plusieurs combinaisons dissemblables. On s'est préoccupé, en clinique, d'établir des distinctions et un grand nombre de méthodes ont été imaginées à cet effet. Hatbm et Winter, notamment, ont cherché à déterminer séparément HGI libre, HCl combiné aux matières organiques et le chlore des chlorures. Il faut être prévenu que les résultats obtenus par les différentes méthodes en usage (y compris celle de Hayem-Winter) ne correspondent pas tous, en ce qui concerne la distinction entre HCl libre et les combinaisons chlorées organiques, à des réalités chimiques. Ces méthodes réalisent des coupures arbitraires portant en des points différents suivant la réaction qui les provoque.
Le dosage du chlore total se fait après incinération du suc gastrique en présence du carbonate de soude qui retient HCl mis en liberté. Les cendres sont dissoutes après refroidissement dans l'eau bouillante aiguisée d'acide azotique pur; on filtre et on sature par un léger excès de carbonate de chaux pur. On titre par la solution décinormale d'azotate d'argent en présence de bromate jaune (Hayen et Winter).
Recherche et dosage de l'acide lactique. — Pour rechercher l'acide lactique, on agite le suc gastrique avec de l'élher que l'on distille ensuite au bainmarie. Le résidu additionné d'eau distillée et d'oxyde de zinc pur est maintenu quelque temps à une douce température. On filtre et on évapore. 11 se forme des cristaux caractéristiques de lactate de zinc.
Si on oxyde prudemment une solution d'acide lactique, l'acide se transforme eu donnant naissance à de l'aldéhyde et de l'acide formique. La présence de l'aldéhyde est décelée par la formation de cristaux d'iodoforme en présence d'une solution de bi-iodure de potassium. Ajouter à 20 ce. de suc gastrique : 5 ce. d'acide sulfurique pur, quelques centigrammes de permanganate de potassium ; diluer un peu et distiller. On alcalinise les premiers centimètres cubes qui passent à la distillation par la soude caustique; on ajoute i ce. d'une solution de bi-iodure de potassium le long de la paroi, de façon que les liquides se superposent sans se mélanger. Eu présence d'aldéhyde, il se forme un anneau blanc d'iodoforme (cristaux en étoiles hexagonales) (Boas, Slosse).
La phloroglucine sulfurique donne une coloration rouge-cachou. Le réactif est préparé en ajoutant peu à peu à froid 100 ce. d'acide sulfurique pur à Oï'^jSO de phloroglucine. A chaud, il se forme un précipité qui est fonction de l'aldéhyde provenant de l'acide lactique. Le poids du précipité est en raison directe du poids de cet acide (Hollande).
Le réactif d'UFFEL>iA.NN donne avec l'acide lactique une coloration jaune.
m. — Action du suc gastrique.
Le suc gastrique renferme deux ferments solublcs : la pepsine et la présure. La pepsine agit sur la plupart des substances albuminoïdes ; la présure plus spécialement sur la caséine du lait qu'elle coagule.
Action propre de l'acide du sac gastrique. — L'acide du suc gastrique est nécessaire à l'action de la pepsine ; toutefois, il a une utilité propre.
L*acide chlorhydrique se fixe sur les album inoïdes, les dissout, et leur fait subir une première transformation. Les substances qui prennent naissance sont précipitées par neutralisation. Ce sont des acide -albumines ou syntonines et non despeptones imprécipitables par neutralisation, telles que les fait apparaître lactioD combinée de la pepsine et d'un acide.
Le suc gastrique peut agir encore dans d'autres conditions par son acide. — Celui-ci décompose certaines substances, les cyanures de mercure ou de potassium par exemple. L'acide cyanhydrique est déplacé, mis en liberté. — Ce fait explique pourquoi Tingestion d'un cyanure peut provoquer la mort foudroyante si le sujet en expérience est en état de digestion. — Le suc gastrique attaque et dissous les métaux. Ainsi il donne de Thydrogène avec la limaille de fer, pendant que le métal est oxydé (Cl. Behnard) .
Action antiseptique du suc gastrique. — Déjà en 1794, Spallanzani avait vu que des morceaux de viande arrosés de suc gastrique étaient préservés de la décomposition ; d'autres arrosés d'eau étaient décomposés. De la viande corrompue introduite dans l'estomac y perd toute mauvaise odeur. Le suc gastrique abandonné à lui-même à la température ordinaire résiste à la putréfaction. A l'étuve à 30<», il devient le siège de fermentations et se trouve envahi par des levures et des moisissures. Le suc artificiel obtenu en faisant infuser une muqueuse d'estomac dans HCl à 1 p. luO, se conserve indéfiniment à toute température (CoNTEjEA>'). — Un séjour de 30 à 60 minutes dans le suc gastrique atténue la bactéridie charbonneuse ; les agents du choléra, de la fièvre typhoïde exigent 2 à 6 heures de contact, le bacille de Koch 6 à 12 heures (Strauss, Wurtz, Kabrhell, Hamburger, Cuarrin). L'acide joue un certain rôle, car l'alcalinisation du suc gastrique facilite l'évolution des microbes; toutefois, la pepsine intervient également. Charrin etLEFÉvRE ont montré que le ferment modiQe les toxines. Le mucus a probablement aussi une influence bactéricide (Charrin). Le suc gastrique ne constitue pas du reste le seul mécanisme de l'antisepsie intestinale (Voy. Sort (ies toxines dans Viniestin). Pachon a observé que les chiens privés d'estomac supportent aussi bien que les chiens normaux l'ingestion de viande corrompue.
Action du suc gastrique sar les aliments amylacés. — Le suc gastrique ne modifie pas, à proprement parler, les féculents. 11 désagrège et dissout les parois cellulaires où l'amidon est enfermé. Puis l'amidon est hydraté sous l'in- Ûence de l'acide du suc gastrique et de l'eau, mais il conserve ses propriétés. De même, le suc gastrique n'agit pas ou peu par lui-même sur les sucres. Dans l'organisme, le contact du liquide acide avec le sucre de canne n'est pas assez long pour que l'interversion soit possible.
Action du suc gastrique sur les aliments gras. — Les graisses peuvent être déjà transformées dans une faible mesure dans l'estomac. Magendie avait déjà constaté cette transformation, et observé qu'elle se faisait surtout dans la partie pylorique.
Co.vfEJEAN a vu que l'agent chimique principal de la digestion de la graisse dans l'estomac est le ferment saponifiant du suc pancréatique reQuant par le pylore ; que ce ferment saponifiant peut exercer son activité en présence d'un liquide acide, et qu'il n'est pas détruit par le suc gastrique.
Ce suc n'a pas d'action; il prépare seulement l'action du ferment pancréatique. 11 dissout le tissu conjonctif reliant entre elles les particules des graisses qui se trouvent ainsi mises en liberté. De plus, si leur point de fusion n'est pas supérieur à la température du corps, les graisses sont fluidifiées. La division de la graisse est considérablement aidée par les mouvements de l'estomac. Ce fait
ressort d'expériences comparatives dans lesquelles de gros morceaux de graisses sont placées dans des enveloppes de tulle dont les unes sont soutenues par des carcasses métalliques.
En défînitive, le rôle que Testomac joue par lui-même dans la digestion des graisses est purement mécanique.
Auto-digestion de Vestomac. — Conditions qui la favorisent ou qui r empêchent, — Comment Testomac, qui est un tissu albuminoïdo, ne se digère-t-il pas lui-môme par son suc gastrique? Il y a là un paradoxe qui n'est pas complètement expliqué. — Sur le cadavre, quelque temps après la mort, surtout parles temps chauds, et si le sujet a succombé en pleine digestion, on trouve souvent l'estomac perforé par le suc gastrique, et les organes voisins attaqués (Hunter, 1772; Cl. Bernard, Robin). — Sur le sujet vivant, par exemple sur un chien à fistule gastrique, si, par une ligature, on supprime la circulation d'une région de Testomac, cette régionseradigérée (Pavy). On a expliqué la production de l'ulcère perforant par des conditions du môme genre (oblitérations vasculaires de petits territoires artériels).
Si du dehors on introduit dans l'estomac, chez des chiens à fistules, des organes vivants, comme l'oreille d'un lapin ou l'arrière-train d'une grenouille, ils sont rapidement digérés (Cl. Bernard). D'autres fois, ils se défendront plus ou moins : Viola et Gasp ardi ayant introduit la rate d'un autre animal, la virent résister tant que ses connexions vasculaires étaient maintenues. Contejean, en introduisant une anse d'intestin, la vit ôtre partiellement attaquée, mais se recouvrir à la longue d'une muqueuse. Ce procédé de défense d'un organe vivant est instructif.
En somme, les expériences nous apprennent (tant pour l'estomac que pour les organes artificiellement placés dans les mômes conditions que lui) que la vie est une condition nécessaire^ mais non pas suffisante^ de leur résistance à l'action corrosive du suc gastrique. La vie intervient ici, non comme une force efficiente, mais comme une condition directrice des phénomènes physico-chimiques par lesquels elle se réalise; et encore faut-il que l'élément vivant ait eu le temps de s'adapter au milieu particulier. La cellule morte laisse pénétrer en elle, par simple imbibition, les liquides qui l'entourent: sa résistance est nulle.
L'épiderme cutané, dont les cellules superficielles sont des cellules de peu de vitalité, se laisse desquamer facilement. Si l'épithélium de la muqueuse gastrique résiste si énergiquement, c'est qu'en présence du milieu acide avec lequel il est en contact partiel, il dirige ses échanges de manière à refuser Feutrée en lui de la substance acide ; il fait un choix ; il suffit qu'il y ait entre lui et l'acide une
couche neutre d'épaisseur moléculaire, qu'il peut du reste renouveler incessamment à mesure qu'elle se détruit, grâce à son activité intrinsèque permanente. Toute cause qui, comme l'oblitération de ses vaisseaux, tend à affamer l'élément et à diminuer son activité intracellulaire, tend par là môme à mettre en défaut le mécanisme de sa défense.