V. — Cellules où ae forment l'acide et le ferment du suc
gastrique.
I. Origine de racidité. — L'acide chlorhydrique du sue gastrique se forme vraisemblablement aux dépens du chlorure de sodium du sang. Celui-ci se décoinpose suivant la formule :
NaCl + H«0 s= NaOH + HCI.
Le chlorure de sodium absorbé durant la- digestion augmente Tacidité du suc gastrique. La suppression des. chlorures dans Talimentation empêche après un certain temps là formation de l'acide chlorhydrique dans Testomac (Voit)'
Kah>' a nourri un chien avec des aliments débarrassés le mieux possible de leur chlore par ébullition avec de Teau, filtration et lavages. Les chlorures disparaissent peu à peu de Turine. Quand ils sont devenus très rares, on peut provoquer un nouveau lavage des tissus avec certains diurétiques, par exemple le nitrate de potasse qui fait réapparaître les chlorures de l'urine. En ajoutant à cela des lavages de l'estomac, on peut appauvrir beaucoup l'organisme de son chlore. Le chien maigrit. Sa sécrétion gastrique devient à peu près neutre — incapable de dissoudre la fibrine. — Elle la dissout, au contraire, quand on ajoute de l'acide chlorhydrique. H y a donc de la pepsine; mais l'acide manque. Si, au bout dune vingtaine de jours, lorsque l'animal est affaibli, on lui donne une boisson faiblement salée, en deux heures il reprend ses allures normales, et son suc gastrique devient acide.
Les urineSy acides lors du repos stomacal, deviennent neutres et quelquefois légèrement alcalines au moment de la digestion. L'organisme paraît donc *^oir une tendance à se débarrasser de l'excès d'alcali mis en liberté par la sô<^élion acide de l'estomac (A. Bernard ; Bence-Jones).
Valcalinité du sang ne parait pas modifiée par la sécrétion de l'aci^ chlorhydrique, tout au moins pendant les premières heures qui suivit un repas abondant (V. Noorden, Arch. f. cxp. Path, u. Pharm, t. 22).
Le mécanisme de la décomposition des chlorures est ino(^nnu.
Les glandes stomacales peuvent décomposer d'autres sels /que le chlorure de sodium, pour en retirer 1 acide et le déverser dans le suc gastrique. Après introduction dans les vaisseaux de quantités notables d'iodures ou de nitrates, on constate dans le suc gastrique de l'acide iodhydrique ou de l'acide nitrique (Rabuteau, Rîiijt, Comejean).
H. Lieux où se forme Tacide de l'estomac. — a) En sur /ace, — L'acide est sécrété sur toute la surface, à l'exception, disait Hei- DENHAiN, de la région pylorique dont le suc isolé par une fistule locale
DIGfiSTMTN GASTRIQUE. 309
lui avait paru alcalin. Cointejean a vu depuis qiic le suc de la fistule pylorique peut être acide.
b) En profondeur, — Seule la surface est acide ; les couches profondes sont alcalines (Brùcke) et riches en chlorures, surtout de sodium (Contejean).
A quelle pr(«fondeur se forme Tacide? On sait que le lactate de fer dans un milieu acide, et non dans un milieu alcalin, réagit sur le prussiate de potasse PD donnant du bleu de Prusse. En injectant ces deux sels dans le sang qui est alcalin, ils passeront dans, la sécrétion et ne réagiront qu'au point précis où le milieu devient acide. L animal étant sacrifié au bout de trois quarts d'heure, on constate une coloration bleue sur la surface de la muqueuse de Testomae, et particulièrement sur la partie qui répond à la petite courbure de cet organe ; mais cette coloration est tout à fait superficielle. On trouve des parcelles de bleu de Prusse seulement à la surface de la membrane muqueuse. 11 n'y a pas de bleu dans lesglandules stomacales (Cl. Bernard).
L'acide, si l'on croit cette expérience, ne prendrait donc naissance qu'à l'orifice même des glandes.
III. Sécrétion de la pepsine. — Tout le monde admet que la pepsine est sécrétée sur toute la surface de Testomac. En effet, on peut préparer de la pepsine soit avec le fond, soit avec la partie pylorique.
En ce qui concerne les éléments, quelques auteurs ont soutenu qu'il existerait une division du travail parmi les différentes espèces de cellules de l'estomac. €*est ainsi que Heidenhain a admis que les cellules dites principales (adelomorphes) fabriqueraient la pepsine; les cellules de bordure (delomorphes), l'acide. L'argument le plus sérieux en faveur de cette hypothèse est celui-ci : les cellules principales disparaissent par auto-digestion bien avant les cellules de bordure, lorsque sur la platine chauffante du microscope on expose des glandes gastriques à l'action de l'acide fiCl dilué. Néanmoins, toute systématisation exclusive parait prématurée, il n'est pas prouvé que les deux espèces de cellules ont un rôle différent (Ck)NTEjEAN). Les cellules principales paraissent renfermer de la propepaine soluble; les cellules de bordure, de la pi^opep^ne insoluble. Il est -possible que ce soit la raison pour laquelle les premières cellules disparaissent tout d'abord par auto-digestion (GoNTEaEAN).(lig. 89, 90).
IV. Propepsine. — La pepsine ne parait pas exister comme telle à l'intérieur des glandes, mais à Tétat de zymogène. Cotte substance (pepsinogène ou propepsine) se transformerait facilement en pepsine sous Tinfluence de HCl dilué (Schiff) du chlorure de sodium à 0,6 p. 100 (Ebstein et Grutzner) ou de Toxygène (Podwisky). La muqueuse au contact de HCl dilué, ou du chlorure de sodium ou seulement abandonnée à Tair s'enrichit en pepsine. Le carbonate de soude à S p. 100 décompose la pepsine, tandis que le pepsinogène résiste plus longtemps (Laxgley et Edklns).
LES TEMPS PRINCIPAUX DE Lk DIGESTION.
A . Gautikr le premier en 1 882 a isolé une pepsine a peu p^^s insolubles qui répond à la susbtanco zymogène {Leçons de chimie bio/.i 891, 524).
Fig. 89. — Glande du fond de l'eslotnac du chien (demi-schématique) (d'après
VlALLETOX) (*).
Fig. 90. — Glande pylorique du chien (demi-schématique) (d'après Viali^k-