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Rôle de la bile.
La bile favorise la digestion des graisses et possède un pouvoir antiseptique.
l^'Rôle de la bile dans la digestion des graisses. — La bile contribue à la digestion des graisses dans l'intestin. Toutefois, on ne sait pas exactement dans quelle mesure et par quel mécanisme. L* association de la bile au suc pancréatique paraît nécessaire à cet effet ou tout au moins constitue une condition essentiellement favorable. Action combinée de la bile et du suc pancréatique. — Le fait que la bile et le suc pancréatique se déversent dans l'intestin par un même orifice commun à leurs deux conduits, peut su^érer ridée que les deux sécrétions participent à une fonction commune, dans
laquelle ils se prêtent un mutuel secours. Cette idée est conforme à la réalité des faits. L'exemple du lapin, chez qui le canal pancréatique débouche à bonne distance au-dessous du canal cholédoque, montre l'impuissance de la bile à opérer seule la digestion des graisses.
Dastre a conçu et réalisé chez le chien une opération qui établit le rapport inverse entre les deux canaux en abouchant la vésicule biliaire dans l'intestin, à (55 centimètres environ au-dessous du canal pancréatique (fig. 107). Dans ces conditions, quand l'animal est en digestion de graisses, les chylifères ne deviennent lactescents qu'à partir de l'endroit où la bile coule dans
Fig. 107. — Abouchement de la véitictile biliaire dans /7/i/e«///i (d'après Dasthe).
rintestin. Le suc pancréatique seul^ pas plus que la bile setile^ n'est donc pas apte à opérer la digestion des graisses. Leur transformation complète réclame l'intervention combinée des deux liquides.
Dastre a montré également que, sur un chien à fistule biliaire, les chylifères restent transparents ; toutefois, il a fait remarquer qu'il est possible, en attendant suffisamment, de recueillir une certaine quantité de graisse dans le canal thoracique. D ailleurs, outre la bile et le suc pancréatique, il y a un autre élément qui intervient dans la digestion des graisses ; c'est l'action propre de Tépithélium intestinal (Dastre).
Chez les animaux porteurs de fistules biliaires, on constate que la graisse est toujours utilisée, mais en moindre proportion qu'à l'état normal. L'utilisation est meilleure pour les graisses émulsionnées que pour les graisses non émulsionnées, meilleure pour les acides gras que pour les graisses.
In vUro^ la bile renforce Taction du suc pancréatique sur les albuminoldes, les graisses et les hydrates de carbone (Bruno ; voy. p. 369).
Nature de faction de la bile. — Elle tient à la fois de la dissolution et de la saponification.
a. La bile émuisionne et saponifie les graisses comme le ferait toute liqueur conlenanl de la soude ou de la potasse à Tétat libre ou à l'état de combinaison facile à détruire. Elle ne contient pas de ferment capable de modifier les graisses (Cl. Bernard).
6. De plus, la bile dissout un peu les graisses et les savons. C'est sur cette propriété de la bile qu'est basé du reste l'usage industriel d'employer ce liquide pour le dégraissage.
c. Enfin la bile favoriserait le passage de la graisse à travers les membranes animales (WisTiNGHAUSEN ; contredit par Grôbert, Arch. f. Phys., 1889).
D'après K.\ufman>', la bile de certains animaux (bœuf, porc.) renferme un ferment dont l'action serait comparable à celle de la diastase (Voy» p. 369).
2"" Action antiseptique de la bile. — La bile exposée à l'air se décompose très rapidement (Hoppe-Seyi.er;.Hugounenq et Doyo.n). Les pigments, les acides biliaires et la pseudo-mucine s'altèrent.
Les microbes peuvent être cultivés dans la bile. En milieu acide, la bile résiste toutefois énergiquement à la putréfaction, probablement parce que les acides biliaires sont mis en liberté, au moins partiellement^ et exercent une action antiseptique certaine. Or, comme dans l'intestin, au moins pendant les premiers temps de la digestion, tout le duodénum et parfois près de la moitié de l'intestin grêle sont acides par suite du déversement de la sécrétion gastrique, il est donc probable que l'action antiseptique de la bile peut s'exercer dans ces conditions (Gley et Lambling). Si on place à 40<^ de la fibrine dans une solution de HCl a i p. 4000, au bout de quinze jours, l'indol, signe révélateur de la putréfaction, apparaU. Or, si, dans ce milieu acide, on ajoute de la bile, 10 p. iOO, ce début de corruption est supprimé (Cuarrin).
Chez les ictériques, les fermentations intestinales sont abondantes; les gaz«
les odeurs le prouvent (Cuarrin). J. Teissier et Jardon ont constaté une augmentation de la toxicité urinaire chez les chiens porteurs d'une fistule; l'hypertoxicité cesse de se produire si la bile est administrée par 1 estomac.
La bile, et en particulier la cholestérine, annulerait en partie la puissance des venins (Frazer, Puisalix).