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CHAPITRE H ABSORPTION CUTANÉE

A. Considérations générales. — La peau de rhomme et des mammifères résiste à Pabsorption des médicaments et des poisons. Le derme est en effet protégé par une série de couches dont les plus superficielles sont formées de cellules kératinisées (épiderme). De plus, Tenduit sébacé normal qui recouvre l'épidorme et oblitère l'orifice flcs glandes renforce la résistance de la peau à Tabsorption.

La résistance de la peau à la pénétration des substances n'est que relative, La peau absorbe les gaz, les substances volatiles et môme les substances fixes solubles lorsque, pour une raison quelconque, la vitalité, et, partant, l'intégrité de la barrière épithéliale est diminuée ou simplement si le contact est très prolongé.

B. Absorption des gaz et des corps volatils. — Dans les conditions normales, la peau ne se laisse traverser aisément que par les corps gazeux. 11 convient de rappeler à ce sujet qu'elle absorbe l'oxygène de l'air et exhale de l'acide carbonique. Cette fonction respiratoire, insignifiante chez les mammifères, acquiert une grande importance chez certains animaux inférieurs. De même, chez les animaux supérieurs (mammitères), le pouvoir

absorbant do la peau n'égale pas celui que Ton observe chez les espèces inférieures (Batraciens, Mollusques).

En se mettant rigoureusement à Tabri de Tintroduction pulmonaire, on a fait pénétrer à travers la peau les gaz de la putréfaction (BiciiAT),racide carbonique, Tacidesulfhydrique, roxyde<le carbone, les vapeurs d'acide cyanhydrique, etc.

Les substances volatiles capables de dégager des vapeurs k la température du corps pénètrent facilement. Il en est ainsi pour l'acide salycilique, le salycilate de méthyle (Lannois et Linossier), le gaïacol (Gl'inard, Lannois et Linossier), le mercure, le chloroforme, le sulfure de carbone, etc. Ce sont les corps qui ont un point d'ébullition élevé et émettent des vapeurs faiblement diffusibles à la température ordinaire qui s'absorbent le mieux, car les vapeurs sont dégagées lentement et restent presque constamment en contact avec la peau (Lannois et Linossier).

La pénétration est facilitée par un enveloppement convenable, au moyen d'une substance imperméable (caoutchouc) qui s'oppose à la diffusion atmosphérique des vapeurs dégagées, ainsi qu'à leur absorption par les voies respiratoires. La substance volatile placée au-dessous de l'enveloppe imperméable peut être supportée par un linge tendu sur un cadre pour éviter son contact direct avec la peau ; on évite ainsi, lorsqu'il s'agit d'une démonstration, toute cause d'erreur.

Expérience. — L'iode en badigeonnage, l'iodoforme, l'iodure d'éthyle sont absorbés par la peau. Cette absorption, minime quand la partie badigeonnée est abandonnée àl'air libre, devient beaucoup plus active quand l'organe est hermétiquement enveloppé. Le maximum d'absorption a lieu au début de l'application. L'altération superficielle de Tépiderme produite par la teinture d'iode quand elle ne va pas jusqu'à la destruction de la couche cornée semble plutôt agir comme un obstacle (Lannois et Linossier).

Certaines substances ne dégagent pas normalement de vapeurs, mais au contact de la peau elles peuvent être décomposées en des corps volatils. L'iodure de potassium serait décomposé par la sueur; l'iode mis en liberté et absorbé (Habl'teau, Gubler).

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