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C. Absorption des substances qui altèrent la peau

Les substances qui altèrent la peau sont facilement absorbées. L'absorption de l'acide salycilique, de l'acide phénique, etc., relève en partie de ce mécanisme.

D. Absorption dans les cas de contact très prolongé. r— Si le contact d'une substance avec la peau est suffisamment prolongé, il se produit d'abord une imbibition progressive du tégument et, consécutivement, une absorption plus complète, même si la substance n'est pas volatile et n'altère pas la peau.

Expérience. — On applique sur la peau d'un homme une petite quantité de pommade atropinée qu'on recouvre d'une feuille de taffetas ciré et qu'on fixe avec une bande pour assurer le contact. Après un temps variable l'appareil est

enievé, la surface essuyée. On fait courir l'individu pour provoquer la sueur. En prenant l'empreinte sudorale lorsque la transpiration générale s'établit, on constate dans les points touchés par Tatropine une zone d'arrêt se traduisant par l'absonce d'empreinte (Albert).

Conditions qui favorisent l'absorption. — Toutes les inniieiices qui violent rintégritodu tégument fa vorisont Tabsorpiion. Les bains tièdos émollients, les cataplasmes, lo lavage ot le dégraissage de la peau, les frictions agissent ainsi.

Les frictions sont particulièrement efficaces, mais il faut qu'elles soient énergiques et suffisamment prolongées, cinq à dix minutes. I.es frictions sont surtout efficaces au niveau des régions pourvues de poils. Ceux-ci sont tiraillés. II se produit de légères érosions non apparentes qui favorisent l'absorption (âi'bert, A. Fourmkr). L'emploi d'une substance grasse et visqueuse, telle que la lanoline, favorise les tiraillements des poils et les effractions de l'épiderme (Aubert).

Les pénétrations lentes sans frictions sont favorisées par la fluidité de Texcipiont. Elles réussissent bien avec l'axonge, la moelle de bœuf, la glycérine; mais exigent un temps très lent pour se produire. Il faut au moins deux heure> et demie et pratiquement quatre ou cinq heures pour avoir un résultat local. (Ai'bert).

Électricité. — L'emploi de Y électricit''* facilite la pénétration superficielle. Appliqué à ce cas particulier, il constitue la base d'une méthode thérapeutique à laquelle on a donné le nom de cataphorhe ou île diélectrolyse^ suivant Texplication que Ton adopte du phénomène. Laissant de côté le point de vue théorique, nous nous bornerons à signaler les faits acquis. On peut faire pénétrer à travers Tépiderme intact des substances médicamenteuses avec rélincelle électrique, le courant continu, les courants d'induction (Faiuii^, Palaphat, Uichardron, Wagnkr, Pkterson, (jAREL, Biuvnis, Al HKUT, etc.). Une série d'étincelles un peu fortes, provenant d'une machine électrique, amène la pénétration irrégulière. Avec le courant continu, la pénétration est évidente: au pôle positif pour I(»s corps électro-négatifs (alcaloïdes alcalins), au pôle négatif pour les corps électro-positifs (acides) (Laratlt; Aurert).

La rapidité et l'intensité des effets sont proportionnelles, dans une certaine mesure, à l'intensité et à la durée du courant. Une durée de cinq à dix minutes avec un courant de 10 à 20 milliampères produit une pénétration bien complète.

Avec les courants induits j proportionnés à la résistance de Torganisme, on obtient une pénétration très nette sous une des électrodes, plus faible ou même nulle sous l'autre.

Dans tous les cas, il ne faut pas compter sur une pénétration bien profonde; la substance est arrêtée dans les couches superficielles de la peau (Aubert).

Causes d'erreur. — Dans Fétude de labsorption par la peau, il faut tenir compte de plusieurs causes d'erreur.

a) Les substances volatiles sont absorbées, non seulement par la peau, mais aussi par les poumons. Celte cause d'erreur a été signalée surtout par Mergët à propos de Tabsorption du mercure. Cet auteur a môme soutenu que le mercure utilisé sous forme de pommade en frictions ne s'absorbe nullement par la peau, mais uniquement par les voies respiratoires.

A Tappui de celte hypothèse il citait les faits suivants :

L'analyse des urines de tous ceux qui vivent dans l'entourage du sujet en expérience, y compris les individus qui n*ont pas été soumis à un traitement mercuriel interne ou externe, permet de retrouver du mercure d'une façon très nette.

Par contre, Mergkt n'aurait pas retrouvé la moindre trace de médicament dans les urines de deux étudiants qui, à la suite de deux frictions mercurielles faites sur un bras qu'on avait protégé ensuite par une double enveloppe en gutta, avaient respiré pendant soixante heures l'air du dehors amené par des tubes en caoutchouc adaptés au masque de Gavarret.

L'opinion de Merget est trop exclusive. Le mercure, étant volatil, s'absorbe aussi par la peau. De plus, Furbringer, après des frictions prolongées d'une durée de quinze à vingt minutes, a constaté au microscope, sur des coupes, la présence de fines gouttelettes de mercure dans les follicules pileux et les canaux excréteurs des glandes sébacées.

b) Une seconde cause d'erreur réside dans ce fait que certaines substances (alcaloïdes) peuvent, lorsqu'elles sont appliquées à la surface de la peau, provoquer, indépendamment de toute absorption, des phénomènes toxiques, tels que rabaissement de la température (GuiNARDct Geley). Ce fait ne doit pas surprendre, car on sait depuis longtemps que la peau est un organe sensible, pouvant être le point <le départ de modilications à retentissement général sur les grandes fonctions.

Le physiologiste et le clinicien, dans un but Tun d'expérimentation, l'autre de thérapeutique, se sont enquis de connaître le pouvoir absorbant de certains organes comme le tissu cellulaire, les cavités séreuses, certaines cavités muqueuses, telles que celles du vagin, de la vessip, de l'urèthre, voire des glandes elles-mêmes. Comme les substances essayées sont généralement très éloignées de la composition de celles qui sont en contact normal avec ces tissus,

les résultais acquis au cours de ces essais indiquent une possibilité d absorption et non une fonction normale, telle que celle de labsorption digestive.

La muqueuse de Yœii et des voies lacrymales absorbent très énergiquement. La cornée se laisse facilement traverser surtout si elle est altérée; toutefois dans certaines affections (ulcères...) la résistance à l'absorption est augmentée.

La muqueuse du vaf/in, du col et du corps de luiérus, absorbe facilement.

Le pouvoir absorbant si marqué de la muqueuse reciale est utilisé depuis longtemps par les cliniciens. Le rectum peut absorber certaines substances albuminoïdes, les peptones, les lavements d'amidon ou de dextrines et même les graisses, mais ces dernières substances seulement en petites quantités. L'adjonction de pancréas favorise labsorption des albuminoïdes et des graisses (Leube) (Cons. p. 462).

Il nous reste à donner quelques détails sur l'absorption par quelques autres organes.

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