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B. — ABSORPTION PAR LE TISSU CELLULAIRE

L'absorption par le tissu cellulaire sous-culané est ir5s rapide et généralement très régulière pour la plupart des substances liquides et dissoutes. On sait que la médecine a mis largement à profit cette voie d'introduction des substances médicamenteuses {Méthode des injections hypodermiques.

L'absorption est rapide, non seulement par le tissu cellulaire sous-cutané, mais dans tous les tissus cellulaires, quels que soient les éléments anatomiques auxquels ce tissu est interposé.

Déjà Fo:sTANA avait remarqué la régularité des effets obtenus par Tinjection du curare dans la masse d'un masde. Or en injectant un liquide dans un muscle on rinjecle en réalité dans le tissu cellulaire qui sépare les éléments contractiles proprement dits. Le réseau capillaire du muscle étant de ceux qui se présentent comme le plus identique à lui-même dans les diverses régions du corps, les injections dans l'épaisseur d'un muscle donné réuniront donc toutes les conditions d'exactitude. Aussi, en clinique, choisit-on fréquemment cette voie pour injecter à des malades de grandes quantités de sérum artificiel.

Magendie a prouvé que la pénétration dans le sang a lieu surtout par les veines. On coupe toutes les parties molles du membre postérieur d'un chien au niveau de sa racine. Les vaisseaux euxmêmes sont coupés et remplacés sur une certaine étendue par des tubes. La colonne sanguine représente donc le seul moyen de communication entre le membre et l'organisme. Dans ces conditions, de la strichnine injectée à Textrémité de la patte provoque au bout de quelques minutes des convulsions et la mort (lig. 1 44).

Certaines substances salines métalliques injectées dans le tissu cellulaire s'y fixent et semblent être difficilement absorbées. Tels sont les sels de fer.

Si l'on injecte sous la peau du lactatc de fer on constate que le lendemain une partie de ce sel se trouve encore à la même place ; en acidifîant le tissu celui-ci donne encore au contact du prussiate de potasse, du bleu de Prusse (CI. Bernard).

La paraffine, le mercure, injectés sous la peau, diffusent autour et le long des vaisseaux lymphatiques jusque dans les cavités du corps (péritoine, plèvre, crâne, cavités des os). La progression de ces substances a lieu principalement

Fig. 144. — Ejrpérience de Magendie.

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sous rinfluence de la prolifération du tissu conjonclif, de la pesanteur et des contractions des muscles voisins. Les leucocytes auraient un rôle secondaire. Ce n'est que peu à peu et lentement que ces substances pénètrent dans les lymphatiques. Par contre, des grains de cinabre se retrouvent très rapidement dans les ganglions. (Yuckuff. Arch. f, exp. Path. u. Pharm, XXXII). Camus a injecté sous la peau du mercure en nature, ou de l'huile grise et recherché Tabsorption de ces substances à l'aide dés rayons X. L'absorption est très lente ; elle dure des mois. D'après cet auteur la substance injectée s'étale et se déplace principalement sous l'influence des contractions musculaires. Lorsque du saog en nature est injecté en nature dans le tissu cellulaire (ou dans une cavité séreuse) on en retrouve le fer après un certain temps sous forme d'hydrate ferrique. Ce fer s'accumule électivement dans les ganglions lymphatiques correspondant au territoire de l'injection, dans la rate et la moelle osseuse. 11 ne passe dans le foie que s'il est en quantité considérable (Lapicque, Thèse doct. se. Paris, 1897; Schurig, Arch. f. exp. Path. u. Ph., t. 47; Everain, Thèse Pahs, 1888 ; Â. PoNCET, Thèse Paris, 1877. ictère hématique, traumatique).

Les leucocytes peuvent capter les corpuscules solides et les entraîner. Dans le cas où cela est possible ils font subir à ces derniers une véritable digestion (phagocytose). Cons. p. 438.

Absorption des gaz. — Les gaz (air et acide carbonique) introduits expérimentalement clans le tissu cellulaire, les plèvres

Kig. 145. — Procédé pour injecter des c/az sous la peau (d'uprès Cl. Bernard). V, vessie ; 1.2, robinets.

OU le péritoine, sont Tobjet d'une résorption graduelle aboutissant à leur disparition complète en quelques semaines. En môme temps, leur composition se modifie. Avec rair,on voit une diminution rapiJp de 0* et Tapparition d'une notable quantité de CO*. Avec CO* on a rapidement une atmosphère mixte d'Azj d'O^ et de GO*. Ces changements résultent probablement d'un échange entre les gaz injectés et les gaz du sang des vaisseaux superficiels. Une certaine part revient à la respiration élémentaire des tissus (Nicolas et Rodeti.

Lorsqu'on injecte de Tair dans la plèvre d'un lapin, la diminution du gaz est généralement de 15 centimètres cubes par jour pour les premiers jours; puis

elle se ralentit progressivement. Quand on injecte de Toxygène pur, il s'élimine très activement, si bien que, malgré la pénétration d'une certaine quantité d'azote et d'acide carbonique, le volume tolal du contenu pleural se trouve réduit, au bout de cinq heures, à 20 p. 100 du volume primitif. L'azote s'élimine beaucoup plus lentement. L'acide carbonique, au contraire, s'échappe avec une prodigieuse rapidité, si bien que dans une expérience, de 420 centimètres cubes injectés, il ne restait plus, au bout de six minutes, que 17 centimètres cubes; liO centimètres cubes avaient pu s'exhaler en ce peu de temps, tandis qu'il y avait pénétré 7 centimètres cubes d'azote, et d oxygène. L'hydrogène injecté pur s'élimine aussi très rapidement et pourtant il peut se produire ce fait étrange en apparence, qu'une heure après l'injection on trouve dans la plèvre plus de gaz qu'il n'en avait été introduit. La pénétration de l'azote, de l'oxygène et de Tacide carbonique est, dans ce cas, plus rapide

que l'exhalaison d^hydrogène. La diffusibilité, la solubilité et la pres^âion relative de chacun des gaz sont la cause de la rapidité plus ou moins grande des échanges,

(PoTAiN, exp. sur le lapin). Claude Berxard avait déjà constaté qu'au bout de quatre jours le volume d'hydrogène injecté sous la peau d*un lapin avait été, dans un cas, remplacé par un volume presque égal d'azote. (Leçons île Phys, opérât., 1875. p. 364.;

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