C. - ABSORPTION PAR LES CAVITÉS SÉREUSES
Tous les physiologistes connaissent la faculté d'absorber que possèdent les cavités séreuses (Magendie).
L'introduction dans le péritoine et les plèvres est équivalente à Tintroduction directe dans les veines, à sa lenteur près.
Cette équivalence exige deux conditions (Dastre) :
1** 11 faut que la substance ne modifie pas la paroi séreuse et qu'clle-môme ne soit pas modifiée par celle-ci avant de pénétrer ilans le sang.
2** Il faut encore que le foie n'exerce pas sur celte substance une action élective particulière. L'absorption, en effet, est opérée alors pour la presque totalité par les radicules <le la veinq, porte.
Hamburger a étudié expérimentalement l'absorption par les séreuses (péritoine, plèvre, péricarde). 11 a constaté qu'il se produit un échange d'éléments entre la solution intra-péritonéale (ou intra-péricardique, etc..) et le sérum sanguin. La membrane est perméable ; les solutions deviennent isotoniques, puis, lorsque cet équilibre est obtenu, Ja résorption se produit. L'absorption se fait surtout par les vaisseaux sanguins. Si on lie les artères rénales, elle devient difficile.
La résorption, s'expliquerait d'après Hamblrger, par suite de Vimbibition progressive de la membrane. La membrane elle-même, selon lui, ne parait jouer aucun rôle. En effet, les phénomènes seraient les mêmes, que l'animal soit vivant ou qu'il soit mort; que l'épithélium soit intact ou qu'il soit lésé. Si l'animal est mort, Tisotonie s'établit mais la résorption est très faible; la résorption devient plus énergique si Ton fait passer un courant de sang frais dans les vaisseaux de l'animal.
Gommnnioations de la cavité péritonéale avec les plÀvres. ~ Reckuxc-
HAUSEN a plus particulièrement mis en évidence le passage facile des substances dissoutes ou finement divisées, mais maintenues en suspension dans un liquide, de la cavité abdominale dans la cavité pleurale. Si, en effet, on excise le centre tendineux du diaphragme chez le lapin et si l'on verse une goutte de lait sur la face péritonéale, on constate au microscope que les globules pénètrent dans les lymphatiques sous-pleuraux, à travers les fentes interdineuses du muscle. Le jeu alternatif du diaphragme a pour effet de favoriser le passage dans le thorax (LuDwiG et Schwkigger-Seider). L'abaissement du diaphragme augmente la pression intra-péritonéale et d'autre part exagère Taspîration thoracique. — Les particules solides sont pour une part captées et transportées par les leucocytes qui leur font subir, lorsque cela est possible, une véritable digestion.
Gommanicationa des séreuses avec les lymphatiques canalicnlès. — Il n'existe pas de communications libres et réellement anastomotiques dans le sens vasculaire du mot, entre les voies lymphatiques vraies et les séreuses. On ne trouve que des chemins frayés par les cellules migratrices. Les puits lymphatiques décrits par Ranvier au niveau des fentes intertendineuses de l'assise radiée du centre phrénique du lapin n'ont pas d'autre signification (Renaut).
DYBOvfSKY, Ludwif/s Ai'beiien, 1886. — Lldwig etScHWEiGGER-SEiDER,v4/'6.«iw. desphys. Anst., Leipziff, 1867, I, 174. — Renaut, Traité d'hislol., I. — Reckukghausen, Manuel Htricker (le système lymphatique). — Ussow, Le physiol. russe, I, 144. — Wegntîr » Arch, f. kl'm. chirurg.^ XX, 104, etc.
Absorption des gav, p. 456,457.