‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 188 sur 226 · D. ~ ABSORPTION PAR LES GLANDES · texte numérisé non relu

D. ~ ABSORPTION PAR LES GLANDES

Les glandes absorbent avec facililc les gaz et les substances fixes <iissoutes, ainsi qu'on peut le montrer sur les glandes salivsdres.

Si l'on engage un tube dans le conduit de la glande sous-maxiliaire ou de la parotide d'un chien, d'un côté, et si l'on y injecte de Tiodure de potassium, on retrouve presque immédiatement ce sel du côté opposé. De même, si l'on injecte une solution de curare ou de strychnine, l'action toxique de ces substances se montre très rapidement. Toutes les substances sont absorbées indistinctement. Si Ton injecte de Tair la pénétration est instantanée (C. Bernard).

Le rein est susceptible d'absorber des liquides et des sels. Tlffier a montré que la strychnine introduite sous pression au niveau des voies urinaires intra-rénales, pénètre dans Torganisme et manifeste sa présence par les accidents caractéristiques de cette intoxication.

Hl'ber a étudié avec soin le passage des solutions salines à travers le rein. Les conclusions de cet auteur sont les suivantes :

La résorption de solutions salines introduites dans le bassinet et les tube» urinifères peut être observée. Les liqueurs introduites dans les voies urinaires intra-rénales doivent être soumises à une certaine pression dont la valeur est notablement inférieure à celle qui représente la tension atteinte spontanément par l'urine au niveau du bassinet après ligature ou compression de l'uretère.

La résorption s'effectue avec d'autant plus de rapidité que la pression rénale

est plus élevée. Elle débute à des pressions d'autant plus basses que les solutions salines mises en tension dans le rein sont plus concentrées ; elle s*efTectue avec d'autant plus d'intensité sous une même pression que la teneur saline est plus forte. La tension vasculaire et la vitesse de la circulation du sang n'exercent qu'une influence peu marquée sur la résorption ; néanmoins une augmentation de la pression sanguine élève un peu la limite minimum à laquelle débute le phénomène. Inversement, un abaissement de la tension vasculaire abaisse légèrement cette limite.

La résorption ne s'effectue pas au niveau du bassinet. C'est en amont, dans les tubes uriîiifères, que se produit le passage. (Exp. sur le chien. Emploi de riodure de potassium à 5 p. iOO. Recherche du réactif dans la salive au moyen d'empois additionné de quelques gouttes d'acide nitrique chargé de vapeur» nitreuses).

Rapports avec la sécrétion. — Claude Bernard â prouvé, d'autre part, que lorsqu'une surface exhale elle absorbe moins — — lorsqu'elle absorbe énergiquement elle exhale peu.

Expérience, — Si avant d'injecter dans la sous-maxillaire les substances précédentes on a eu soin de découvrir son nerf et de le mettre en état d'excitation, les accidents ne se produisent plus, mais si on cesse l'excitation on les voit apparaître aussitôt. Pour que l'expérience soit concluante et qu'on ne puisse pas invoquer l'élimination de la substance entraînée par la sécrétion, on a soin de placer une ligature sur le trajet du canal excréteur. (Cl. Ber!«ard).

L'absorption des poisons par la muqueuse gastro-intestinale est plus rapide chez les sujets à jeun que chez les sujets en digestion (Cl. Bernard, exp. avec le curare).

Dans le rein on peut observer simultanément la résorption et la sécrétion : toutefois, les agents qui exagèrent l'activité sécrétoire du rein sans donner lieu à de semblables variations de la pression sanguine, telles que les substances dites diurétiques rénales, exercent une influence considérable sur la résorption. Ils augmentent beaucoup la valeur de la pression minimum qu'il est nécessaire d'établir pour observer le début du phénomène et s'opposent donc puissamment à la résorption rénale (Huber).

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