B. — SOUFRE URINAIRE
Le soufre existe dans Turine sous forme iVacide sulfwnqiie dans les sulfates métalliques et à' acide snlfoconjugué dans les phénolsulfates ; il existe de plus dans certaines substances azotées comme la taurine^ la cysttne. Il y est représenté en somme par trois ordres de corps différents, des sels ordinaires d'alcalis, des éthers de phénols et des substances azotées sulfurées. — Les deux premiers ordres (sulfates et phénolsulfates) représentent ce qu'on appelle le soufre facilement oxydable, et le dernier, le soufre difficilement oxydable de l'urine.
1. Origine du souCre urinaire. — Les corps sulfurés de lurine,, y compris les sulfates pour une bonne part, ne proviennent pas directement des aliments, comme les chlorures; mais se forment dans l'organisme, par la décomposition de certains de ces aliments. Les substances /^ro^eïywes, en se détruisant, fournissent le soufre,, qui s'engage ensuite dans ces diverses combinaisons.
Une partie de ce soufre fixe de ^oxyg^ne, s'oxyde, et donne naissance à de l'acide sulfurique. Cet acide sulfurique, pour une part,, sature les alcalis alimenlaires (chez les herbivores) ou l'ammoniaquo^ provenant de la décomposition de l'albumine (chez les carnivores)- C'est l'origine des sulfates métalliques ordinaires ; pour une autre part, il fixe des corps aromatiques ou phénols, formés dans l'intestin par fermentation microbienne, c'est l'origine des phénolsulfates. L'autre partie du soufre, libérée par la destruction de l'albumine, se trouve avoir résisté ou échappé à l'oxydation, c'est celle que Ton trouve dans la cystine et la taurine. On l'appelle difficilement oxydable parce que,ime fois engagée dans ces corps, on ne la transforme en acide sulfurique qu'artificiellement, en traitant l'urine par des oxydants énergiques.
L URINE. Si9
Sulfates minéraiix et phénol sulfates. — La comparaison des formules rend très clairs aux yeux la parenté de ces corps et leur mode de préparation ou de formation dans l'organisme.
La formule de Tacide sulfurique est SO.H- qui peut s'écrire SO* ) ri»ce qui
indique que Tacide sulfurique (diatomique) peut donner naissance à deux
ordres de sels, les uns acides et les autres neutres, suivant qu'on remplace
un seul ou les deux équivalents d'hydrogène par un métal monovalent.
( Na Nous avons en effet un sulfate neutre de soude SO'Na^ qui peut s'écrire SO* < ^
et un sulfate acide de soude SO*HNa* qui peut s'écrire SO'» j ^ .
En faisant réagir l'acide sulfurique non plus sur un métal mais sur un alcool, on obtient de même deux éthers du même alcool. En faisant réagir l'acide sulfurique sur un phénol on aura, par la substitution du radical C^H^ aux deux atomes d'hydrogène de cet acide ou à un seul de ces atomes :
( C®H* Un sulfate de phényle, SO* ipeHs' ^"^ ®®^ entièrement éther,
Su r6us * ^"^ ^^^ ^ ^^ ^^'^ éther et acide, ou
acide sulfoconjugué qui est l'acide phénolsulfurique.
En substituant dans cet acide phénolsulfurique un atome de soude à l'atome d'hydrogène restant, on a :
Un phénolsulfate de soude, SO^ | ^sus» ^^^ ^^^ ^ ^^ ^^^^ ^^ éther et un sel de
soude.
Ce phénolsulfate est le type d'une série de corps analogues qu'on rattache aux phénols ou corps aromatiques semblables, parce qu'ils ont le même mode de formation dans l'organisme, et, au fond, la même structure moléculaire.
Outre le phénol proprement dit, d'autres corps aromatiques prennent naissance dans Tiniestin, et trouvent à réagir sur l'acide sulfurique formé par l'oxydation du soufre de l'albumine détruite.
Citons le paracrésol qui, en s'unissant à l'acide sulfurique, donne un aciJe paracrésolsulfurique :
le sulfurique. Pt
Et des paracrésolsulfates :
Acide sulfurique. Paracrésol. Acido paracrésol- Eau.
sulfurique.