‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 217 sur 226 · I. — Nerfs urosécréteurs · texte numérisé non relu

I. — Nerfs urosécréteurs

Les méthodes histologiques ne font point connaître de terminaisons nerveuses dans les cellules de l'épithelium rénal ; pas plus du reste que la physiologie ne possède d'expérience qui démontre une action directe du système nerveux sur l'acte sécréteur de ces cellules. Est-ce une raison pour nier cette action? En aucune façon, car il faut se rappeler que jusqu'à une époque rapprochée de nous, cette influence directe des nerfs a été insoupçonnée ou même niée pour toutes les glandes sans exception. L'analogie, mais à la vérité l'analogie seulement, doit nous faire admettre que le rein se comporte comme les autres organes. Il y a de fortes raisons de croire que son activité ne doit pas être livrée à elle-même, mais réglée proportionnellement aux besoins de l'organisme et quant à l'excitation régulatrice et coordinatrice qui lui est nécessaire, comme à tout organe de cet importance, ce n'est pas le sang, mais le système nerveux seulement qui peut la lui fournir.

Anciennes expériences. — Krimkr avait vu, à la suite de la section des nerfs qui vont au rein, Turine devenir albumineuse et plus foncée. Pbipers, Mullek, avaient observé que la ligature temporaire des vaisseaux rénaux (qui interrompt

la continuité des nerfs du plexus rénal en permettant le rétablissement de la circulation) était suivie d'un ramollissement du tissu du rein. Ces faits étaient invoqués comme preuves de l'existence de nerfs sécréteurs urinaires, à une époque où on ignorait lexistence des vaso-moteurs. — La découverte de ces derniers remit tout en question, le phénomène de la sécrétion glandulaire (mais surtout de la sécrétion rénale) pouvant être interprété comme une conséquence des changements de la circulation locale des glandes, dont les vaisseaux obéissent au système nerveux.

Seulement les altérations névrotrophiques du rein sont quelque peu en dehors de sa fonction sécrétoire normale et, du reste, ces faits n'ont pu être retrouvés par les observateurs qui ont cherché à les reproduire (Ra?ivier, P. Bert,

VULPIA?*).

I. Actions vaso-motrices. — Les influences vaso-motrices qui gouvernent la circulation du rein sont faciles à mettre en évidence, au moins en ce qui concerne les constricteurs. Elles ont été mises hors de doute par Cl. Bernard et ultérieurement par Eckhard, KiNOLL, et surtout Vulpian. La section des nerfs du plexus rénal, ou celle de ses origines principales, le grand et le petit splanchnique, produit la congestion du rein. L'excitation de ces nerfs y produit Tanémie. Ces changements sont bien visibles, soit par Texamen des vaisseaux de la capsule extérieure de la glande, soit par celui de la couleur du sang de la veine^ suivant la méthode de Cl. Bernard, soit enfin par les mesures volumétriques inscrites, sous forme de tracés, avec Toncographe de Roy. — Par contre, on n'a point d'expérience bien précise mettant en évidence l'action des vasodilatateurs rénaux.

Cl. Bernard, une seule fois, a vu l'excitation du pneumogastrique déterminer une suractivité circulatoire et l'apparition du sang rouge dans la veine rénale ; cette observation est restée isolée.

IL Modifications de la sécrétion. — Ces changements dans la circulation sont accompagnés de modifications manifestes de la. sécrétion urinaire ; la question est de savoir si ces dernières sont déterminées parallèlement, par des nerfs propres indépendants des premiers et mélangés avec eux, ou si elles sont la répercussion des troubles circulatoire ainsi produits. - L'hypérémie paralytique qui suit la section des nerfs rénaux s'accompagne d'une augmentation de la quantité d'urine sécrétée (hydrurie ou polyurie), parfois même du passage de l'albumine et même du sang dans l'urine (albuminurie, hématurie) (Krimer, Brachet, J. Muller et Peipers, Vulpian).

Origines médullaires. — Ces nerfs vaso-moteurs (et probablement aussi sécréteurs) ont leurs origines principales dans la douzième et la treizième racine dorsale (Bradford).

Centre bulbaire. — Le bulbe rachidicn renferme des centres très importants pour le gouvernement des activités tant vasculaires que fonctionnelles de la plupart des organes viscéraux. La piqûre du quatrième ventricule, faite entre les origines des pneumogastriques, retentit sur le foie en produisant la glycosurie ou diabète temporaire. Cette môme piqûre produit bien plus facilement la polyurie (diabète insipide) qui fait rarement défaut.

On n'a presque aucune donnée sur la nature et le trajet des excitations centripètes qui interviennent dans la régulation de Texcrétion urinaire, en mettant en jeu les nerfs du rein.

Page 1