‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 219 sur 226 · A. — EXCRÉTION 8UD0RALE ; SUEUR · texte numérisé non relu

A. — EXCRÉTION 8UD0RALE ; SUEUR

La sueur est sécrétée par des glandes tubulées et glomérulées à leurs extrémités, les glandes sudoripares. Versée d'une façon apparente par ces glandes à la surface de la peau, quand elle est abondante, elle porte le nom de transpiration] évaporée à mesure de sa production, quand les conditions s'y prêtent, elle porte le nom de persptration insensible ; maintenue dans des limites intermédiaires entre les deux états précédents, elle conserve la peau en moiteur. Le résidu de nature alcaline, qui reste sur la peau du fait de Tévaporation de Teau et de ses principes volatils, donne au revêtement cutané la souplesse qui lui est nécessaire pour ses fonctions.

L Quantité. — D'après Kralse, un adulte excrète par la peau en vingt-quatre heures :

Eau 79lï',00

Matières organiques volatiles 7Grr,58

Sels 2S',66

801ff',24

Ses variations. — Ce chiffre de 800 grammes n'est qu'une moyenne approximative, car les variations quantitatives de cette excrétion sont extrêmement prononcées. La quantité peut augmenter notablement ou tomber très au-dessous de ce chiiïre.

a. Suivant la température. — Ces variations sont liées en premier lieu aux oscillations de la température extérieure, que Texcrétion de la sueur a pour fonction principale de maintenir fixe en nous-mêmes, par un mécanisme compensateur d'absorption de cette chaleur, résultant du fait de l'évaporation du liquide sécrété à la surface de la peau. Elles sont liées de même aux efforts musculaires et à toutes les causes analogues tendant à l'augmentation de la température intérieure.

6. Suivant les régions. — L'abondance de la sécrétion varie suivant les régions de la peau, d'après le nombre et l'importance des glandes qui y sont distribuées. Celles-ci sont nombreuses à la paume de la main, à la plante du pied, à la face, et après ces régions, à la poitrine, à l'avant-bras.

c. Suivant les espèces animales. — Chez les animaux le cheval transpire abondamment, le bœuf, le chat facilement; 1^ lapin, le rat, le chien ne transpirent sensiblement pas. — La région de choix pour l'étude des nerfs sudoripares est la pulpe des régions digitales palmaire ou plantaire, surtout chez le chat, même parfois chez le jeune chien après lavage soigneux de la région, ou encore le groin du porc pourvu de grosses glandes sudoripares.

n. Caractères organoleptiques. — La sueur est un liquide incolore, un peu trouble, de saveur salée et d'une odeur caractéristique due à la présence de produits volatils, qui ne sont pas exactement les mêmes suivant les régions. Son opalescence, bien

visible seulement quand elle est recueillie en masse suffisante, tient à une très faible quantité de graisse émulsionnée, qui lui appartient en propre indépendamment de celle du sébum. — Elle contient encore des cellules épidermiques et de petits corps étrangers détachés de la peau et entraînés par elle, avec quelques rares bacilles, des micro et des diplocoques, etc.. (Arloing).

Odeur. — Son odeur est parfois très prononcée (osmidrose) : Alexandre le Grand, au dire des historiens, aurait eu une sueur d'odeur suave. Plus souvent cette odeur est fétide (bromidrose) et cela suivant des circonstances très variées. Cette fétidité serait liée principalement à la présence de Facide valérianique, de Tammoniaque, accompagnés de leucine, de tyrosine.

III. Réaction. — On admet généralement que la sueur est acide au tournesol, mais il faut admettre des distinctions, la réaction pouvant changer suivant la région considérée, — elle est alcaline dans Taisselle (Donné), — ou suivant la phase de la sécrétion — acide au début, la sueur devient neutre, puis alcaline quand la sudation se prolonge.

Nature des acides de la sueur. — Ce sont évidemment des acides volatils qui donnent à la sueur sa réaction du début, laquelle va s'affaiblissant à mesure qu'ils s'évaporent, en laissant à la surface de la peau leurs bases alcalines qui fmissent par prédominer. Ce sont Tacide carbonique en très petite quantité et des acides de la série grasse (acide caprolque, caprilique, formique, butyrique, propronique, etc.), corps s'éliminant spécialement par la sueur à laquelle ils donnent son oJeur caractéristique. Chez les personnes au poil roux cette odeur exagérée correspond à une acidité augmentée de la sueur.

Les acides fixes sont de quantité extrêmement minime et liés aux mêmes bases, tels que Facide phosphorique (Berthollet), Tacide sulfurique, ou douteux comme Tacide lactique, ou mal déterminé comme Tacide sudorique ou hydrodque admis par Favre.

Fixité de la réaction de la sueur. — Contrairement à Turin e dont la réaction change facilement, suivant le régime (acide chez les carnivores, alcaline chez les herbivores), la sueur conserve sa réaction quel que soit le régime alimentaire, même prolongé (Cl. Bernard, Morriggia, Fubixi etRoNCHi). Mais toutefois elle peut s'alcaliniser par Tingestion des eaux alcalines, en servant de voie d'élimination au sel de Vichy.

Chez les animaux (le chat principalement) on la trouve alcaline dès le début, quand on la fait sécréter par Texcitation des nerfs ou parla pilocarpine (Lu- CHSiNGER et Trumpy). Chcz rhomme elle est acide (au moins au début de la sécrétion) même après lavage soigneux de la peau et enlèvement des acides gras du sébum (Tourton).

IV. Composition. — Dans Texcrétion sudorale Teau tient une place tout à fait prédominante et semble le produit essentiel. C'est au phénomène physique de son évaporation qu^elle doit le rôle si im-

portant qu'elle joue dans la régulation de la température. On y trouve de Turée (L. Wolff, Funke, Picard), des traces d'acides sulfoconjugués, du chlorure de sodium, des sulfates, des phosphates terreux et alcalins, ce qui, à la différence près des proportions, la rapproche de Turine. Ajoutons-y des graisses neutres, qui lui appartiennent en propre, indépendamment de celles des sécrétions sébacées ; de la cholestérine, des acides gras volatils, qui paraissent ses produits les plus spéciaux. — Dans le choléra qui s'accompagne d anurie, Turée peut être si abondante qu'elle cristallise à la surface de la peau.

Élimination par la sueur. — L'excrétion sudorale peut servir de voie d'élimination élective à des substances diverses introduites dans l'organisme, telles que Tacide benzoïque, les acides cinamique, tartrique, succinique. Après l'administration de l'arseniate de fer, l'arsenic passe dans la sueur et le fer dans l'urine. L'ipdure de mercure est éliminé à l'état de chlorure, l'iode passe dans la salive, le bichlorure est au contraire éliminé en nature. Le glycose s'y rencontre chez les diabétiques; plus rarement l'acide urique chez les goutteux, la cystinechez les cystinuriques, l'albumine dans le rhumatisme aigu, le butyrate de chaux dans la fièvre intermittente, l'acide lactique dans la fièvre puerpérale.

Composition de la sueur, d'après divers auteurs (tableau emprunté à A. Gautibk).

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