DIVERS
En poids
En volume
Autant qu*on a pu les vérifier, ces chiffres sont constants à toutes les latitudes, à toutes les altitudes. Des analyses ayant été faites sur de i air recueilli dans les principales villes d'Europe, en plaine, en montagne (sommet du Pichincha), au-dessus des mers, etc., les mêmes nombres ont été retrouvés.
Dans la succession des temps, l'atmosphère, depuis sa constitution, a dû s*enrichir de certains gaz et s'appauvrir de certains autres. Et il est à supposer que pour lentes qu'elles soient, ces modifications continuent, rien n'étant fixe autour de nous comme en nous-mêmes. Mais dans l'évolution du globe, l'Age de l'humanité ne compte que pour une fraction minime, et dans cet âge même le temps écoulé depuis les premières analyses exactes n'est qu'un point. En fait, on n'a trouvé jusqu'ici aucun changement appréciable dans la proportion de l'oxygène et de l'azote, ce qui fait dire que la composition de l'air est fixe et constante à tous points de vue.
Ozone. — L'ozone est un état allotropique de l'oxygène, résultant de la condensation de ce corps qui, en s'unissant à lui-même, forme comme un oxyde d'oxygène. Une molécule d'ozone occupe deux volumes, c'est-à-dire un volume égal à celui de deux atomes d'oxygène pris à l'état ordinaire; mais cette molécule contient sous ces deux volumes trois atomes de ce dernier corps, sa formule est par conséquent 0^. C'est ce qu'on voit en détruisant l'ozone par la chaleur; les deux volumes d'oxygène en se séparant occupent trois volumes, et la quantité du gaz augmente de moitié.
1 vol. Ozone renfermant 3 atomes
1 vol. Oxygène renrermaot
2 atomes
Propriétés ; rôle dans l'atmosphère. — L'ozone est un oxydant très énergique à l'égard de beaucoup de corps et en particulier des matières organiques, qui! décompose. Sciioenbein lui a attribué la destruction des gaz méphitiques et des miasmes, et par là même uneinfluence réelle sur la santé publique. Seulement, cette destruction est réciproque, et les matières organiques qui flottent dans l'air au-dessus des grands centres habités, sont souvent assez abondantes pour le faire disparaître et limiter par là même son action épuratrice de l'air. On a cru constater, en effet, une certaine relation entre la diminution ou Tabsence d'ozone dans l'air, et les maladies épidémiques (choléra, dysenterie, fièvre intermittente). Les dosages que Ton en a pu faire, à l'aide de méthodes assurément encore peu parfaites, le montrent plus abondant en rase campagne que dans les grandes agglomérations humaines.
A. Levy a constaté qu'à Montsouris, qui se trouve au sud de Paris, il y a beaucoup moins d'ozone dans l'air quand le vent vient du nord ou du nord-est en traversant la ville, que lorsqu'il souffle du sud ou du sud-est.
Ce serait, au dire de quelques-uns, un antiputride énergique. Diaprés Schroe- DER, les matières animales ne se putréfieraient pas dans un air contenant roooôôô d'ozone; mais cette action a été niée par d'autres (Christmas).
Productioii. — L'ozone se produit quand on fait passer dans Fair des décharges électriques sous forme d'étincelle (décharge disruptive) ou d'effluve (décharge froide). Dans lalmosphère, où il n'existe du reste jamais qu'en quantité excessivement faible, il se produit dans les temps d'orage, et se reconnaît à son odeur particulière alliacée (o^w, je sens;.
Les matières organiques, lorsqu'elles s'oxydent lentement, sont également susceptibles de dégager une petite quantité d'ozone.
Constatation et dosage. — Les procédés usuellement employés pour le constater ou le doser sont fondés sur la propriété qu'il a de décomposer l'iodure de potassium ; la quantité d'alcali formé est supposée proportionnelle à l'ozone qui a réagi.
Argon, métargon, néon et crypton. — Le gaz qui, après séparation de l'oxygène, de l'eau, de l'acide carbonique,... reste dans l'air atmosphérique, n'est pas uniquement de l'azote, comme il était admis jusqu'à ces dernières années. La densité de ce gaz, comparée à celle de l'azote évidemment pur qu'on retire des combinaisons azotées, pouvait déjà faire soupçonner son mélange avec des corps gazeux autres que lui-même.
Lord Raylegh et \V. Ramsay ont démontre l'existence de plusieurs de ces corps nouveaux. — En combinant l'azote atmosphérique avec l'oxygène par le moyen de décharges électriques répétées, pendant que le composé azoté se dissout dans la potasse, ils ont obtenu un résidu réfractaire à toute combinaison, soit avec l'oxygène, soit avec la plupart des métaux, qui est en grande partie r«rgo?i, gaz plus dense que l'azote et notablement plus soluble dans l'eau.
Méthode de séparation. — Ce résidu lui-même est un mélange dans lequel l'argon domine, mais d'où on a réussi à séparer trois autres corps caractérisés par des spectres particuliers, à savoir le mêtargon, très semblable à l'argon, le cinpton et le néon. Ces corps ont pu être isolés tant bien que mal les uns des autres (Rahsay et Travers), en utilisant leurs points de solidification, de fusion et de volatilisation correspondant à des températures très basses, mais différentes pour chacun d'eux. L'air est en ell'et liquéfiable et se prépare comme tel industriellement.
La présence de ces corps a été démontrée dans l'atmosphère d'une façon rigoureuse; ils y occupent une place non négligeable; ils n'y sont point à l'état de traces comme l'acide carbonique; leur proportion y est constante (ScllLŒSI^G) ; leur solubilité dans l'eau fait qu'on les retrouve dans le sang et les humeurs de l'organisme, à coté de l'azote, comme dans l'air atmosphérique (Schloesisg et Regnard). Néanmoins, il ne sera rien changé à l'ancienne habitude de compter sous la dénomination commune « d'azote » le résidu gazeux qui, dans les analyses, occupe l'éprouveite après absorption de l'acide carbonique, de l'oxygène et de la vapeur d'eau.
11 est, en effet, démontré que ces corps nouveaux n'entrent point dans les combinaisons qui forment les substances organiques (Mac Donald et Rillas); ih ne jouent aucun rôle en physiologie. Et si on prend le mot « azote >> tout à fait à la lettre, ce mot s'appliquerait mieux encore à ces gaz eux-mêmes qu'à l'azote proprement dit : car si ce dernier gaz est impropre sous sa forme simple à alimenter la vie des animaux, il n'en est pas moins un des corps indispensables à tous les êtres vivants sans exception. Certains d'entre eux savent le prendre à
LES MILIEUX EN PRÉSENCE; L'âIR ET LE SANG. 15
Tatmosphère pour en former des combinaisons que les autres se transmellent à des états divers de simpliOcation ou de complication, jusqu'à ce qu'il fasse retour à Tatmosplière.
Hélium. — A ces corps il faut ajouter Vhelium, dont l'analyse spectrale avait décelé déjà lapréscnce dans le soleil etquiexiste d'autre part en combinaison dans un minerai, la clévéite; on Ta trouvé également dans certaines eaux minérales.
2® Gaz dont lapréscnce est constau teintais les proportions variables, — Ce sont Vacide carbonique et la vapeur d'eau.
I. Acide carbonique. — I/air,(runc façon constante, renferme de l'anhydride carbonique dans la proportion de i à 6 dix-millièmes. Au-dessus de ce chiffre, Tair peut être considéré comme présentant déjà un léger degré de vicialion. Cette altération commenrante, ou plus ou moins accusée, peut s'observer dans nombre de circonstances, parmi lesquelles la respiration animale d'une part, et rhommepar ses industries multiples d'autre part, comptent comme des facteurs considérables. Par elles seules, elles sont assez importantes pour que le problème se pose de savoir si Tal té ration de l'atmosphère ne peut pas à la longue devenir totale, ou s'il est des influences inverses compensatrices qui la corrigent.
Ses sources. — Les sources de Tacide carbonique sont multiples. Les unes sont, si on peut dire, vitales ; elles sont représentées par la quantité d'acide carbonique rejeté dans Tair, du fait de la respiration des animaux. Chaque homme adulte excrète environ ioO litres d'acide carbonique en vingt-quatre heures. Sa production annuelle est d'environ 160 mètres cubes multipliés par la population du globe; ce chiffre donnerait entre 200 et 300 milliards de mètres cubes d'acide carbonique. Les autres sont industrielles et sont encore indirectement le fait de l'homme. Le bois, les huiles, le pétrole, la houille (200 millions de tonnes par an) sont brûlés en grande quantité, et jettent dans l'atmosphère une masse d'encore 200 à 300 milliards environ de mètres cubes d'acide carbonique par an. — Enfin, il en est de tetluriques (volcans en ignition, cavernes, eaux chargées d'acide carl)onique qui le laissent évaporer). D'après un calcul déjà ancien de Pogciendorff, l'acide carbonique devrait doubler tous les qualre-vingt-six ans, .si rien ne venait compenser sa production.
Celte accumulation de l'acide carbonique dans l'air est contrebalancée par une série de causes qui agissent en l'absorbant ou le détruisant à mesure de sa formation, et ces causes elles-mêmes sont diverses, comme on verra.
IL Vapeur d'eau. — Sauf dans ses très hautes régions, l'air contient constammentde l'eau à l'état de vapeur. Lorsque celle quantité
vient à dépasser le degré à partir duquel Tair en est saturé, cette vapeur se condense en particules extrêmement fines qui, suspendues dans l'air, donnent naissance à la brume ou au bronillard^ tels qu'on les observe surtout en hiver, ainsi qu'aux nuages visibles, même en été, dans les hautes régions de l'atmosphère.
Pour une même température, la quantité maxima de vapeur d'eau tenue en dissolution dans l'air est naturellement invariable, et cette quantité peut être relevée sur des tables, pour un volume donné d'air, à chaque température déterminée. Mais si la température vient à changer, la quantité saturante varie avec chacune de ces deux conditions. C'est ainsi que, dans un jour d'été, l'atmosphère absolument transparente peut contenir une quantité de vapeur aqueuse assez grande, sans trace de saturation de celle-ci, alors qu'en saison d'hiver une quantité moindre (pour un volume donné) se traduira par un brouillard intense.
État hygrométrique. — Fraction de saturation. — On appelle état hygrométrique de l'air, pour une température donnée, le rapport entre la quantité ou la tension actuelle de la vapeur d'eau à cette température^ et la quantité ou la tension qu'aurait cette vapeur à la même température^ si elle était saturée. Ce rapport, plus petit que
l'unité, s'exprime par la fraction ^ ou encore ^ , / indiquant la
force élastique ou tension en millimètres de mercure, et p le poids ou quantité de vapeur d'eau, à un moment donné, existante dans l'air, à une température donnée ; F indiquant d'autre part la force élastique également en millimètres de mercure, et P le poids de cette vapeur quand elle est saturante, à la même température.
La valeur de /?, qui est le nombre de grammes d'eau par mètre cube, est liée à la valeur de f qui est le nombre de millimètres de mercure exprimant la tension de la vapeur d'eau, par la formule suivante :
p=1293gr.xO,G22-^X-; ^
ou
lgf,058 ^~1 +0,00367. t^''
En supposant la température t oscillant entre des nombres supérieurs à zéro et pas très élevée, la valeur de p est sensiblement celle de /, et peut être prise pour elle ou réciproquement.
Dosage des gaz de la respiration. — Le physiologiste et Thygiéniste ont souvent à se préoccuper de la composition des atmosphères plus ou moins modifiées, dans lesquelles vivent Thomme et les animaux, sujets de leurs observations
ou de leurs expériences. — Pour le physiologiste surtout, ces épreuves doivent souvent être multipliées en séries, quand il veut déterminer le sens et la nature des phénomènes qui correspondent à ces variations. — Aussi s'est-on efforcé de perfectionner Tanalyse eudiométrique, de manière à la rendre à la fois rapide et précise, à Taide d'appareils appropriés à la nature et à la quantité habituelle des échantillons prélevés, dans i*étude soit de Tair, soit du sang. L'acide carbonique est absorbé par la potasse ; l'oxygène par l'acide pyrogallique en solution alcaline ou par le phosphore humide; Tazote avec les autres gaz résiduels est dosé par différence. Des tables indiquent les corrections à faire pour ramener ces mesures à la température 0^ et à la pression îô'^^'s.
Si on soupçonne la présence de gaz non habituellement présents dans le sang et l'air, ils doivent être recherchés à part, à l'aide des méthodes usuelles en pareils cas.
Tantôt Vappareil mesureur (dans lequel a été recueilli le mélange gazeux) sert de laboratoire aux différentes opérations de l'analyse; tantôt le mesureur et le laboratoire sont distincts dans l'appareil, et le mélange est conduit de Tun à l'autre par un jeu de robinets, combiné à des appels et à des pressions réalisés au moyen d'un réservoir mobile de mercure, qu'on abaisse ou qu'on élève (GiiauvEAU, Laul.\mé) (fig. îj).
Fig. 4. — Seringue ffradue'e pour les prises de sang dans les vaisseaux.
3* Gaz ou corps divers dont la présence nest pas constante. — L'atmosphère est le réservoir commun où se déversent tous les gaz qui ne trouvent ni à se dissoudre, ni à se combiner. Non seulement la respiration et les combustions, mais les putréfactions et les fermentations diverses y rejettent des gaz tels que le formène ou gaz des marais (grisou de la houille), Vhydrogène sulfuré., le sulfhydrate A' ammoniaque. Les combustions incomplètes y versent de V oxyde de carbone., les volcans y dégagent de Yacide sulfureux. L'industrie le corrompt de diverses manières (vapeurs iVacide sulfurique).
Viode trouvé dans les eaux pluviales semblerait indiquer que l'atmosphère en contient une certaine quantité . Seulement cet iode n'y existeniàTétat de vapeur, ni à Tétat d'iodure, mais sous forme lixe et insoluble dans Teau, probablement dans des algues, des lichens, des mousses, etc.. soulevés par les vents. La provenance de ces corps organiques iodés (sans exclure la surface terrestre) serait surtout le plankton^ immense réseau d'infusoires vivant à la surface de la mer :
1000 litres d'air à Paris contiennent.
— — — à la mer —
0mmg^0013 d'iode
Ommg^OlO? —
soit environ trois fois plus à la surface de la mer que dans Tair de Paris (A. Gautiçr).
MoRAT et DoYOR. — Physiologie. IV. — 2
^ammoniaque existe dans l'air principalement à Tétat de carbonate, d'azotate ou d'azotite, sous forme de poussières ténues qui y sont suspendues et dispersées par les vents. Son origine est diverse :
Fig. 5. — Eudiomètre double à phosphore de Laikaxié.
inm, tubes mesureurs avec dilatations ampullaires aa\ o, zéro de la 'graduation ; //, anses de communication reliant les tubes mesureurs à la cuvette mobile G ; l't\ anses de communication reliant les tubes mesureurs aux robinets à trois voies RR faisant la rommunication soit avec le récipient, contenant le mélan^re gazeux, soit avec Textérieur pour chasser les gaz après analyse; R', R', robinets mettant en communication individuellement chaque mesureur avec sou laboratoire après l'appel du mélange gazeux a analyser; KO, laboratoire à potasse (1/5) pour CO* ; Ph, laboratoire rempli de phosphore rouge baignant dans l'eau pour absorption de l'oxygène ; w/i, n*n\ niveaux; bb, réservoirs pour le surplus du liquide déplacé dans les manœuvres.
la mer en laisse passer dans l'atmosphère de petites quantités, en vertu de la tension élevée de ce corps. Les décharges de la foudre donnent naissance à de petites quantités d'azotate et d'azotite d'ammoniaque.
Éléments solides en suspension. — L'air dans ses régions basses contient en suspension une foule de corps légers minéraux
OU organisés : poussières diverses, fins globules de fer météorique reconnaissablesau microscope ; particules charbonneuses ou terreuses (carbonates, phosphates, silex, etc.). Les corps organisés sont les uns des débris morts (brins de chanvre, soie, laine ou coton; substances d'origine végétale ou même animale) ; les autres vivants (pollens de végétaux de formes extrêmement diverses, fructification de cryptogames, spores diverses, bactéries, microorganismes de toute nature et de toute provenance).
La répartition de ces poussières est très inégale suivant les lieux, les altitudes, les saisons, les différentes circonstances météoriques qui agissent sur Tatmosphère.
C. — ORIGINE ET CIRCULATION DE L'ACIDE CARBONIQUE ET DES PRINCIPAUX GAZ COMPOSANTS DE L'AIR.
L'eau, Tacide carbonique, roxygène,rcizote, circulent de l'atmosphère à la terre et réciproquement, en passant plus ou moins par les êtres vivants. Dans cette circulation, ces gaz entrent dans des réactions multiples, qui les fixent ou les isolent, les font ou les défont successivement ; si bien que ces opérations inverses arrivent à se compenser et à rétablir, par leur ensemble, Téquilibre de l'atmosphère menacé par chacune d'elles. Le cycle de l'acide carbonique (mieux vaudrait dire du carbone) a été le premier bien saisi dans ses grandes lignes. Celui de l'azote est de connaissance plus récente ; il est aussi plus compliqué.
/. — Cycle du carbone.
Priestley a le premier observé le contraste qui existe entre les animaux et les végétaux, dans la façon dont les uns et les autres modifient la composition de l'atmosphère. Après avoir constate que Tair d'un espace clos est également vicié par une chandelle qui brûle ou un animal qui respire, il voulut voir comment se comporterait une plante dans ce milieu altéré. Un pied de menthe qui y fut placé, loin d'y périr, prit une vigueur extrême, et l'air y était redevenu propre à entretenir la flamme d'une chandelle ou la respiration d'un animal.
Il y avait eu régénération de l'atmosphère. En transportant à l'air atmosphérique ce qui se passait dans ce vase clos, on assistait à un balancement harmonique des deux règnes vivants que FraiNcklin et Pringle furent les premiers à signaler. Toutefois l'expérience donna à Priestley des résultats souvent contradictoires qui le jetèrent dans
(le grandes perplexités. La condition déterminante et Texplication du phénoaifine, aussi bien que sa signification véritable, ne furent dégagées que peu à peu.
Conditions déterminantes. — i!>(GEL%Hoi'zz 1887; nota Tinfluence de la radiation solaire comme condilion nécessaire de la régénération de l'air par les plantes, après sa viriation par les corps en combustion et les animaux.
Senebieb fit voir que Vorigine de V oxygène est dans Tacide carbonique de lair.
Th. de Sacsscre fi 804) vit que le dégagement d oxygène manque chez les plantes en germination, c'est-à-dire dépourvues de parties vertes . et qu^îl y a chez elles exhalation d'acide carbonique comme chez les animaux.
Boi'ssi^G\CLT insista sur le rôle de ces parties vertes ou autrement dit de la chlorophyUc qui, elle aussi, eH un facteur essentiel dans la réduction de Tacide carbonique.
Boussi!(G.iULT etDciLis, dans leurs belles études de statique chimique, fixèrent les traits principaux qui distinguent le règne végétal du règne animal et, à l'exemple de Fra^klix, insistèrent, en les précisant davantage, sur le rôle et la fonction inverse de chacun d'eux dans les transformations du milieu cosmique, ainsi que sur l'équilibre qu'ils y maintiennent.
Respiration des plantes. — Le dualisme que l'expérience de Prieslet avait introduit dans le règne vivant, en dotant les animaux et les végétaux de fonctions respiratoires inverses et antagonistes l'une de l'autre, est en somme contredit par Texpérience. Celle-ci en réalité nous montre, suivant la présence ou l'absence de la lumière ou de la chlorophylle ou des deux, la plante exhalant tantôt de Toxygène et tantôt de l'acide carbonique.
Garre4L-, Svciis concluent, chacun de son côté, que cette alternance n'est qu'apparente, et qu'elle n'est que la résultante d'un phénomène plus complexe. En réalité, il y a coincidence de deux ordres d'échanges, mais avec prédominance tantôt de t^un, t'intôt de C autre.
Cl. Bernard fait voir comment toutes ces données se concilient avec les lois générales de la physiologie. — Le dualisme de la fonction d'échange, le balancement harmonique qui rétablit l'équilibre troublé du milieu, sont des phénomènes d'ordre cosmique^ mais nullement physiologiques au fond. Us sont la conséquence nécessaire des relations si différentos qui, dans les deux grandes divisions du règne vivant, s'établissent entre les individus et le milieu. Mais, pour reconnaître les lois de la physiologie, il faut considérer non pas les individus, si infiniment diversifiés dans leur aspect et leurs fonctions extérieures, mais leurs éléments composants, les cellules, dont le type fonctionnel est sensiblement uniforme. La respiration, comme tous les actes principaux de la nutrition, est au fond la même dans toutes les cellules, qu'elles soient végétales ou animales.
Des deux échanges qui se font entre la plante et Tatmosphère, un seul mérite le nom de respiration^ c'est celui qui se fait chez le végétal comme chez lanimal, en absorbant Toxygène de lair et en lui rendant de Tacide carbonique. II est continu et s'opère à Tombre comme à la lumière. L'échange inverse est discontinu, il est particulier aux êtres pourvus de chlorophylle, il n'a lieu que sous Tin-
fluence de la radiation solaire : il n'a rien de commun avec la respiration; c'est un phénomène, à proprement parler, de nutrition^ c'est-à-dire d'assimilation.
Fonction chlorophyllienne. — La respiration résulte d'une oxydation ; c'est une réaction exothermique, c'est-à-dire dégageant de l'énergie. — La réduction de Tacide carbonique par les plantes vertes est au contraire une réaction endothermiqiie qui consomme de Ténergie. Cette énergie est fournie par la radiation solaire. La fonction de la chlorophylle est d'adapter celte énergie à la réalisation de l'opération chimique, qui réduit le carbone de l'acide carbonique et le fixe sur l'eau et d'autres corps, pour faire la synthèse des hydrates de carbone et de diverses substances de réserve, que la plante accumule dans ses cellules. De ce fait, l'oxygène est rendu à l'atmosphère.
n, — Cycle de Foxygène,
Grâce à la fonction chlorophyllienne, il se fait ainsi une rotation du carbone qui va de ratmosphère aux végétaux, des végétaux aux animaux et de ceux-ci à V atmosphère, et parallèlement une rotation de r oxygène qui va de ratmosphère aux animaux, des animaux à r atmosphère, sous forme d'acide carbonique dont les végétaux restituent l'oxygène à l'atmosphère. Le rôle de la chlorophylle parait tout à fait essentiel dans le jeu de ces transformations périodiques, qui font resservir les mêmes substances à la nutrition et à la reproduction indéfinie des êtres, sans épuiser ni vicier le milieu qui les nourrit.
Transformations parallèles de l'énergie. — Ces mutations en quelque sorte sur place de la substance terrestre et atmosphérique sont connexes de transformations parallèles de l'énergie. Le grand réservoir de celle-ci n'est pas, pour nous, dans notre globe, mais dans le soleil, où elle s'est accumulée à l'origine, lors de la chute des matériaux de notre nébuleuse vers le centre du système solaire. Présentement elle se disperse dans l'univers sous forme de radiations calorifiques et lumineuses.
Fonctions énergétiques inverses des deux branches du règne vivant. — Les végétaux qui couvrent la surface du globe et interceptent ces radiations, absorbent partiellement leur énergie et la maintiennent en eux à l'état potentiel. Ils la livrent aux animaux avec les substances qui leur servent d'aliments, et ceux-ci la dispersent à nouveau sous forme de chaleur ou de travail mécanique. Le règne vivant n'en crée point ni n'en détruit, mais, placé sur le courant principal qui la disperse en dehors de notre système.
22 LE CONFLIT EiNTRE L*A1R ET LE SANG.
il a simplement le pouvoir de la retenir pour ne la laisser se disperser à nouveau qu'à son gré, suivant le but qu'il poursuit.
Anciennes provisions. — Certains végétaux fossiles, tels que la houille^ sont d'autre part, comme on sait, des réservoirs considérables de cette énergie, lesquels seraient (vu leur nature) perdus pour le règne vivant, si Thomme n'avait su les faire servir d'aliments aux machines que son génie a créé et qui, construites (bien que plus simplement) suivant les mêmes lois que la machine animale, sont comme des prolongements extérieurs de ses propres organes.
Distinction fondamentale. •— Avoir de l'énergie à sa disposition et pouvoir la dépenser au moment voulu, suivant ses besoins, voilà la condition première de toute fonction de l'être vivant, et comme le secret de son organisation. la distinction de deux espèces d'énergies, Vune actuelle (qui se dépense). Vautre potentielle (qui se réserve), et la transformation de lune dans l'autre et réciproquement, est à la base même de la physiologie et constitue la plus fondamentale de ses divisions.
Origine de Toxygëne. — L'action chlorophyllienne qui règle, comme on a vu, la composition de l'atmosphère, serait loin d'avoir dans les temps actuels la même intensité qu'elle avait à l'apparition des végétaux sur la terre. — On admet qu'à son origine l'atmosphère contenait une proportion d'oxygène beaucoup plus faible que maintenant, et inversement une très grande quantité d'acide carbonique. L'origine de l'oxygène atmosphérique serait due en grande partie à l'action réductrice des végétaux sur cet acide carbonique qui a, peu à peu, disparu pour ne rester qu'à l'état de traces dans l'air (Phipson).
Rôle contingent de la chlorophylle. — D'autre part, la chlorophylle, qui a un rôle si considérable dans l'assimilation nutritive des plantes, n'est point absolument indispensable, si on fournit le carbone au végétal par une autre voie et sous une forme appropriée.