‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 30 sur 226 · III. — Cycle de ï azote · texte numérisé non relu

III. — Cycle de ï azote

L'azote des êtres vivants provient de Tatmosphère, comme leur carbone et comme leur oxygc^ne, mais par des voies bien plus détournées.

Étapes successives. — i"" De fair au sol. — Ni les végétaux, ni les animaux en effet n'ont le pouvoir de fixer directement Tazote de Tatmosphère. Ce pouvoir par contre appartient aux microbes du sol, lesquels, par voie de synthèse, élaborent activement avec cet azote les substances albuminoïdes d'où provient Yhiimus^ substance complexe, encore mal déterminée, consistant surtout en corps amidés. L'humus du sol représente ainsi, après l'atmosphère, une deuxième réserve azotée dans laquelle les plantes peuvent directement puiser, et qui se reconstitue à mesure de son épuisement, par la fixation de l'azote atmosphérique dans le sol.

2° Du sol aux végétaux. — L'humus, par sa décomposition, fournit de l'ammoniaque et celle-ci, en s'oxydant, donne de l'acide azoteux,

puis «le Tacide azotique, toutes transformations qui sont opérées par des ferments spéciaux. C'est en effet sous forme de nitrates principalement que Tazote est absorbé par les plantes, qui en tirent (de nouveau par voie de synthèse) leurs substances albuminoïdes.

3*° Des végétaux aux animaux, — Ces substances albuminoïdes végétales, lorsqu'elles sont détruites par putréfaction, combustion ou fermentation des végétaux, livrent de nouveau leur azote à ralmosphère. Lorsqu'elles sont ingérées par les animaux, elles sont ramenées par ceux-ci à Tétat d'urée, puis rapidement, au contact <les^ferments, à Tétat de carbonate d'ammoniaque, susceptible de rentrer de nouveau dans le cycle, par la conversion de Tammoniaque en acide nitrique.

4* Des animaux à Cair, — Lorsque enfin les animaux eux-mêmes, après leur mort, sont ramenés, par l'action des ferments microbiens, à leurs éléments premiers, Tazote est finalement rendu à l'atmosphère, après avoir accompli son cycle complet.

Ce cycle, comme on voit, n'est pas uniformément ascendant puis descendant, il est, dans son ensemble, compliqué d'opérations ou transformations inverses qui, après avoir édifié des substances complexes, les détruisent à nouveau, pour en réédifier d'autres et les redétruire. De plus, il ne suit pas nécessairement les étapes successive? plus haut indiquées, mais il est en partie interrompu par des cycles partiels ou plus courts, qui se ferment sur eux-mêmes de l'une de ces étapes à telle ou telle autre, comme il arrive lorsque les débris végétaux ou animaux servent d'engrais, sans que l'azote repasse par lair.

Son déplacement de l'air & l'Océan. — Enfin ce cycle n'aboutit pas à une compensation entre l'azote emprunté et Tazote rendu à l'atmosphère. Au cours de sa deuxième étape, l'azote se trouve dans le sol sous une forme extrêmement soluble (les nitrates), que les pluies entraînent dans les cours d'eau et finalement dans la mer, sans que celle-ci puisse le rendre, au moins directement, à latmosphère. La quantité totale de l'azote atmosphérique va donc, de ce fail, en décroissant lentement, pendant que celle de l'Océan s'augmente d'autant peu à peu.

L'atmosphère fait équilibre, comme Ta vu le premier Toricelli, à une pression barométrique qu'on évalue moyennement à 76 centimètres de mercure à la surface de la mer. Ainsi que Ta démontré de son côté Pascal, cette pression va décroissant avec laltitude des lieux. Parmi les conditions dont nous avons à examiner Tinfluence sur les êtres doués de vie, la pression barométrique de l'atmosphère est une des plus importantes à connaître.

1. Lieux habités. — La surface habitable du globe est en efl'et

représentée soit par des plaines peu élevées au-dessus du niveau de rOcéan, soit par des massifs montagneux dont certains sont couronnés par des plateaux étendus situés à de grandes altitudes, sans parler des sommets les plus élevés qui sont restés jusqu'ici inhabités et quelques-uns inaccessibles.

Conditions de l'habitat dans toutes ces régions. — Le règne vivant, le règne animal, la race humaine, ont envahi peu à peu les lieux propices à servir d'habitats. Leur expansion a été limitée surtout par la condition de température et celle-ci est gouvernée, comme on sait, à la fois par la latitude et par Taltitude. La zone dite tempérée est celle que Thomme préfère. Les froids du pôle le rendent pour lui inhabitable ; de même les chaleurs torrides de Téquateur restreignent son activité.

Influence combinée de la latitude et de Taltitude. — Toutefois, dans certaines régions voisines de Téquateur où existent de hauts plateaux, tels que ceux de TAmérique centrale, Taltitude corrige, dans une certaine mesure, ce désavantage de la latitude, et contribue à rendre tempérées des régions appartenant à la zone torride. Mais, dans ces régions mômes, l'expansion de la race humaine se trouve de nouveau limitée par une condition restrictive, ilépendant, elle aussi, de Taltitudc. Cette condition n'est autre que la pression barométnque.

11. Influence de la pression barométrique. — Lorsque celte pression s'abaisse (à mesure que Taltitude croît) au-dessous d'une certaine limite, variable du reste suivant les espèces, les races, les individualités, la vie se trouve compromise. Dès qu'elle est dépassée, l'homme et les animaux qui vivent d'ordinaire avec lui sont exposés à des accidents pénibles, qui ne sauraient se prolonger longtemps sans danger pour leur existence. A cette limite môme, ou dans son voisinage plus ou moins immédiat, l'imminence de ces accidents leur crée un tempérament particulier : ainsi que Ta remarqué pour la première fois Jolrdanet, avec tant de sagacité, ces ôtres sont dans un état permanent iVanoxi/hémie,

Presaioîti

r hnrfnnéiriques et altitudes tfe quelques lieux (d'après Jolrdakbt et P. Bbbt).

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