‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 37 sur 226 · E. — MÉCANISME DE L'ÉCHANGE DES GAZ. FORCES QUI Y PRÉSIDENT · texte numérisé non relu

E. — MÉCANISME DE L'ÉCHANGE DES GAZ. FORCES QUI Y PRÉSIDENT

Dans le poumon, Tair et le sang sont séparés par une mince membrane, que Toxygène et Tacide carbonique traversent en sens inverse. Une question très disculée est celle de savoir si cette membrane, recouverte d'éléments cellulaires de nature épithéliale, intervient par des activités propres dans le transport de ces gaz ou si elle se laisse simplement traverser par ceux-ci : en d'autres mots, si elle est ac/Zu^ ou si elle est passive dans le phénomène de l'échange. C'est cette dernière opinion qui a jusqu'ici plutôt prévalue. — Si cette membrane ne joue, dans le phénomène en question, d'autre rôle que celui d'une résistance, faisons-en abstraction et demandonsnous quelle est alors la force qui intervient pour produire ce double courant. Cette force est, dans l'hypothèse généralement admise, uniquement celle qui écarte les molécules des gaz, jusqu'à ce que celles-ci soient maintenues par une pression de sens opposé équivalente à la leur : la force de diffusion,

Diffasion. — Tout gaz a une tendance à occuper tout l'espace qui lui est laissé et dans lequel il fait régner une pression proportionnelle à sa densité. Si cet espace contient déjà un autre gaz, le nouveau gaz introduit diffusera à travers les molécules du premier, de manière à occuper tout l'espace, jusqu'à ce qu'il exerce une pression uniforme en tous points. Si cet espace est partiellement occupé par un liquide, le gaz pénétrera entre les molécules de celui-ci jusqu'à ce que, dans ce liquide, sa tension se soit égalisée avec celle qui règne dans le reste de l'espace. L'envahissement de l'espace, à travers les gaz ou les liquides, se fait en vertu de la différence de la tension partielle du gaz considéré dans les divers points de cet espace. C'est ce qu'on admet exister entre l'air et le sang pour l'oxygène, et entre le sang et l'air pour l'acide carbonique. On se fonde pour l'admettre sur ce que la tension de l'oxygène est plus grande dans Tair alvéolaire que dans le sang pulmonaire, et la tension de l'acide carbonique plus grande dans le sang que dans l'air alvéolaire.

J. — Tension partielle des différents gaz dans l'air alvéolaire.

Déterminer la tension partielle des gaz composant un mélange gazeux revient à faire connaître la composition centésimale de ce mélange (à une pression barométrique donnée). Cette tension partielle ou cette composition centésimale n'est pas en effet la même au fond des alvéoles qu'à Tentrée des voies respiratoires. On en comprend facilement la raison : quelque régulier et quelque actif que soit le renouvellement de Tair dans le poumon, Tacide carbonique qui s'échappe du sang, en s'échangeant constamment contre de l'oxygène, à travers la paroi des alvéoles, modifie forcément la proportion des composants du mélange gazeux, dans le fond de la cavité ouverte où s'effectue rechange. L'azote ne change sensiblement pas, mais il n'en est pas de même des tensions de l'oxygène et de l'anhydride carbonique. Quelle est exactement la composition de cet air profond dans lequel réellement nous respirons? Nous pouvons l'apprécier par des moyens indirects. On a cherché d'autre part à l'évaluer directement par analyse de cet air, après son déplacement dans un eudiomètre.

Moyen direct. — Expériences. — P. Bert, en déplaçant brusquement l'air pulmonaire dans un espace rigide, où le vide avait été fait d'avance, trouva à l'analyse la composition suivante pour 100 parties de gaz total :

Asote 79; Oxygène 11 à H ; Acide carbonique... 5à8

Ces chiffres, qui expriment la proportion des gaz, expriment également la pression de chacun d'eux si on prend pour unité le centième d'atmosphère. Traduites en millimètres de mercure, ces tensions seraient pour l'oxygène 83 à 106""***, et pour l'acide carbonique 38 à GO""*"*^. Les nombres trouvés par P. Bert diffèrent de ceux trouvés par d'autres expérimentateurs avec des méthodes plus correctes, mettant à l'abri des causes d'asphyxie.

Gathétérisme des bronches. — Wolfberg, puis Nlssbaim, en puisant l'air dans une bronche, à l'aide d'un cathéter qui empêchait la communication de cette bronche avec l'air extérieur (ce qui permet de maintenir la ventilation dans le reste du poumon), ont trouvé l'un 3,56, l'autre 3,84 p. 100 pour lacide carbonique : c'est là un maximum, car le confinement de l'air dans la bronche obturée lui donne la tension de l'acide carbonique du sang.

Chr. BoHR, en puisant l'air à la bifurcation de la trachée, a trouvé en moyenne les chiffres suivants :

Oxygène 16,86 ; Acide carbonique 2,57

Ces nombres indiquent indifféremment les quantités de ces gaz pour 100 du volume total d'air bronchique ou leurs pressions individuelles en centièmes d'atmosphère. Si on prend pour unité de pression le millimètre de mercure, on a :

Oxygène I24™«n»»ff,3 ; Acide carbonique . . . 19'n"'»s,5

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