IV. — Pressions de dix atmosphères et au-dessus
Lorsque ia pression totale atteint ce taux élevé, on commence à se rendre compte que Taction de l'acide carbonique à son tour ne suffit plus à expliquer la mort de lanimal. Cette mort survient en effet pour des tensions maintenant de plus en plus faibles de lacide carbonique, à mesure que la pression totale s'élève davantage. Quand cette pression avoisine 20 atmosphères (soit 4 atmosphères d'oxygène), il devient évidcnl, tant le chiffre de Tacide carbonique est faible, que ce n'est plus lui qui cause la mort. L'intoxication est alors le fait de l'oxygène lui-même qui devient toxique sous ces hautes pressions.
Toxicité de Toxyg^ène. — La toxicité do roxygène est in<li>cuiable.On la met en pleine évidence par les deux artifices suivants: 1" si on absorbe Tacide carbonique à mesure de sa production, lu mort n*en survient pas moins, bien (ju'à des pressions un peu plus fortes; 2" si, au lieu d'un air de composition normale, on comprime sur ranimai un air de plus en plus oxygéné et finalement Toxygène pur, la mort se produit pour des pressions de plus en plus basses, et pour une pression partielle de Toxygèue toujours sensiblement la même; indiquant bien par là que la tension de Toxygène est seule en cause.
Représentation graphique de la tension partielle de Toxygène aux différentes pressions, depuis les plus basses Jusqu'aux plus élevées. -
Si nous prenons comme abscisse la série des pressions barométriques (totales), et comme ordonnées la série des nombres représentant la proportion centésimale
de l'oxygène dans l'espace clos, au moment où l'animal vient d'y mourir, nous obtenons une courbe pareille à celle de la figure 16.
11 faut distinguer le cas où l'acide carbonique est absorbé à mesure de la production, de celui où il vient compliquer les effets de la pression. La ligne pleine A répond au premier de ces cas; la ligne pointillée B au second (lig. 16'.
Vremiev cas : V acide carbonique est absorbé à mesure de sa -j/rw/Mction. — Au-dessous d'une atmosphère el jusqu'à 6 atmosphères, la courbe est une hyperbole répondant à l'équalion xy zi^ k; k est ici la pression partielle limite de l'oxygène à laquelle la vie devient impossible. La constance de sa valeur est la preuve même que la mort est attribuable au défaut d'oxygène. — A partir de 6 atmosphères, la courbe prend un tout autre caractère: la pression
IA
ih
Fig. 16. — A\r confiné devenu mortel sous des pressions allant deiO centhnidres à i-i atmo^ sphèreSf tichesse en oxygène.
A, sans acide carbonique : D, avec acide carbonique.
partielle de l'oxygène cesse d'être constante; elle va au contraire croissant rapidement ; sa valeur (au moment de la mort) devient telle, que vers 25 atmosphères l'animal succombe en présence d'un air ayant la composition normale. Nous en tirons la conclusion que la mort n est plus due au défaut, mais à l'excès de l'oxygène; conclusion corroborée du reste par certaines contre-épreuves.
Deuxième cas : V acide carbonique formé reste présent dam le wélanyc, — Au-dessous d'une atmosphère jusqu'à une atmosphère et demie, la courbe reste superposable à la précédente. Ce qui prouve qu'à ces pressions l'acide carbonique n'intervient pas. — A partir d'une atmosphère et demie, les deux courbes se séparent et la courbe B exprime que la mort des animaux survient pour des pressions partielles, c'est-à-dire des appauvrissements bien moindres de l'oxygène que dans la courbe A. Preuve de l'intervention d'un aulre agent qui est ici l'acide carbonique.