C. — RESPIRATION EN VASE CLOS SOUS COURANT D'AIR
La méthode du confinement est expérimentalement très simple, et son emploi a pn, par lui seul, conduire à un résultat d'une grande importance. Mais elle intenlit, comme on Ta vu, les expériences de longue durée, et avec celles-ci l'étude des perturbations moindres que celles qui résultent de l'asphyxie déclarée, et à plus forte raison de la mort, qui est prise habituellement comme point de repère indicateur des effets étudiés. S'il est intéressant en effet de savoir en regard de quelle tension de l'oxygène ou de Facidc carbonique la mort survient, il l'est également de rechercher entre quelles limites relativement à ces tensions la vie peut se continuer sans trouble et d'une façon en quelque sorte indéfinie. Il y a une importance pratique réelle à ce qu'on puisse soumettre l'homme lui-môme à ces expériences, en en évitant les dangers ; et en ce qui concerne les animaux en général, les signes
extérieurs de l'asphyxie sont, comme on sait, corrélatifs <le troubles intérieurs très profonds, qu'il est bon de pouvoir soumettre à l'ana-
iMg. 17. — Cloche (leV. 13eut pour Vétufle (les effets soit de la surpression, soit de la dépression de l'air.
Une double porte à gUssière feraie l'appareil; Pexcès de pression interne ou externe contribue à appliquer soit Tune, soit Tautre, contre un rebord muni de bourrelets, sur lequel porte un serrage qui est fait avec des boulons.
lyse, ce qui ne se peut qu'avec un dispositif un peu moins rudimentaire que celui d'une cloche étanche.
Cloches de P. Bert. — Ces études complémentaires sont faites habituellement en ayant recours à la respiration sous courant d'air envase clos. — Qu on imagine que lespace confiné dont il a été question jusqu'ici est mis en communication d^unepart avec l'extérieur par un orifice muni d'un robinet permettant d'en limiter à volonté le débit, et d'autre part avec une pompe qui sera aspirante pour faire la raréfaction, et foulante pour faire la condensation de l'air. Le jeu de cette pompe établira de la sorte un courant d'air peinnanent à travers la cloche. Suivant qu'on accélérera plus ou moins les coups de piston, rinégalilé de débit entre l'entrée et la sortie de l'air, dans un sens ou dans l'autre, créera, suivant le cas, une diminution ou une augmentation de la pression qui est théoriquement illimitée, mais qui devient de plus en plus difficile à obtenir et à maintenir, à mesure qu'on approche des chiffres forts (fig. 17).
La capacité de la cloche est naturellement proportionnée à la taille du sujet expérimenté. P. Bert s'est servi de cloches dans lesquelles un homme peut se (enir debout ou assis, et même se livrer à un travail intellectuel ou manuel. Le gaz comprimé ou raréfié sera le plus ordinairement l'air atmosphérique de composition normale : mais on peut aussi faire circuler dans l'appareil des atmosphères de composition variée. Le mélange gazeux préparé d'avance est maintenu dans un gazomètre ou dans des sacs de caoutchouc, et ceux-ci sont mis on communication avec le robinet extérieur dans le cas de dépression, et avec le robinet d'appel de la pompe foulante dans le cas de compression.
L'avantage de ce dispositif, on le comprend sans peine, c'est, à partir du moment où la pression désirée est obtenue, de pouvoir (grâce au renouvellement incessant de l'air) maintenir d'une façon en quelque sorte indéfinie et la pression totale du mélange et la pression partielle de chacun de ses composants. Il en résulte encore que, la composition de l'air ou du mélange étant connue d'avance et n'étant pas sensiblement altérée par la respiration du sujet, l'état de la pression partielle de chacun des gaz est obtenu, pour ainsi dire, par la simple lecture du baromètre, en multipliant le chiffre lu par la proportion centésimale du gaz dans le mélange.