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D. — SYMPTOMES DE L'ASPHYXIE

Les symptômes de Tasphyxie, en général, se montrent assez variables, ce qui lient à ce que, sous un même nom, on comprend des troubles en réalité différents de la fonction respiratoire. Pour cette raison, il faut rapporter à chaque type particulier d'asphyxie les symptômes qui lui reviennent.

I. — Symptômes de Fasphyxie par défaut de tension de roxygène.

(l'est lorsque le baromètre marque 40"'^ pour un air de composition normale que ces symptômes commencent à apparaître franchement. La respiration s'accélère; des nausées surviennent, parfois des

vomissements; le tiibo digestif est dilaté par l'expansion des gaz qu'il contient. Le ctriir s'accélère ; la circulalion cutanée s'active considérablement.

Le système locomoteur devient paresseux; la force musculaire «liminue au point que le déplacement du corps et même des membres devient pénible ou impossible. Vintelliyenee s'obnubile, et la sensibilité s'émousse.

Lorsque la baisse de pression a élé un peu brusque et que la mort approche, il vient un moment où ces phénomènes de parésie névro-musculaire font place à de V excitation^ qui peut se traduire par de véritables convulsions ; les intestins sont animés de mouvements péristaltiques (symptôme constant de l'asphyxie).

Si on fait le calcul des échanges respiratoires pendant la durée de la dépression, on voit que leur vahnir s'est considérablement abaissée; l'excrétion de Y urée est diminuée; en même temps, le sucre apparaît «lans les urines : il y a hyperglycémie (Dastrk). La température s'abaisse (surtout chez les petits animaux) parfois considérablement (chez un cobaye jusqu'à 25" et même 20**). La rigidité cadavérique (^st très prompte à s'établir.

Moyens de conjurer les accidents de la baisse de pression. —

L'abaissement de la tension partielle de Toxygène est la cause, sinon unique, du moins essentielle, des accidents el de la mort qui menacent les sujets soumis aux grandes dépressions. Cette tension partielle est le produit de deux facteurs, la pression barométrique d'une part, la proportion centésimale de l'oxygène dans l'air respiré d'autre part. Dans de certaines limites, nous pouvons corriger rinfluence de la diminuti(»n du premier facteur sur la tension partielle de Toxygène par l'accroissement du second facteur [H' 18).

Dans la pratique, on mettra les voies respiratoires en communication directe avec un ballonnet, renfermant de l'air plus ou moins oxygéné ou même de l'oxygène pur (obtenu par la décomposition éleçtrolytique de l'eau).

Le réservoir est muni d'un embout que le sujet pince entre ses lèvres, les narines étant fermées : ou encore par le jeu d'une soupape double de Mùller, l'air du ballonnet entre dans le poumon

Fig. 18. — AHpInjjie par dépression. — Cot/ijien' sation de la dépression barométrique par enrichissement de Vair en oxygène.

A, cloche contenant un moineau ; B, tube muni d'un robinet pour faire la dépression; E, cuvrtte avec tube barométrique mis en communicatiou avec la cloche par le robinet C; 0, ballou d'oxygène mis â volonté en communication avec la cloche par le robinet D, au moment de l'asphyxie.

au moment de linspiration, tandis que les gaz de Texpiration sont rejelés au dehors. — P. Bert, grâce à ce moyen, a pu subir sans accident cl sans incom-

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Kig. 19. — Double cloche pour l'élude sur Vkouimc fies e/Jeh de la dèjiresslon

hannnélrique.

L'une contient rexpérlmentateur, l'autre un ballon d'oxygène dont le tube communique avec rintérieur de la première.

modilé notable dans son appareil, en une heure un quart, un abaissement de pression allant jusqu'à 248 millimèlres, soit moins d*un tiers de la pression normale, correspondant à Tallitude de 8800 mètres égale à celle du plus haut sommet de THimalaya (fig. 19 et lig. 20).

Action de Tair faiblement comprimé de une à. cinq atmosphères et de l'air suroxyg^éné. — P. Bkrt avait cru remarquer que le maximum dans l'intensité des échanges s'observe à la pression <le 2 atmosphères (dans un air normal) ou dans un air à ir; p. 100 d'oxygène (à la pression barométrique ordinaire). Mais ses conclusions ont été contredites par divers expérimentateurs qui ont repris hi question (Llkjanow, Kempnkr, L. Frédéric^), notamment par L. G. de Saint-Martin qui a expérimenté sur Thomme.

Nous en tirons cetle conclusion, importante pour la pratique, quil n'y a aucun bèmficc à augmenter la tension de C oxygène au-dessus de colle qu'il a dans un air normal à la pression ordinaire, La respira-

tion se fait (à la pression barométrique 76) dans 1 oxygène comme dans Tair pur, ni plus ni moins, sauf néanmoins le cas où il s'agirait

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Fig. 20. — Expétience de décompression^ par P. Bekt dana son appareil.

Graphique supérieur : marche de la dépression, puis de la récompression. — 4>rapBique inférieur : état du pouls; inhalations d'oxygène, ses effets.

«le chasser du sang et des voies respiratoires un gaz toxique préalablement introduit, tel que Toxyde de carbone (Lambling).

Dans ces limites de faible surpression, les mécanismes fonctionnels des principaux appareils sont également modifiés. La capacité maosima de Tappareil pulmonaire se trouve agrandie. Cet agrandissement, qui n'est pas proportionnel à la pression, mais qui la suit dans ses variations, est dû à une cause toute physique, la réduction du volume des gaz intestinaux, qui laisse la cavité abdominale

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Fi-. 21.

Graphique schéma ligne de la respiration.

Ligne pleine : Respiration dans Tair normal ; ligne pointillôe ; Respiration dans l'air comprimé (d'après Vive>'ot).

Fig. T2. — (iraphique du pouls, arec oscillations respiratoireSf chez un emphysémateux.

a, à la pression normale ; l), dans l'ftir comprimé ; régularisation des deux fonctions, circulatoire et respiratoire.

se resserrer dans toutes ses dimensions. L'abaissement du diaphragme qui en est la conséquence augmente naturellement la cavité thoracique. Le nombre et Tamplitude des respirations sont modifiés : le rythme se ralentit pendant que la profondeur des inspirations augmente (Vivenot) (fig. 21). — Le pouls est raient! (fig. 22); la pression artérielle est augmentée, ce qui a été constaté par des mesures manométriques directes faites sur le chien.

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