DEUXIÈME PARTIE
Le sang est un transporteur d'oxygène ; il reçoit ce gaz dans le poumon et le cède aux autres tissus : il est aussi un transporteur d'acide carbonique ; il reçoit ce second gaz des tissus et l'exhale dans le poumon. Le cercle qui schématise le système vasculairc peut se partager en deux moitiés, soit par une ligne qui réunit les deux cœurs, soit par une autre ligne perpendiculaire à la précédente, qui coupe les deux systèmes capillaires. La première de ces lignes marque une division plutôt anatomiquc (petite et grande circulation); la seconde figure une division plutôt physiologique dont BicHAT a bien montré l'importance, en appelant les deux moitiés séparées : Tune le système à sang rouge (trajet de l'oxygène), l'autre le système à sang noir (1) (trajet de l'acide carbonique).
Ce cercle canaliculé, dans lequel progresse la colonne sanguine fermée sur elle-même, est considéré par raison de simplicité comme un système clos, tant qu'on n'envisage que les phénomènes de la mécanique circulatoire : mais en réalité, à ses deux extrémités, au niveau de ses parties amincies et capillaires, ce système est perméable et des échanges très actifs s'y opèrent incessamment.
La masse moyenne du sang ne se conserve égale à elle-même que grâce à une compensation bien réglée, entre l'entrée et la sortie des liquide» et des gaz échangés. L'équilibre chimique si parfait,. qui se remarque dans la composition du milieu sanguin, ne symbolise donc ni l'immobilité ni l'isolement : c'est un équilibre mobile qui résulte d'une action régulatrice, elle-même des plus parfaites qui se puisse imaginer, des forces mises en jeu dans ces échanges.
Gomparaiflon. — Les deux conflits se ressemblent en ce qu'il y a échange d& gaz à travers des parois vasculaires et cellulaires, mais les circonstances acces-
(1) La couleur noire du sang veineux n'est pas liée spécialement à la présence de^ l'acide carbonique, mais s'observe dans le sang privé d'oxygène.
i56 LE CONFLIT ENTRE LE SANG ET LES TISSUS.
soîres qui s'y rattachent diffèrent assez profondément de l'un à Taulre. — Le premier représente une fonction propre au type animal auquel le sujet appartient; le mécanisme àTaide duquel il se réalise est variable, suivant le genre particulier de relation, qui s*est établi entre ce type et le milieu cosmique général (poumon des mammifères, des oiseaux et des reptiles, branchies des poissons). — Le second représente une fonction de Tordre cellulaire, et comme tel se retrouve le même chez tous les animaux pourvus d'un milieu intérieur, dans lesquels du sang rouge est mis en contact avec des cellules.
Dans le premier, l'appareil moteur qui met en présence les corps réagissants est un organe différencié, particulier au type considéré. — Dans le second, cet organe moteur n'est autre que le système circulatoire, très semblable à luimême chez tous les vertébrés.
Dans le premier, c'est un seul organe qui est le théâtre des échanges. — Dans le second, ce sont tous les organes, toutes les cellules de l'organisme, cellules de types différents, mais individuellement représentées chez tous les animaux. Dans le 'premier conflit, la diversité existe d'un type animal à l'autre, envisagé dans la série; dans le second, cette diversité existe d'un type cellulaire à un autre envisagé dans le même animal.
Division. — Il y a donc à faire une étude générale de la respiration cellulaire et une étude particulière de la respiration de chaque type cellulaire fonctionnellenient défini. Le programme de Tétude du conflit respiratoire profond est, par un certain côté, aussi étendu que celui du conflit extérieur. Mais les données actuelles de la physiologie ne nous permettent de le remplir que très imparfaitement.