‹ Traité de physiologie (volume 2)Chapitre 81 sur 226 · A. - RESPIRATION DU MUSCLE ÉTUDIÉE SUR LANIMAL VIVANT · texte numérisé non relu

A. - RESPIRATION DU MUSCLE ÉTUDIÉE SUR LANIMAL VIVANT

Les données que nous possédons sur les échanges gazeux entre le sang et les muscles sont dues à Chauveau et Kaufmann. Elles sont tirées d'expériences dont nous avons parlé déjà à propos de l'origine de la chaleur animale, question étroitement connexe de celle de la respiration. Nous devons les rappeler ici en raison de leur importance : elles sont le seul document sur lequel nous pouvons présentement nous appuyer, pour établir le bilan respiratoire du muscle.

La question posée est celle-ci : étant donné un muscle dont la masse est connue (ou sera facilement établie par une pesée à la fin de l'expérience), quelle est la quantité d'oxygène cédée par le sang au muscle, et la quantité d'acide carbonique cédée par le muscle au sang, pendant un temps déterminé : 1* à l'état de repos ; 2* à l'état de travail ; ou, prenant le kilogramme pour unité de poids et la minute pour unité de temps, et généralisant à tous les muscles striés semblables, quel est le coefficient d absorption d'oxygène et d exhalation de V acide carbonique du tissu nwsculairel

L Méthode. — Les nombres que nous cherchons nous seront donnés par une analyse comparative du sang à son entrée et à sa sortie du muscle, d'une part à l'état de repos et d'autre part à l'état de travail. De môme que c'est par la comparaison de l'air qui entre dans le poumon avec celui qui en sort que nous jugeons des échanges gazeux dans la respiration totale, de même c^est par la comparaison des sangs artériel et veineux du muscle que nous jugeons de l'activité respiratoire spécifique de celui-ci. Dans un cas comme dans l'autre, nous jugeons des réactions qui s'opèrent dans l'être vivant (individu ou cellule) par la réaction qu'il imprime à son milieu.

Conditions. — Les conditions exigées de l'expérience pour qu'elle soit rigoureuse sont: i^ que les prises de sang aient lieu au même moment dans Tartère

et dans la veine : cette précaution est élémentaire et indispensable, en raison des variations que peut subir la composition du sang d'un moment à Tautre, dans la niasse du corps ; 2<» que le sang analysé soit sans mélange de celui des tissus voisins ; il faut que le muscle n'ait qu'une veine et que les anastomoses de celle-ci avec les veines provenant des parties voisines soient liées, s'il en existe ; 3^ que Ton connaisse la quantité de sang qui traverse le muscle pendant le temps de l'expérience : celte quantité diffère beaucoup à l'état de repos et d^activité, ce qui nous oblige à la faire entrer dans le calcul.

Les prises de sang sont faites à l'aide d'une seringue de 20 à 25 centimètres cubes de capacité. La prise de sang artériel se fait non pas sur l'artère du muscle, ce qui gênerait sa circulation, mais sur une branche voisine ou toute autre artère; le sang artériel ayant sensiblement la même composition depuis le poumon jusqu'aux capillaires généraux. — L'extraction des gaz est réalisée par la pompe à mercure, et l'analyse se fait par les procédés classiques perfectionnés plus ou moins dans leur détail suivant les cas.

Conversion des volâmes en poids. — Ces gaz sont mesurés en volumes. De ces volumes pris à 0* et Tô***^, on déduit les poids représentant les coefficients cherchés d'absorption d'oxygène et d'exhalation d'acide carbonique par le muscle: à savoir les poids de ces gaz absorbés et exhalés, par Tunité de poids du muscle.

Si cette unité est le kilogramme, le coefficient est donné par la formule :

V X P.7 X Ci

Ps étant le poids de 100 centimètres cubes de sang = 105 grammes ; V, le volume du gaz (oxygène ou acide carbonique) pris ou laissé au muscle par iOO centimètres cubes de sang ; P^, le poids de 1 litre (1 000 centimètres cubes) de ce gaz(oxygène = 1K'',429 ; CO^ = 1k'',076} ; Ct, le coefficient de l'irrigation sanguine.

En somme, nous avons à rechercher, soit pendant l'état de repos, soit pendant l*état de travail, la valeur de chacune des trois différences suivantes:

!• Oxygène artériel — Oxygène veineux = Oxygène cédé au muscle;

2<» Acide carbonique veineux — Acide carbonique artériel = Acide carbonique fourni par le muscle ;

3* Glycose artériel — Glycose veineux = Glycose cédé au muscle.

Ces trois valeurs, déterminées sur un double échantillon de sang artériel et de sang veineux de 25 centimètres cubes, ne nous donnent encore pas les quantités que nous cherchions; à savoir: les quantités d'oxygène, de glycose et d'acide carbonique, les unes cédées au muscle par le sang, la dernière cédée au sang par le muscle, pendant un temps donné (soit une minute). 11 faut que nous établissions par l'expérience la quantité en centimètres cubes de sang qui traverse le muscle en une minute, pendant le repos et pendant le travail (coefficient d'irrigation sanguine) ; cette quantité, divisée par 25, sera multipliée par les six nombres trouvés à l'analyse, et nous donnera le bilan de l'activité respiratoire du muscle considéré pendant une minute. Enfin, connaissant le poids du muscle en grammes et multipliant ce poids par ces six nombres, nous avons les coefficients cherchés de l'activité respiratoire en oxygène consommé, acide carbonique produit et glycose dépensé, nombres fractionnaires très faibles qu'il est préférable de multiplier par 1000, en rapportant ces différents coefficients à 1 kilogramme de muscle et une minute : c'est ce qui a été fait dans les tableaux qui

suivent, dont les nombres ainsi modifiés ont été empruntés aux expériences de Chadveau et Kaufmann.

I. — Bilan des échanges respiratoires entre le sang et le muscle. Quantités rapportées à 1 minule et 1 kilogramme de muBcle.

COEFFICIENT d'irrioatiom

SANODIàVE.

OXYGÈNE ABsonst

PAR LC UDgrXI.

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