I. — L'ÉPARGNE
13â(6. — Il fut un temps où l'école libérale voyait dans l'é ; gne du icavailleur une véritable panacée sociale. Ce point de s'est sensiblement modifié aujourd'hui, et les plus optim; l sont bien obligés de reconnaître que l'épargne du travail isolé est radicalement insuffisante pour lui permettre de p ■ efficacement aux risques multiples qui le menacent. Sans do I l'épargne a l'avantage de pouvoir être utilisée au gré de cha i et affectée aux besoins les plus pressants ; mais cette fac 1 d'adaptation à des risques multiples, qui en fait une forme ci : surance indifférenliée (Gide, p. 245) fait sa faiblesse ; émiet ! détournée parfois de son but, elle ne procure à l'épargi i qu'un réconfort insignifiant, et ne lui donne guère que Tilluî de la sécurité du lendemain (1).
Vainement a-t-on multiplié les types de Caisses ou instituti d'épargne ; vainement l'Etat at-il, concurremment avec Caisses dues à l'initiative privée (philanthropes, municipali monts-de-piété, chefs d'industrie), ouvert ses guichets aux posants et créé une Caisse d'Etat, vainement a-t-il provoqu l'épargne scolaire, il n'en reste pas moins que l'épargne du \ vailleuTy prélevée sur un salaire modique, demeure fatalem très faible (2).
(1) £lle ne vaut pas, écrit M. Gide, les modes précédents (assuranc <ellc appartient à ce stade inférieur de l'évolution où la division du trava des fonctions ne s'est pas encore manifestée dans les institutions. G*ei vieille tirelire,
(2) Le chiffre des capitaux épargnés ne doit pas nous faire illusion. doute, au 31 décembre 1900 (dernière statistique publiée) il existait en Fr 10.680.866 déposants et le total des dépôts s'élevait à 4.274.257.535 francsj sur le chiffre des déposants, l'épargne ouvrière lie représente que 16,97 p
Les Caisses d^épargne n'en ont pas moins une fonction sociale très importante, si les capitaux par elle épargnés sont affectés, au moins pour une forte part, à des œuvres intéressant la classe populaire (logements à bon marché, crédit populaire, etc.) ; et nous verrons bientôt, en comparant notre législation aux lois similaires de l'étranger, que dans cette voie il nous reste encore d'importantes réformes à réaliser.
Mais en soi, nous le répétons, l'épargne individuelle est manifestement inférieure à l'épargne collective ou plutôt à Tassociation de prévoyance qui, par la concentration des cotisations modiques de ses membres, est en mesure de grouper des capitaux suffisants pour faire face, dans une certaine mesure tout au moins, aux risques de maladie ou d'invalidité.