Rémy, op. cit.. p. 403, n
20 décembre, 3.000 kilos de sucre pour 2.000 francs. Il inscrira à cette date, sur son Journal, à la colonne des recettes : vendu 3.000 kilos de sucre = 2.000 francs. S'il y a eu erreur dans l'inscription, un seul moyen de la découvrir : comparer les résultats du compte avec le montant des espèces en caisse. Il peut se faire que cette erreur passe inaperçue et rende inexacts tous les autres registres de comptabilité, notamment le Grand-Livre sur lequel on reporte les mentions du Journal, en les groupant par ordre méthodique au lieu de les classer par ordre chronologique.
Dans la comptabilité en partie double, les inscriptions erronées se signalent, au contraire, immédiatement d'elles-mêmes. Ce système consiste à personnifier les principaux éléments de la comptabilité, à en faire des comptes séparés qu'on assimile à des personnes susceptibles de se prêter et de s'emprunter réciproquement. Tout fait comptable mettra en jeu deux comptes, un compte qui prête et un compte qui emprunte, nécessitera deux inscriptions qui se contrôleront réciproquement, l'une au débit d'un compte et l'autre au crédit d'un autre compte.
Pour saisir comment les choses se passent, reprenons l'exemple de tout à l'heure : Un négociant a vendu 3.000 kilos de sucre, pour 2.000 francs. Ceci revient à dire que 3.000 kilos de sucre, représentant une valeur de 2.000 francs, sont sortis de ses marchandises et que 2.000 francs sont entrés dans sa caisse. Personnifions la caisse et les marchandises, en ouvrant un compte Caisse et un compte Marchandises. La personnalité : Marchandises s'est appauvrie pour enrichir la personnalité : Caisse. La Caisse doit aux Marchandises son enrichissement. On porte en conséquence l'opération sur les livres de la manière suivante : Doit Caisse à Marchandises = 2.000 francs ; ont à leur crédit Marchandises par suite de ce qu'elles ont fourni à Caisse : Avoir far Caisse = 2.000 francs. On pourra créer un certain nombre de comptes de cette nature : Caisse, Marchandises, Effets à payer, Effets à recevoir. Profits et pertes ; etc. L'essentiel est de faire toujours jouer deux comptes ensemble. Par ex., si les marchandises sont payées au moyen d'une traite, on crédite Marchandises et on débite de la même somme Effets à recevoir ; quand la traite sera encaissée, on créditera Effets à recevoir et on débitera Caisse. Dans les comptabilités publiques, dans celle d'une trésorerie générale, par ex., la nature des comptes, cela va sans dire, sera différente : ce seront les comptes Caisse, Compte-courant du Trésor, Compte de portefeuille. Compte des contri-butions et revenus publics. Compte des dépenses publiques, etc. \
Il est évident que ce mode de tenue des écritures réduit au minimum les chances d'erreur. En effet, chaque article d'un compte étant contrôlé par l'article correspondant d'un autre compte, il faudrait commettre