I. — Diflférentes sorles d'emprants
L'Etat qui emprunte peut le faire de différentes façons.
On peut distinguer trois sortes d'emprunts : l'emprunt forcé, l'emprunt patriotique et l'emprunt ordinaire *.
Le premier s'appuie sur la contrainte, le second fait appel au sentiment, le troisième à l'intérêt bien entendu des rentiers, ce qui suffit à faire prévoir que ce dernier est seul assuré d'un succès durable, et que c'est à lui que l'Etat aura recours le plus fréquemment.
Emprunts forcés. — Dans l'emprunt forcé, rEtat,en vertu desa toutepuissance, requiert les citoyens de lui fournir des avances, dans des circonstances graves. Cet emprunt, qui est fait généralement sans intérêt, a en somme le caractère obligatoire de l'impôt, dont il se différencie en ce que l'Etat s'engage à rembourser quand il sera revenu à meilleure fortune. Condamnable sans réserve au point de vue théorique, parce qu'il constitue une mesure violente et oppressive, et parce que sa répartition est forcément injuste, il a donné en général des résultats déplorables dans la pratique. Les emprunts forcés sur les riches décrétés en 1793, 1793 et 1799 ont complètement échoué, malgré les poursuites et les persécutions administratives, par suite de la mauvaise volonté des personnes désignées qui dissimulaient leurs disponibilités. Seule, la réquisition extraordinaire de 100 millions opérée par le baron Louis en 1815, répartie entre les départements et avancée par les principaux propriétaires, réussit pleinement à causede la confiance inspirée par le gouvernement, et du désir du pays de mettre fin aux troubles de la guerre.
D'ailleurs.les gouvernements redoutent d'ordinaire de recourir ouvertement à une mesure aussi impopulaire et usent de moyens indirects, dont les principaux sont l'émission de papier-monnaie à cours forcé et les consolidations.
Emission de papier-monnaie à cours forcé. — L'émission de papiermonnaie à cours forcé ^ équivaut bien à un véritable emprunt, puisque