‹ Œuvres de Lagrange (volume 5)Chapitre 10 sur 152 · XXX NOTICE SUR LA VIE ET LES OUVRAGES · texte numérisé non relu

XXX NOTICE SUR LA VIE ET LES OUVRAGES

r Auteur ait tâché d'en faciliter la partie pratique, à l'aide de Tables injjjénieuses, on ne voit pas que les Astronomes aient adopté cette méthode qui, commençant par les formules les plus directes, les plus rigoureuses et les plus propres, en apparence, à se plier à tous les cas, se termine cependant en une formule approximative et, qui plus est, indirecte.

Un autre essai du même genre n'a pas été plus heureux, parce que le succès était impossible ; le problème était trop simple : il s'agissait de trouver la différence entre les longitudes héliocentrique et géométrique d'une planète supérieure. L'Auteur y parvient par des artifices de calculs assez remarquables, mais la solution est fort incommode, malgré l'élégance de la formule.

Parmi ces jeux de son génie qui cherchait des difficultés pour mieux montrer sa force, se rangerait encore le Mémoire où il indi(|ue les moyens de construire les Tables astronomiques, d'après une suite d'observations, et sans connaître la loi des mouvements célestes. C'est le problème que résolvaient de tout temps les Astronomes, par les voies les plus élémentaires. Les moyens de Lagrange sont plus analytiques et plus savants; mais dans l'exemple même (|u'il a choisi, et c[iii est des plus simples, il est permis de douter (|ue les moyens qu'il emploie soient les plus surs et les plus faciles. Sans doute il n"'a voulu que nous montrer les ressources qu'on eut trouvées dans l'Analyse, si Kepler et Newton ne nous avaient dévoilé le système du monde et les lois d'après lesquelles s'accomplissent les mouvements planétaires, car il n'est pas possible d'imaginer (pi'il ait pu avoir le moindre doute sur cette loi de la pesanteur univei-selle dont il avait lui-même donné de si beaux développements, quoique en plusieurs endroits de ses Ouvmges il ait pris le soin d'établir ses formules pour une loi quelconque

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(l'attraction, afin de les rendre indépendantes de tonte hypothèse.

Les Géomètres liront avec plaisir les Recherches analytiques sur le problème des projections y qui n'avait jamais été tratlé d'une manière si générale et si complète ; les Astronomes et les Géographes n'y trouveront de praticable que ce qu'ils avaient appris d'avance par des méthodes plus élémentaires. Si ces derniers Mémoiies n'offrent pas de résultats véritablement utiles, outre qu'ils fournissent une lecture attachante, ils nous donnent encore cet avis qui peut avoir des applications fréquentes : c'est que les questions aisées ne doivent être traitées que par des moyens également faciles; qu'il faut réserver l'analyse savante pour les questions qui exigent ces grands moyens, et qu'il ne faut pas ressembler \\ ce personnage de la Fable, qui, pour se délivrer d'une puce, voulait empnmter à Jupiter sa foudre, ou à Hercule sa massue.

Il est à croire qu'en ces occasions Lagrange ne voulait pas sérieusement proposer aux Astronomes ces méthodes pénibles en place des moyens plus faciles et plus exacts dont ife sont en possession, mais il faisait de ces problèmes faciles, usuels, et déjà résolus, le même usage qu'ont fait d'ailtres analystes de questions de pure curiosité, qui leur fournissaient des exemples de calcul et des occasions de développer de nouveaux artifices analytiques, toujours bons à connaître.

Mais un travail, grand dans son objet, utile par ses appHcations continuelles, et digne en tout de son génie, c'est celui dans lequel il a calculé les changements successifs qui s'opèrent dans les dimensions et les positions des orbites planétaires. Tous les Géomètres, depuis Newton, s'étaient occupés de ce problème; leurs formules différentielles, appliquées successivement à chaque planète, pou-

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