‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 115 sur 359 · LIVRE VI. CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

LIVRE VI. CHAPITRE XXXVI

afin que par TofiSce qu'ils firent à leurs pères leurs noms fussent mis entre les exemples, et leur piété rendue mémorable en la bouche de tous les siècles à venir ? Roniè ne doit rien à Scipion, s'il désira la continuation de la guerre punique pour avoir Thonneur de la mettre à fin; et ne doit rien non plus aux Déciens qui moururent pour elle^ s'ils avoient désiré de la voir en une extrémité qui n'eût point de remède que leur résolution de se perdre pour la sauver. C'est la plus infâme vergogne ' que sauroit 'avoir un médecin , que tle chercher de la besogne. Il s'en est trouvé qui pour faire des cures de réputation, ayant irrité les maladies les ont enfin rendues mortelles, ou mis les malades en tel état qu'il leur a fallu souffrir des gènes ^ et des cruautés désespérées avant que de pouvoir être guéris. XXXVn. Hécaton récite que Callistratus allant en exil avec quelques autres, qui par les menées de certains séditieux étoient bannis avec lui, comme un d'entre eux souhaitoit que la ville se vit en si mauvais termes qu'on fftt contraint de les rappeler, il répondit que devant que cela fht il prioit aux Dieux qu'il ne pût jamais y revenir. Rutilius, Romain, fut encore plus courageux. Gomme quelqu'un lui disoit qu'on étoit à la veille d'une guerre civile, et que dans peu de jours il iaudroit que tous les bannis fussent rappelés : « Que vous ai-je fait, dit-il, que vous souhaitiez que mon retour soit de pire condition que mon parlement? Ne vaut-il pas mieux que mon pays ait honte de mon absence, qu'en ma présence occasion de s'affliger? ■ Ce n'est pas un bannissement, quand il n'y a personne qui ne soit plus honteux que le banni. Comme ces deux gens de bien firent en bons patriotes, de ne vouloir pas en la ruine de leurs villes trouver une brèche pour ^^

rentrer en leurs maisons, et supporter plutôt leur afflic- ^^

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