I. Flouetf fluet, délicat
a. Dant TéditioD de 164 5 : c Si nous ne ferioni point mieux. 9 Malhkrbb. II 19
ago LKS ÉPlTRES DE SÉNÈQUE.
regard de cette lettre vous n'ayez plus rien à me demander.
II. Hécaton dit : « Je vous apprendrai une recette dV mour, sans drogue, sans herbe et sans charme quelconque. Voulez-vous qu'on vous aime? aimez. » Les amitiés nouvelles ont leurs voluptés aussi bien que les vieilles. Avoir et faire un ami sont choses où il y a la même différence qu'entre semer et recueillir. Le philosophe Attalos disoit ordinairement cpie faire les amis étoit plus doux que de les avoir, comme un peintre est plus aise de peindre que d'avoir peint. Cette sollicitude occupée à son ouvrage lui est un contentement extrême en son occupatioii. Gomme il donne le dernier coup de pinceau, cette pensée s'évanouit , pource qu'alors il ne jouit que du fruit de son art, au lieu qu'il jouissoit de son art même quand il peignoit. L'âge de vingt ans est plus capable de service; mais l'enfance a je ne sais quelle grftce qui donne plus de plaisir. Revenons à cette heure à notre propos.
lU. Le sage, encore qu'il se contente de soi-même, ne laisse pas de vouloir avoir un ami, sinon pour autre chose, au moins pour ne laisser point en friche une vertu si belle et si louable comme l'amitié : « Non point, disoit Epicure, pour avoir qui se tienne auprès de lui quand il sei*a malade, qui, s'il est en prison, lui aide à s'en retirer, et l'assiste de moyens, s'il est en nécessité; mais au contraire pour avoir quelqu'un qui reçoive ces offices de lui quand il en aura besoin. » L'intention ne peut être bonne de celui qui fait amitié pour y treuver le remède de ses incommodités. Il achèvera comme il a commencé: il a voulu avoir un ami qui lui ôtât la chaîne des pieds, le clou n'en sera pas sitôt rivé qu'il ne prenne congé de lui : ce sont amitiés pour la journée MJn ami qu'on a fait