‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 201 sur 359 · ÉPÎTRE XXVII · texte numérisé non relu

ÉPÎTRE XXVII

Argumbut. — I. Les 'vieillards sont blÂmables qui aiment let plaisirs des jeunes gens , et qui ne font mourir leur yice devant qu'eux. — n. La vertu est le seul bien de Thomme, qui ne s'acquiert pas par procureur, comme beaucoup d'autres sciences.

I. Vous me direz que je vous prêche à présent que je me suis prêché moi-même, et que m' étant mis en bon état, je passe mon temps à reprendre les autres. Je ne suis pas si présomptueux de me sentir malade et (aire le médecin ; mais comme gardant le lit, tous deux en même chambre, je devise avec vous de notre maladie, et vous fais part des remèdes que je sais pour la guérir. Quand je parlerai donc à vous, pensez que c'est à moi-même que je parle, et que devant vous en mon cabinet je me demande compte de mes actions. C'est à moi que je crie : Regardez quel âge vous avez, et vous aurez honte d'avoir les mêmes volontés et les mêmes desseins que vous aviez quand vous étiez encore enfant. Devant que de mourir faites pour vous une chose : que les vices meurent premier que vous. Quittez toutes ces voluptés pleines de trouble et de tumulte, qui vous coûteront bien cher un jour. Les passées font de mal autant que les futures. Quelque bon succès qu'aient les crimes, ils ne laissent pas de gêner l'âme après l'exécution. Le trouble qu'ils donnent ne se passe pas avec eux. Il en est de même d'un plaisir que la vertu n'accompagne point. Il a toujours le repentir à sa queue, il n'est ni solide ni fidèle; et quand il ne seroit point donmiageable, sa fuite nous donne assez de sujet de le fuir.

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