‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 219 sur 359 · ÉPÎTRE XXXVIII · texte numérisé non relu

ÉPÎTRE XXXVIII

Amoumuit. — Les discours familiers sont plas puissants pour enseigner, que les élégants et polis.

Vous avez raison de vous plaire au commerce de nofl lettres, et de le désirer. Il y a bien du fruit en un entretien qui se coule ainsi dans Fâme une pièce après Tautre. Les disputes faites avec apparat en présence de tovl un peuple, sont plus magnifiques, mais non pas si fiupnlières. La philosophie est un conseil de bien faire : pou le donner il n'est point besoin de crier; les harangues sont bonnes pour la persuasion d'une âme irrésolue, mais il est plutôt question d'enseigner, que d'inciter è vouloir apprendre : cette façon de parler moins relevée fidi plus d'effet. Les paroles entrent avec moins de peme; mais elles ne laissent pas de bien tenir. L'efficace en esl plus considérable que le nombre : il les faut épandn comme des graines, qui pour être petites, ne laissent pas^ quand elles tombent en terroir qui leur est propre, d( déployer leur force, et se dilater à de mei^eiUeusef grandeurs. 11 en est de même de la raison; à la voir, oc n'est que bien peu de chose : elle croît et se multiplie en l'action. Pour peu* qu'il y ait de langage, quand elle rencontre une tête judicieuse et bien faite, elle se fortifie, et fait de l'opération assez. Je vous répète encore une fois qu'il est des préceptes comme des graines. Ce sont petites choses qui font beaucoup : si l'esprit qui les 1*690(1

f . L*édition de iHSg porte par erreur pourvu, La faute est corrigée dans les éditions de 164$ et de 1648.

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a de la disposition à bien apprendre , il ne faut point douter que de sa part il ne contribue à la génération, et n'ajoute beaucoup à ce qu'il aura recueilli.

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