‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 223 sur 359 · ÉPÎTRE XLI · texte numérisé non relu

ÉPÎTRE XLI

ÉPÎTRE XU.

ÂBGtJiaan. — I. L'homme de bien est toujours accompagné d*un bon génie. — II. Mépriser les biens de fortune et aimer ceux de Và.me, c*est le fait du bon génie ou d'une vertu divine qui est dans rhonune de bien.

I. Vous ne sauriez mieux faire, que de travailler continuellement à vous faire homme de bien. C'est chose que vous seriez malavisé de désirer, puisque vous-même avez moyen de la vous donner. Il ne faut point pour cela lever les mains au ciel; il ne faut point gagner un sacristain*, qui vous laisse parler à Foreille d'une image, pour en être mieux exaucé. Vous avez Dieu prés de vous; vous Tavez avec vous; vous Tavez dans vous. Il est vrai, comme je le vous dis, Lucilius, nous avons un esprit sacré, qui réside en nous pour la conservation de nos vies et Fobservance de nos actions : il se comporte avec nous selon que nous nous comportons avec lui. Il n'est point d'honmie de bien sans quelque Dieu qui l'assiste à monter par-dessus la fortune, et le rend capable des hautes et magnanimes résolutions. Quel Dieu? Nul ne le sait. S'il se présente à vos yeux quelque touffe épaisse de vieux arbres élevés au delà de l'ordinaire, et où la multitude des branches passées les unes dans les autres ne reçoive point la clarté du jour, quand et quand la hauteur, la solitude et l'ébahissement de voir en une rase campagne un ombrage si épais et si couvert, vous donnent opinion qu'il y ait quelque déité. Si vous voyez im antre qui avec ses pierres toutes mangées, et sur une re-

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