‹ Œuvres de Malherbe (volume 2)Chapitre 314 sur 359 · ÉPÎTRE LXXX · texte numérisé non relu

ÉPÎTRE LXXX

ABGUMurr. — I. Que l'esprit à Texemple du corps se peut fortifier par l'exercice des vertus. — II. Ghacun est maître de sa liberté, sans être contraint de Tacheter. — m. Le pauvre est plus heureux que le riche.

Je suis à moi pour tout aujourd'hui , mais je ne m'en sais pas tant de gré, que je n'en reconnoisse avoir la principale obligation à une partie qui s'est faite à la baiefine % où sont tous courus ceux de qui je pouvois être importuné. Personne ne me vient troubler : je médite à mon aise, et d'autant plus sûrement que je n'ai point peur d'être rompu*. Je n'oy point craquer la porte de ma chambre; je ne vois point lever le coin de la tapisserie' . Cette solitude m'est bien propre pour me donner plus de moyen de penser à moi. Comme de fait, j'en ai besoin, n'ayant point de guide, et me trouvant bien souvent en des lieux où je ne vois point de pas que ceux que je fais. Ce n'est pas que je ne suive ceux qui sont passés devant moi, mais ce n'est pas si religieusement que je ne me donne congé d'ajouter, changer et retrancher, où je pense qu'il en soit besoin. Je m'accorde à leurs opinions, mais je ne m'y attache pas. Toutefois je crois que je m*étois trop avancé* de me promettre que je pusse demeurer tout

I. Le latin porte : iphmromachiam. L'édition de iHSg a traduit ce mot psœjeu de paume; dans celle de i645, 6ale (ùalie) fine est écrit en deux mots.

a. Dans l'édition de 16 45 : interrompu.

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