I . Tabide^ affecté de langueur
3. C'est le texte des éditions de 1639, i645 et 1648 ; celle de 1667 donne : « qu*il fallût faire couché. 1
3. « Parer f en terme de manège, signifie arrêter. 9 {DietUmnaire de r Académie de 1694.)
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mières leçons qu'on leur fait de connoitre leurs lettres, et de les assembler , ne leur enseignent pas les sciences libérales, mais les disposent à les apprendre quelque jour, ainsi les sciences libérales ne nous enseignent pas la vertu, mais nous rendent capables d'en recevoir l'instruction * . III. Posidonius fait de quatre sortes de sciences : le^ vulgaires et sordides, les plaisantes, les puériles et les libérales. Les vulgaires sont celles que les artisans font avec la main , et de qui l'occupation est de pourvoir aux nécessités de notre vie. Celles-ci n'ont apparence quelconque d'honneur ni de vertu. Les plaisantes sont celles de qui le but est de nous réjouir ou les yeux ou les oreilles. Nous pouvons bien mettre en ce rang les ingénieurs, qui par des ressorts font mouvoir des choses si artificiellement qu'il semble qu'elles marchent d'ellesmêmes, comme lever tout bellement un échafaud, reculer des choses qui sont proches , ou approcher d'autres qui sont reculées, descendre petit à petit celles qui sont hautes; et tout plein de telles nouveautés, qui étonnent les ignorants , parce qu'ils ne comprennent pas comme elles se font. Les puériles sont appelées des Grecs lyxuxXCouç', et de nous libérales, à cause qu'elles en ont quelque ressemblance; mais quant à celles qui vraiment sont libérales, ou pour mieux dire libres, il n'y en a point d'autres que celles qui ne s'emploient qu'à l'instruction de l'esprit à la vertu. Je sais bien que quelqu'un pourra dire que comme il y a une partie de la philosophie naturelle, l'autre morale et l'autre rationnelle, tout de même toutes ces sciences libérales peuvent trouver place en la
I . Dans les premières éditions : c mais nous en rendent capables d*en recevoir Tinstmction. >
u . Tel est le texte de toutes les éditions. Avec la tournure adoptée par Malherbe, il faudrait, au lieu de l'accusatif l^xu/Xfouç qui est dans Sénèque, le nominatif Ipc'JxXtoi.
philosophie ; que s'il se présente quelque question naturelle, on la décide par la géométrie; et que par conséquent ce n'est point chose hors d'apparence de dire, puisqu'elle lui aide, qu'eUe est un de ses membres. Beaucoup de choses ne sont pas parties de nous, qui ne laissent pas de nous aider, et qui, si cela étoit, ne nous aideroient pas. La viande aide bien au corps , et toutefois n^est pas une de ses parties. Le ministère de la géométrie nous fait bien quelque service, et se peut dire que la philosophie a besoin de la géométrie, comme la géométrie a besoin d'un charpentier. Mais comme le charpentier n'est pas portion de la géométrie , aussi n'est la géométrie portion de la philosophie. Et puis chacune a ses limites à part; car le philosophe recherche les secrets des choses naturelles, et les connoît, et le géomètre en examine et suppute les nombres et les mesures. La philosophie sait comme les corps célestes sont composés, ce qu^ils peuvent, et quelle est leur nature; le mathématicien observe comme ils s'éloignent de nous et se rapprochent, comme ils se lèvent et se couchent, et d'où vient que quelquefois ils semblent s'arrêter, combien qu'en vérité les choses célestes ne s'arrêtent jamais. Le philosophe sait la cause de la représentation des images qui se fait en un miroir ; le géomètre vous dira quel espace il faut qu'il y ait entre le corps et l'image, et quelle image chaque forme de miroir est capable de représenter. Le philosophe vous prouvera que le soleil est grand; le mathématicien, qui procède par une certaine pratique , vous limitera sa grandeur exactement , mais il vous demandera que vous lui accordiez quelques principes. Or une science ne se peut dire à soi , qui n'a son fondement que sur la permission d'autrui. La philosophie ne demande rien à personne. Il n'y a rien que du sien en son ouvrage. La mathématique est superficielle;
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le fonds ou elle bâtit n'est pas à elle ; sans les principes qu'elle emprunte elle ne sauroit avoir (ait un pas. Si d'elle-même elle pouvoit comprendre la nature de Tunivers et parvenir à la vérité « je dirois que nous ferions bien de nous en approcher, pour avec le commerce des choses célestes donner moyen à notre esprit de s'étendre, et passer d'une recherche à l'autre.
rV. Mais il n'y a que la science du bien et du mal qui nous puisse mener à la perfection ; et cette science ne se trouve ailleurs qu'en la philosophie. Il n'y a qu'elle qui s'informe de ce qui est bon ou mauvais. Prenez-moi toutes les vertus Tune après l'autre. La magnanimité, qui méprise ce qui est formidable, dédaigne ces épouvantemeuts qui rendent notre liberté captive, les appeUe en duel et les abat par terre, prend-elle quelque chose des sciences libérales pour se fortifier? La foi est le bien le plus religieux qui puisse loger en l'âme de l'homme. Il n'y a promesse ni menace qui la puisse induire à tromper. Elle dit quand on la presse : « Brûle, coupe, tue, tu ne me saurois faire parler. La douleur a beau fouiller, elle ne trouvera jamais mes secrets. » Et cependant est-ce des sciences libérales qu'elle emprunte cette généreuse obstination ? La tempérance règne sur les voluptés; elle en hait les unes, qu'elle chasse du tout ; elle dispense les autres, et les règle sous une médiocrité convenable , et jamais ne s'en approche que pour quelque autre considération. Elle sait que la plus juste mesure des choses désirées , c'est d'en prendre jusqu'à la raison, et non jusqu'à la satiété. L'humanité défend la présomption et l'avarice : ses paroles sont douces, ses actions courtoises , et ses volontés obséquieuses : elle ne voit sentir mal à personne qu'elle ne le sente elle-même ; et ne pense rien mieux posséder que ce qu'elle contribue aux nécessités d'autrui. Sont-ce les sciences libérales qui leur impriment toutes ces belles qualités? Est-ce d'elles
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que vieuiient la simplicité, la discrétion, la frugalité, l'épargne, et la clémence, qui est avare du sang d'autrui comme du sien propre, et sait que Thomme ne doit point user de Tliomme prodiguement? Mais comme est-il possible qu*un homme ne puisse être vertueux sans les sciences libérales, comme nous-mêmes le confessons, et que néanmoins les sciences libérales ne servent de rien à la vertu? Il en est comme de la viande : sans la viande il est impossible d'être vertueux; et cependant, qui ne sait point que la viande et la vertu n'ont rien de commun? Le bois ne fait point de service au navire , et toutefois il n'est point de navire qui ne soit fait de bois. Encore que sans une chose je n'en puisse faire une autre , il ne s'ensuit pas qu'elle m'aide à la faire; et au partir de là, ce n'est pas une proposition indubitable, que sans les sciences libérales on ne puisse parvenir à la vertu; car encore qu'cHe s'apprenne, ce n'est pas par elles qu'on l'apprend ; et vu que la sagesse ne consiste point aux lettres, qui me gardera de croire qu'un homme peut être sage sans être savant? La sagesse baille des choses, et non des paroles; et peut-être que notre mémoire est plus certaine, quand elle ne s'assure que de soi. La sagesse est ample et spacieuse , il ne lui faut point bailler une place occupée : sa leçon est des choses divines et des humaines, des passées et des futures, des éternelles et des périssables, et du temps, duquel, quand il n'y auroit autre chose, vous savez combien de questions il fait* ordinairement : premièrement, si de soi le temps est quelque chose, si quelque chose a précédé le temps, si le temps a commencé quand et le monde , et si parce que devant le monde il y avoit quelque chose, le temps aussi l'a précédée^. Outre ces