I. Couprau, sommet
Mai-hbibe. n 8
ii4 TRAITÉ DES BIENFAITS DE.SÉNÈQUE.
leurs. Mais elles vont devant, le reste les suit. Qui doute que le tempérament de tout cet univers ne se fasse par les révolutions et vicissitudes du soleil et de la lune? que Tun ne nourrisse les corps, relâche les terres, resserre les humeurs superflues et rompe ce que la rigueur de r hiver a trop étreint? que l'autre par la vertu pénétrante de sa tiédeur ne fasse mûrir les fruits, et par sa ^oissance et décroissance ne donne règle à la fécondité , de toutes choses? que le cours du soleil ne fasse Tannée, comme celui de la lune le mois, parce qu'elle n'a pas à faire tant de chemin ? Mais quand tout cela ne seroft .poini, n'ont-ils pas Tun et l'autre de quoi nous retenir les yeux, et se rendre adorables, encore qu'ils ne fissent qiie se montrer ? Quand tout ce nombre infini d'étoiles .4ie levé au soir, et que tant de flambeaux inextinguibles A s] allument en toutes les parties du ciel, qui est le stupide
que la beauté d'un tel spectacle n'élève à la contemplation? Tout le monde les regarde, et pas un ne pense à la commodité qui lui en revient. Yoyez-les couler doucement, sans faire bruit, et sous une contenance de ne bou- . ger d'une place faire une diligence incroyable. Combien pensez -vous qu'en cette nuit où vous n'imaginez autre cliose qu'une simple distinction des jours pour les sépa- ^r, elles dépêchent d'affaires de conséquence? combien en ce silence elles préparent de sujets de parler? et combien par leur même sente, il marche de destinées avec elles, pour être portées à leur période par la certitude infaillible de leur mouvement? De tous ces feux, qui ne seml)lent avoir été mis au ciel que pour V&nbellir , il n'y en a pas un qui ne fasse quelque chose. Si vous croyez qu'il n'y en ait que sept qui marchent, et que le reste soit immobile, vous vous trompez. Le nombre est petit de celles de qui nous cohnoissons les mouvements, mais il en est une infinité qui, pour être loin de