Mérimée. Loc. cit p. 9-10. ( Note de l'Édition
MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES 245
partie que l’on va repeindre, en la frottant avec les doigts trempés dans de l’huile de noix clarifiée.. On étend cette huile bien également avec la paume de la main, ensuite on l’essuie avec un linge propre, parce que, lorsqu’on ne l’a pas enlevée, les couleurs jaunissent avec le temps. Cette préparation facilite beaucoup le travail, en ce que les teintes coulent et s’appliquent sans que le dessous les refuse; de sorte que les choses les plus difficiles peuvent s'exécuter sans peine. Les peintres habiles n’emploient alors que peu de couleurs, et, comme on l’a dit, glaçant plutôt légèrement qu’en empâtant. Ils obtiennent ainsi beaucoup de douceur et de moelleux dans les chairs et dans les draperies...
« Mais je reviens aux draperies que l’on glace ordinairement, bien que les peintres habiles dédaignent ce moyen, parce qu’ils ne peuvent supporter de voir les étoffes partout d’une teinte uniforme.
« S’il s’agit d’une draperie verte, le procédé dont nous avons déjà parlé s’exécute ainsi : Après qu’on a ébauché avec du vert, du noir et du blanc, de manière qu’il y ait un excès de fermeté, que la draperie soit un peu crue, on mêle un peu de vernis commun et de laque jaune avec du verdet, et avec ce mélange on glace le tout avec un gros pinceau de vair (petit-gris).
« Si c’est une draperie de laque, on suit le même procédé en mêlant du vernis à la laque, et on doit en mêler de même avec toutes les couleurs lorsqu’on veut glacer (*) ».
Ainsi il n’y a pas de doutes à garder.
Un auteur du milieu du xvie siècle recommande l’emploi du vernis. Cependant, il faut remarquer qu’il ne le recommande que dans le cas où il s’agit des glacis et des glacis des draperies. Et encore il est visible par la première partie du passage que nous venons de lire que, pour repeindre sur l’ébauche finie et sèche, le procédé habituel consistait à enduire la partie à repeindre avec de l’huile de noix clarifiée, étendue avec les doigts et la paume de la main, puis essuyée avec un lin ge propre, sans quoi les couleurs jauniraient, dit-il, avec le temps.
Gérard de Lairesse, toujours d’après M. Mérimée (1 2), qui écrivait a la fin du xvne siècle, est plus explicite et dit expressément que la partie sur laquelle on veut repeindre doit être enduite d’abord d’une couche légère d’un mélange de vernis au mastic et d’huile visqueuse blanchie au soleil. Ici encore, il ne s’agit que de repeindre, du liant de la peinture sèche ancienne avec les nouvelles couleurs. Il ne s’agit pas directement du mélange des vernis aux couleurs. Et je ne sais pas si on ne