DE L’UNIVERSITÉ D’ÉDIMBOURG
My Lord Chancellor, Messieurs,
Permettez-moi de remercier, tout d’abord, son Excellence le baron de Pinedo des aimables et trop indulgentes paroles qu’il a bien voulu m’adresser, lui qui représente si dignement l’illustre savant Don Pedro, Empereur du Brésil, notre confrère de l’Institut de France.
1. In : Records of the tercentenary Festival of tlie University of Edinburgh, celebrated in april 1884. Edinburgh and London, 1885, Backwood and Sons, in-4° ; p. 161-162.
My Lorcl Chancellor, Messieurs,
La ville d’Edimbourg donne un spectacle dont elle peut être fière. Toutes les grandes institutions scientifiques, ici réunies, apparaissent comme un immense congrès de félicitations et d espérances. L honneui et la gloire de ce rendez-vous international vous appartenaient à juste titre. Depuis des siècles, l’Écosse a uni ses destinées à celles de l’intelligence humaine. Une des premières parmi les nations, elle a compris que l’esprit mène le monde ; et le monde de l’esprit, en répondant à votre appel, vous rend l’hommage que vous méritez. Hier, sous les voûtes de Saint-Giles, quand l’éminent professeur, Robert Flmt, s’écriait en s’adressant à l’Université d’Ldimbourg : Souviens-toi du passé , et regarde V avenir, tous les délégués, rangés comme les juges à un grand tribunal, évoquaient les siècles écoulés, et formaient, du même cœur, le même vœu d'un avenir plus glorieux encore que le passé.
Au milieu des délégués de toutes les nations qui vous apportent les illustres témoignages de leur sympathie, la France vous envoie pour la représenter celles de ses institutions qui résument le mieux l’esprit français et qui sont la meilleure part de sa gloire. Partout où se montre dans le monde un foyer de lumière, la France applaudit; et quand la mort frappe, sur un sol étranger, un homme de génie, elle le pleure comme un de ses enfants. Cette noble solidarité, je l’ai ressentie en entendant plusieurs de vos savants me parler avec émotion de la mort de l’illustre chimiste, J. -B. Dumas, glorieux membre de toutes vos académies, et, il y a peu d’années encore, le panégyriste éloquent de votre grand Faraday. En quittant Paris, j’avais le poignant chagrin de ne pouvoir suivre son cercueil; mais l’espoir que je pourrais rendre ici un dernier et solennel hommage à ce maître vénéré, à ce grand citoyen de France, m’a fait surmonter mon affliction. D’ailleurs, messieurs, si les hommes passent, leurs œuvres restent. Nous ne sommes tous que les hôtes passagers de ces grandes demeures morales qui, comme toutes les Universités venues pour vous saluer en ce jour solennel, sont assurées de l’immortalité.
DISCOURS
PRONONCÉ, LE 10 AOUT 1884, A LA SEANCE D’OUVERTURE DU CONGRÈS PERIODIQUE INTERNATIONAL DES SCIENCES MÉDICALES DE COPENHAGUE (Q
Majestés, Altesses royales, Mesdames, Messieurs,
Au nom de la France, je remercie M. le Président de ses paroles de bienvenue. J’applaudis aux sentiments qu il vient d exprimer.
Par notre présence dans ce Congrès, nous affirmons la neutralité de la science.
La science n’a pas de patrie, ou plutôt la patrie de la science embrasse l’humanité tout entière. Cette vérité n est-elle pas consaciée par le spectacle que nous donnent aujourd hui le roi de Danemaik et le roi de Grèce, se faisant honneur de saluer une assemblée de savants
venus de tous les points du monde?
Mais, messieurs, si la science n’a pas de patrie, 1 homme de science doit avoir la préoccupation de tout ce qui peut faire la gloire de sa patrie. Dans tout grand savant, vous trouverez toujours un grand patriote. La pensée d’ajouter à l’honneur de son pays le soutient dans les longs efforts; l’ambition tenace de voir la nation à laquelle il appartient prendre ou garder son rang le jette dans les difficiles mais glorieuses entreprises du savoir qui amènent les vraies et durables conquêtes.
L’humanité profite alors de ces travaux qui lui arrivent de tous côtés; elle compare, elle choisit, elle s’empare avec orgueil de toutes les gloires nationales.
Vous, messieurs, qui représentez cette connaissance humaine si ardue, et si délicate qu’elle est tout à la fois une science et un art; vous qui venez apporter au patrimoine commun de l’univers ce que vous avez laborieusement acquis ; vous dont le nom est un honneur pour votre patrie, vous pouvez être fiers de constater qu’en travaillant pour elle, vous avez bien mérite clu genre humain.
1. In : Compte rendu du Congrès périodique international des sciences médicales, 8* session, Copenhague, 1884. Copenhague, 1886, I, in-8°, p. 7.
TOAST