DE L’INAUGURATION DE LA STATUE D’HENRY BOULET, LE 5 SEPTEMBRE
J'ai plus qu’un regret, je ressens un véritable chagrin à la pensée que je ne pourrai être le 5 septembre auprès de mes confrères de l’Académie des sciences, au milieu des professeurs et des élèves d’Alfort, mêlé aux membres du Congrès des vétérinaires et à tous ceux qui ont connu, aimé et admiré M. Bouley.
Sa haute taille, son beau front, son regard franc, direct, spirituel, son sourire où dominait la bonté, cet ensemble de bonne humeur et de gaîté familière qui, aux jours de leçons et de discussions académiques, s’associait à la plus claire, la plus vive, la plus chaude éloquence, tout revit dans sa statue.
Ce que j’ai éprouvé en la voyant dans l’atelier de M. Allouard, vous l’éprouverez quand elle apparaîtra aux yeux de tous et qu’elle sera saluée par le maître qui fut le grand ami de M. Bouley, par mon confrère, AI . Chauveau. C’est a lui qu’il appartient de raconter cette belle vie et les longs services qu’elle a rendus.
Bouley, en faisant intervenir dans l’art vétérinaire les vrais principes scientifiques, en ne cessant par ses travaux personnels, par ses écrits, par sa parole, de vouloir fonder le progrès des études vétérinaires sur l’expérimentation, a eu la joie de donner à sa profession son plus beau titre à l’estime de tous.
\ ous qui êtes, mon cher Nocard, le directeur de cette grande École d Alfort, répétez bien a chaque génération de vos élèves d’avoir pour l’image de Bouley, pour cet excellent homme qui a tant travaillé et tant aidé le travail des autres, un regard particulier, fier, ému et reconnaissant, le regard de jeunes gens pour un patron tutélaire.